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15 juin 2008

Etre socialiste…

Alors même que certains responsables du Parti socialistes estiment que le socialisme est désormais une « idée dépassée », être socialiste a-t-il encore une signification ?

Etre socialiste…
Etre socialiste, c’est réaffirmer la notion de solidarité : solidarité entre territoires, solidarité entre générations, solidarité entre travailleurs et chômeurs, solidarité entre malades et biens portants, solidarité entre riches et pauvres…
Etre socialiste, c’est comprendre que la force d’une société se mesure à celle de ses éléments les plus faibles. En période de difficultés économiques, il est tentant de faire supporter aux plus vulnérables les efforts d’ajustements. Etre socialiste, c’est s’opposer à cette tendance « naturelle ».
Etre socialiste, c’est refuser de tomber dans l’alternative caricaturale et stérile « assistanat / responsabilisation ».
Etre socialiste, c’est aussi mesurer à quel point les inégalités, loin de dynamiser la société, ne font que susciter des frustrations. Ces frustrations sont par ailleurs exacerbées par un marketing outrancier qui flatte les pulsions consuméristes et érige l’ostentation en valeur fondamentale. Ces frustrations se traduisent de plus en plus par des tensions sociales, qui conduisent à la violence. La violence est une déchirure profonde dans le contrat social.
Etre socialiste, c’est proposer un autre idéal de vie que la seule recherche du « pouvoir d’achat », qui fait du « low cost » un modèle de société.
Etre socialiste, c’est affirmer qu’un pays n’est pas qu’une simple juxtaposition d’entreprises dont il conviendrait d’améliorer à tout prix la compétitivité, au bénéfice de quelques uns seulement.
Etre socialiste, c’est avoir foi dans le développement du capital humain, c’est être convaincu que l’investissement le plus rentable est l’éducation. A cet égard, l’échec scolaire est une perte incommensurable pour le pays. Lorsqu’un enfant quitte l’école sans qualification, nous devons tous nous sentir personnellement concernés.
Etre socialiste, c’est ne pas se désintéresser non plus de l’entreprise, c’est être en faveur d’une vraie politique industrielle tant il est vrai qu’une économie qui ne fabrique plus est condamnée à s’appauvrir, faute d’innovation.
Etre socialiste, c’est être conscient des enjeux internationaux et comprendre que notre futur est indissociable du reste de la planète et notamment de l’Europe.
Etre socialiste enfin, c’est réaffirmer avec force le rôle de l’Etat dans des domaines que le marché ne peut prendre en compte de façon satisfaisante : l’éducation, la santé, la justice, l’énergie, les infrastructures, la protection sociale,…

Etat et impôt : deux concepts si modernes…
Pour que l’Etat soit fort, que son rôle soit incontestable, il doit être efficace. Mais, contrairement à ce que veulent faire croire les libéraux, « efficacité » n’est pas forcément synonyme de « réduction des moyens ». L’efficacité, c’est atteindre ses objectifs. Il est donc nécessaire au préalable, de définir précisément les objectifs de l’Etat.
Non seulement l’Etat doit être efficace, mais il doit être efficient. C’est-à-dire qu’il doit utiliser au mieux ses ressources pour atteindre ses objectifs. C’est à ce prix que le consentement à l’impôt sera renforcé. Car le bon niveau de l’impôt, ce n’est pas « le moins possible » comme l’affirment tous les démagogues. C’est le niveau qui permet de mettre en œuvre dans de bonnes conditions les biens et services publics, les politiques de protection sociale et de redistribution. Loin d’être un débat purement technique, la réflexion sur la fiscalité est éminemment politique. Une fiscalité plus juste et plus redistributrice est un impératif pour affronter les défis de demain : mondialisation, protection de l’environnement, vieillissement de la population…
La fiscalité est la traduction chiffrée du choix de société, l’incontournable corollaire des politiques publiques.

PP