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28 mai 2008
Epargnez-nous ça!!
L’omniprésident est de retour ! Désormais, toutes les semaines, une solution miracle !
Cette semaine, c’est l’intéressement et la participation (ou épargne salariale) qui vont résoudre le problème du pouvoir d’achat !
Rappelons que l’intéressement consiste (schématiquement) en un complément de rémunération variable et lié aux performances de l’entreprise. Il est mis en place par accord d’entreprise, n’est pas soumis à cotisations sociales et doit rester bloqué au moins cinq ans pour permettre à son bénéficiaire d’avoir droit à des exonérations fiscales.
La participation suit à peu près le même fonctionnement, à ceci près qu’elle obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés. Pour l’anecdote, elle a été instaurée à l’initiative du général De Gaulle.
Nicolas Sarkozy veut rendre l’intéressement obligatoire dans les entreprises et autoriser le déblocage « immédiat » de l’épargne salariale bloquée.
Selon une étude de l’Insee datant de 2002, si 45% de l’ensemble des salariés bénéficiaient d’épargne salariale ils n’étaient que… 9% des salariés dans les entreprises de 10 à 49 salariés.
Sans surprise, les cadres en bénéficient plus que les ouvriers et les CDI plus que les CDD !
Toujours en 2002, la participation et l’intéressement représentaient en moyenne 3,1% du total de la rémunération (0,7% dans les entreprises de moins de 50 salariés).
En 2004, la moitié des salariés bénéficiaires d’épargne salariale détenaient moins de 1800 €. Les 10% les moins bien lotis disposaient de moins de 300 € alors les 10% les mieux pourvus disposaient de plus de 14200 €.
Les sommes sont plus élevées pour les cadres – et de façon moins accentuée pour les professions intermédiaires – que pour les employés et les ouvriers. Dans le cas de l'intéressement, par exemple, l'accord qui institue son mécanisme dans l'entreprise peut prévoir que la répartition entre les salariés est uniforme, ou proportionnelle aux salaires, ou proportionnelle à la durée de présence, ou encore mixte. Dans la pratique, la forme proportionnelle est la plus répandue.
Que peut-on conclure de ces quelques données ? Que, pour la plupart des salariés concernés, ce n’est pas forcément le Pérou ! Ensuite que les inégalités sont fortes entre cadres et ouvriers, CDI et CDD, salariés des petites et grandes entreprises.
Les incitations projetées (réductions d’impôts sur les sociétés) seront-elles suffisantes pour faire rapidement converger les situations ? On peut en douter.
De plus, débloquer de l’épargne est, par définition, un « fusil à un seul coup » ! Une fois cet argent dépensé, que faire ? Le problème restera entier…
Jusqu’à présent, l’intéressement était un complément de rémunération à destination des salariés des plus grandes entreprises, la « cerise sur le gâteau » en quelque sorte. Demain, sa généralisation dans les PME ne constitue-t-elle pas une étape supplémentaire vers des rémunérations toujours plus fluctuantes et instables ? En effet, tout comme les heures supplémentaires, l’intéressement est très largement aléatoire.
Enfin, l’épargne salariale bloquée (notamment la participation) avait pour vocation de financer des investissements sur le long terme. Or, la France a besoin d’épargne de long terme pour l’avenir de sa croissance et de l’emploi.
Une fois de plus, la solution proposée, sous ses allures de panacée, va à l’encontre du bon sens, de l’intérêt des salariés, et privilégie le très court terme au détriment de l’avenir de l’économie.
PP
10:07 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, pouvoir d'achat, heures supp







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