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15 juillet 2008

Jusqu'ici, tout va bien...

Quelques informations prises au hasard dans la presse, à la rubrique « Economie » :
*Usine Goodyear d’Amiens-Nord : La CGT et SUD s’opposent à un projet de réorganisation du travail en quatre équipes au lieu de cinq. La direction menace de supprimer 402 emplois sur le site faute d’accord.
* Groupe public d’armement Nexter : La quasi-totalité des sites à été paralysée à l’initiative de plusieurs syndicats qui réclament de nouvelles négociations sur le temps de travail. La direction du groupe veut allonger la durée du travail à 218 jours par an, contre 205 aujourd’hui.
* Groupe volailler Doux : le groupe a annoncé la fermeture de deux sites de production et la réduction de l’activité d’un troisième, entraînant la suppression de 647 poste de travail dans le Cher et le Morbihan. L’entreprise compte 13000 salariés dont 7000 à l’étranger.
* Imprimerie Quebecor de Blois : le financier néerlandais HHBV va fermer cette imprimerie, qu’il vient de racheter. Environ 150 salariés, qui fabriquaient des suppléments télé pour les journaux et des brochures publicitaires, seront licenciés. HHBV, qui a aussi acquis l’imprimerie Maury à Orléans, se retrouve en surcapacité industrielle et le site de Blois n’est pas assez rentable selon lui.
* Banque Natixis : 200 salariés ont manifesté à Paris contre le plan social qui risque d’entraîner au total 1650 suppressions de postes.

Pas étonnant, dans ces conditions, que la production industrielle ait lourdement chuté en mais (-2.6%), confirmant le ralentissement général de l’économie et laissant présager une très faible croissance au deuxième trimestre.

Ces exemples ne sont malheureusement que quelques pièces d’un puzzle qui se construit jour après jour : la désindustrialisation de la France, accompagnée d’une dramatique régression sociale (augmentation du temps de travail, dégradation des conditions d’emplois, stagnation des salaires…).

Nicolas Sarkozy peut bien faire le fanfaron (activité dans laquelle, il faut bien le reconnaître, il excelle) devant ses petits camarades de l’UMP en constatant qu « ‘il n’y a plus grand monde qui fait la grève et plus grand monde pour manifester dans la rue. »

Cette stratégie de la désinvolture et du mépris ne pourra durer indéfiniment sans risquer une explosion sociale en France.

On ne peut durablement opposer aux revendications des salariés toujours plus de dérégulations, plus de précarité (vendue comme de la « souplesse ») sans que ne se produisent, tôt ou tard, des réactions dont je crains qu’elles ne soient violentes et non maîtrisées…
A suivre.

PP

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