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03 août 2007

La Sécurité Sociale "dévore" 10 milliards par an

Je n’ai pas beaucoup de temps, mais je réagis tout de même à la « une » du deuxième cahier de Midi Libre du 2 août 2007. En effet, la conclusion de la rubrique « Les faits » est la suivantes : « Et il ne faudra pas non plus oublier l’administration de la Sécurité Sociale elle-même, qui dévore pour son seul fonctionnement 10 milliards d’euros par an. Soit presque l’équivalent du déficit prévu des quatre branches pour 2007 : 12 milliards d’euros ! ».

Décidément, on peut faire dire tout et son contraire aux chiffres, surtout quand on ne sait pas les manipuler !
10 milliards d’euros c’est incontestablement un chiffre impressionnant. Si le rédacteur (je ne parle pas de journaliste, pour ne pas faire insulte à cette estimable profession) de cette rubrique avait pris la peine de consulter les chiffres mentionnés sur la même page, il aurait compris que ces 10 milliards d’Euros représentent … 4% des sommes collectées.

Ce pourcentage serait nettement plus élevé pour remplir les mêmes fonctions dans un contexte concurrentiel. Dans leur rapport, les AGF déclarent en effet dépenser plus de 25 % des primes d'assurances non vie (voiture, habitation, etc.) collectées en frais commerciaux et d'administration. AXA affiche de son côté un ratio de plus de 27 %. Six fois plus que la Sécu pour un type de gestion assez proche (soit un déficit supplémentaire de 50 milliards d’euros) ! Les frais commerciaux des assureurs - publicités, commissions aux revendeurs, etc. - dépassent de beaucoup ceux de la Sécu.

Même si le fonctionnement de la Sécu n’est pas optimal (aucune organisation ne peut prétendre l’être, d’ailleurs), il est bon de prendre un peu de recul et mettre les chiffres en perspective.
Les vrais problèmes de la Sécurité sociale sont ailleurs : la maîtrise de l’offre de soins, la refonte de son système de financement. Ils ne sont pas près d’être résolus compte tenu de l’approche retenue par Nicolas Sarkozy : un nouveau bric-à-brac de franchises vouées, comme les précédentes, à l’échec. Je reviendrai un autre jour sur sa « cinquième branche » de la Sécu, financée par ces mêmes franchises. La solidarité entre malades (en effet, les franchises sont payées exclusivement par les bénéficiaires du système), voilà un concept intéressant !

PP

Commentaires

Je ne sais pas si 4% de frais de gestion c'est beaucoup ou pas, mais je sais qu'il est impossible de comparer un entreprise commerciale comme AGF ou AXA à une administration et si une comparaison doit être faite, elle doit exclure les frais marketing et commerciaux pour s'entenir aux frais de gestion.

Si une discussion doit être entreprise, c'est comment réduire les 4% de frais de gestion à 3 ou 2% si c'est possible. Là nous sommes dans du positif et de l'utile, pas dans du stérile ou de l'idéologique.

Cordialement

Ecrit par : SAMUEL Christian | 08 août 2007

@ Christian SAMUEL

Je ne pense pas que mon propos soit idéologique...
Je suis d'accord avec la nécessité d'optimiser au maximum les frais de gestion de la Sécu.
En revanche, je pense que certains de ceux (à droite, notamment) qui critiquent sa gestion avec tant d'insistance ont derrière la tête l'idée de sa privatisation. Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage, c'est bien connu !

Mon propos se situait donc dans le cadre de la comparaison de deux scénarios : Sécu "actuelle" ou gestion par le privé. Dans ce cas, je ne vois pas au nom de quoi (voilà que je parle comme Sarkozy, il faut que je me surveille !), il faudrait exclure de la comparaison les coût marketing et commerciaux. Ces coûts seront bel et bien engagés par les entreprises ... et donc refacturés à leurs clients.

Cordialement

Ecrit par : Pierre POLARD | 08 août 2007

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