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21 juillet 2008
C'est arrivé près de chez moi...
J’habite à Capestang, dans l’Hérault. Dans l’édition du 17 juillet du Midi Libre, nous apprenons qu’une partie du personnel du centre de tri postal de Capestang est en grève depuis samedi 12 juillet, à l’appel des syndicats CGT et SUD. Les employés du Tri Postal de Capestang et de Cazouls les Béziers s’interrogent sur leur avenir depuis l’annonce officielle d’une réorganisation profonde de leur structure. En effet, celle-ci a pour conséquence immédiate de regrouper les locaux de Cazouls sur le site de Capestang.
Les grévistes parlent de « désorganisation des services, du manque de personnel et de moyens » avec pour conséquence, d’après leur observations, « un record d’absentéisme pour maladie, accidents du travail pour cause de mal au dos, tendinites… ». De plus, «le personnel supporte de moins en moins la pression quotidienne de l’encadrement ».
Toujours d’après les grévistes, ils constatent « le non respect des horaires, les RTT qui sont déplacés et les CDD exploités. Concernant les saisonniers, à Capestang, sur 276 heures travaillées en 26 jours, seulement 160 heures ont été payées… ».
Plus globalement, ce mouvement social est symptomatique d’une remise en cause méthodique par le gouvernement des services publics de proximité. A coup de réductions d’effectif arbitraires, de réorganisations à l’emporte-pièce et sous prétexte de « modernisation » ou de « rationalisation », ce travail de sape conduira à terme à de graves dysfonctionnements.
Le Servie Public est un moyen efficace d’assurer l’égalité entre les citoyens que ce soit pour la santé, l’éducation, la sécurité et en l’occurrence…la distribution du courrier ! Que l’on habite en ville ou dans la plus retirée des campagnes, que l’on soit riche ou pauvre, le courrier nous est distribué avec la même régularité et la même fiabilité. Qui oserait prétendre que ce serait la même chose avec une entreprise privée ?
Or, la direction de La Poste envisage de convertir l’établissement public en société anonyme, selon des informations publiées par Le Monde (5 juillet). Comme cela s’est produit avec d’autres services publics, la mise en orbite capitalistique de La Poste aura été précédée d’une profonde transformation de l’entreprise : introduction de techniques de management agressives, précarisation du personnel, dégradation du service et fermeture des bureaux, diversification dans des activités concurrentielles (banque), rétablissement de la profitabilité. Il s’agissait tout à la fois d’offrir à d’éventuels investisseurs un bilan avenant (La Poste a dégagé un résultat net de 943 millions d’euros en 2007) et de pallier l’effet des directives européennes imposant la libéralisation des secteurs les plus rentables de l’activité courrier.
Si l’Etat ne s’est pas encore prononcé sur l’avenir de l’entreprise publique, le président de la République se trouve aux premières loges : au nombre des cabinets de conseil mobilisés par la direction de La Poste pour étudier le dossier, on compte Altedia, fondé en 1992 par M. Raymond Soubie. Lequel conseille aujourd’hui M. Nicolas Sarkozy pour les affaires sociales.
Au moment où le Royaume-Uni n’en finit pas de panser les plaies des privatisations et où la Nouvelle-Zélande renationalise ses chemins de fer, l’idée d’offrir aux marchés un nouveau fleuron des services publics français témoignerait-elle à sa manière d’un nouveau « retard français » ?
Quoiqu’il en soit, nous devons réagir et manifester notre attachement au service public.
PP
07:30 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Libéralisation, Capitalisme, Concurrence, Service public, Sarkozy







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