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29 août 2008

Pouvoir d’achat…Mythes et (tristes) réalités

Qui a dit : « Je serai le président du pouvoir d’achat. » ? Réponse : Nicolas Sarkozy
Qui a dit, concernant le pouvoir d’achat, « Qu’attendez-vous de moi ? Que je vide des caisses déjà vides ? ». Réponse : Nicolas Sarkozy
La première phrase a été prononcée pendant la campagne électorale, la seconde après l’élection présidentielle. « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient », comme aimait à le répéter Jacques Chirac (dont on regretterait presque l’immobilisme quand on voit où nous conduit l’activisme forcené de son successeur !).
Denrées alimentaires, logement, énergie…dans tous ces domaines les prix explosent, pénalisant les plus pauvres voire les classes moyennes qui y consacrent une part importante de leurs revenus, qui stagnent voire diminuent. Que proposent Nicolas Sarkozy et les nouveaux conservateurs qui l’entourent ?
Tout d’abord, la fameuse loi TEPA (Travail, Emploi, Pouvoir d’Achat, autrement dit le « paquet fiscal »)… Censée concerner en priorité les classes moyennes, elle exonère de droits les 15% des successions les plus élevées, remet en cause l’Impôt sur la Fortune par l’intermédiaire du « bouclier fiscal »…Quant à la défiscalisation des heures supplémentaires, elle ne bénéficie qu’à environ un tiers des salariés, qui réalisent en moyennes 55 heures supp…par an. Dans un contexte de chômage toujours massif, plutôt que d’allonger la durée individuelle du travail, il est plus performant économiquement et plus juste socialement de faire en sorte d’être plus nombreux à travailler.
Autre piste envisagée pour doper le pouvoir d’achat : le développement de la participation et de l’intéressement. Or, ces compléments de rémunération sont, par nature, aléatoires et bénéficient principalement aux salariés des grandes entreprises.
Mais, avec le RSA (Revenu de Solidarité Active), le gouvernement s’attaque enfin à la pauvreté, nous dit-on ! Sous ce généreux prétexte, le RSA ne sera qu’une incitation supplémentaire au développement des « petits boulots », qui seront désormais subventionnées par l’Etat ! Les retraités verront, quant à eux, leur pension diminuer en raison de l’allongement de la durée de cotisation dans un contexte où les entreprises poussent toujours les « vieux » vers la sortie le plus tôt possible !
Puisque l’augmentation des revenus semble compromise, il ne reste qu’à faire baisser les prix ! Et pour cela, rien de tel que la libre concurrence des grandes surfaces ! Cette concurrence accrue se traduira inévitablement par des réorganisations et autres restructurations. Cela reviendra donc à faire supporter les efforts à ceux que l’on est censé avantager : les salariés. Que ce soit ceux de la grande distribution ou des fournisseurs (souvent des PME en position de faiblesse par rapport aux centrales d’achat).
Même la santé n’échappe pas à cette logique consumériste. Constatant l’inefficacité des franchises, système qui revient à faire payer des malades pour financer les soins d’autres malades (dépendance, Alzheimer), le gouvernement envisage de taxer les mutuelles. Il faut une bonne dose de naïveté ou de cynisme pour oser soutenir que cela ne se répercutera pas sur les cotisations ! Autre solution évoquée : taxer l’intéressement…alors même que l’on octroie un crédit d’impôt aux entreprises qui en distribuent ! Quel pataquès ! N’aurait-il pas été préférable de s’attaquer aux dépassements d’honoraires qui pénalisent l’accès aux soins des plus démunis? Bien au contraire, le gouvernement entend les officialiser…
Pour nous, il est clair que le pouvoir d’achat des salariés passe d’abord par …le salaire. Les salariés français sont parmi les plus productifs au monde. Il faut arrêter de chercher à les culpabiliser en leur disant qu’ils « coûtent trop chers » et de les opposer entre eux, aux chômeurs, aux salariés de pays qui ne respectent pas les plus élémentaires des droits sociaux ! Cette spirale du moins disant social est sans fin : le patron d’Adidas a décrété récemment que les salariés chinois étaient devenus trop chers !
Depuis au moins deux décennies, les politiques de l’emploi ont consisté à faire baisser le coût du travail, à grands renforts d’exonérations de cotisations sociales (20 milliards d’€ par an). Avec quelles conséquences ? Une augmentation de la précarité et des inégalités, une part de plus en plus importante de salariés payés au SMIC…Bref une paupérisation de la société, où survivent désormais près de 8 millions de pauvres. Et ce n’est pas développement des « services à la personne », générateurs de petits boulots à 10 heures semaines, qui enrayera cette tendance !
La droite prétend défendre la « valeur travail », mais par ses politiques idéologiques et de revanche sociale, elle tire méthodiquement vers le bas l’ensemble du monde du travail. Le temps est venu de réaffirmer les valeurs de solidarité et de justice sociale dont nous devons être fiers. Comment faire? Les leviers d’action ne manquent pas : supprimer l’inutile « paquet fiscal » et redéployer les 15 milliards vers les services publics, l’éducation, la recherche, l’aide aux PME…réinstaurer la justice fiscale, mise à mal par les réformes successives visant à réduire les impôts des plus riches, en créant un grand impôt progressif sur le revenu… rénover en profondeur le financement de la protection sociale…indexer les salaires sur la productivité…

PP

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