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29 août 2008

Pouvoir d’achat…Mythes et (tristes) réalités

Qui a dit : « Je serai le président du pouvoir d’achat. » ? Réponse : Nicolas Sarkozy
Qui a dit, concernant le pouvoir d’achat, « Qu’attendez-vous de moi ? Que je vide des caisses déjà vides ? ». Réponse : Nicolas Sarkozy
La première phrase a été prononcée pendant la campagne électorale, la seconde après l’élection présidentielle. « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient », comme aimait à le répéter Jacques Chirac (dont on regretterait presque l’immobilisme quand on voit où nous conduit l’activisme forcené de son successeur !).
Denrées alimentaires, logement, énergie…dans tous ces domaines les prix explosent, pénalisant les plus pauvres voire les classes moyennes qui y consacrent une part importante de leurs revenus, qui stagnent voire diminuent. Que proposent Nicolas Sarkozy et les nouveaux conservateurs qui l’entourent ?
Tout d’abord, la fameuse loi TEPA (Travail, Emploi, Pouvoir d’Achat, autrement dit le « paquet fiscal »)… Censée concerner en priorité les classes moyennes, elle exonère de droits les 15% des successions les plus élevées, remet en cause l’Impôt sur la Fortune par l’intermédiaire du « bouclier fiscal »…Quant à la défiscalisation des heures supplémentaires, elle ne bénéficie qu’à environ un tiers des salariés, qui réalisent en moyennes 55 heures supp…par an. Dans un contexte de chômage toujours massif, plutôt que d’allonger la durée individuelle du travail, il est plus performant économiquement et plus juste socialement de faire en sorte d’être plus nombreux à travailler.
Autre piste envisagée pour doper le pouvoir d’achat : le développement de la participation et de l’intéressement. Or, ces compléments de rémunération sont, par nature, aléatoires et bénéficient principalement aux salariés des grandes entreprises.
Mais, avec le RSA (Revenu de Solidarité Active), le gouvernement s’attaque enfin à la pauvreté, nous dit-on ! Sous ce généreux prétexte, le RSA ne sera qu’une incitation supplémentaire au développement des « petits boulots », qui seront désormais subventionnées par l’Etat ! Les retraités verront, quant à eux, leur pension diminuer en raison de l’allongement de la durée de cotisation dans un contexte où les entreprises poussent toujours les « vieux » vers la sortie le plus tôt possible !
Puisque l’augmentation des revenus semble compromise, il ne reste qu’à faire baisser les prix ! Et pour cela, rien de tel que la libre concurrence des grandes surfaces ! Cette concurrence accrue se traduira inévitablement par des réorganisations et autres restructurations. Cela reviendra donc à faire supporter les efforts à ceux que l’on est censé avantager : les salariés. Que ce soit ceux de la grande distribution ou des fournisseurs (souvent des PME en position de faiblesse par rapport aux centrales d’achat).
Même la santé n’échappe pas à cette logique consumériste. Constatant l’inefficacité des franchises, système qui revient à faire payer des malades pour financer les soins d’autres malades (dépendance, Alzheimer), le gouvernement envisage de taxer les mutuelles. Il faut une bonne dose de naïveté ou de cynisme pour oser soutenir que cela ne se répercutera pas sur les cotisations ! Autre solution évoquée : taxer l’intéressement…alors même que l’on octroie un crédit d’impôt aux entreprises qui en distribuent ! Quel pataquès ! N’aurait-il pas été préférable de s’attaquer aux dépassements d’honoraires qui pénalisent l’accès aux soins des plus démunis? Bien au contraire, le gouvernement entend les officialiser…
Pour nous, il est clair que le pouvoir d’achat des salariés passe d’abord par …le salaire. Les salariés français sont parmi les plus productifs au monde. Il faut arrêter de chercher à les culpabiliser en leur disant qu’ils « coûtent trop chers » et de les opposer entre eux, aux chômeurs, aux salariés de pays qui ne respectent pas les plus élémentaires des droits sociaux ! Cette spirale du moins disant social est sans fin : le patron d’Adidas a décrété récemment que les salariés chinois étaient devenus trop chers !
Depuis au moins deux décennies, les politiques de l’emploi ont consisté à faire baisser le coût du travail, à grands renforts d’exonérations de cotisations sociales (20 milliards d’€ par an). Avec quelles conséquences ? Une augmentation de la précarité et des inégalités, une part de plus en plus importante de salariés payés au SMIC…Bref une paupérisation de la société, où survivent désormais près de 8 millions de pauvres. Et ce n’est pas développement des « services à la personne », générateurs de petits boulots à 10 heures semaines, qui enrayera cette tendance !
La droite prétend défendre la « valeur travail », mais par ses politiques idéologiques et de revanche sociale, elle tire méthodiquement vers le bas l’ensemble du monde du travail. Le temps est venu de réaffirmer les valeurs de solidarité et de justice sociale dont nous devons être fiers. Comment faire? Les leviers d’action ne manquent pas : supprimer l’inutile « paquet fiscal » et redéployer les 15 milliards vers les services publics, l’éducation, la recherche, l’aide aux PME…réinstaurer la justice fiscale, mise à mal par les réformes successives visant à réduire les impôts des plus riches, en créant un grand impôt progressif sur le revenu… rénover en profondeur le financement de la protection sociale…indexer les salaires sur la productivité…

PP

19 août 2008

Pôle écologique du PS

J'ai reçu un autre commentire sur ma petite analyse des contributions préparatoires au congrès du Parti Socialiste. Il émane de Géraud Guibert, responsable national du PS pour l'écologie.

Cher internaute,
J'ai lu ton commentaire sur la contribution du pôle. Je pense que tu sous-estime l'ampleur de la crise d'épuisement des ressources renouvelables que nous connaissons.
Ce texte contient en outre des propositions à notre avis novatrices (ce n'est pas toujours le cas ailleurs), que je t'invite à lire, et qui sont nécessaires pour définir un socialisme adapté à ce siècle.
Le pôle écologique est la seule "nouveauté" sur le fond dans le paysage socialiste depuis le congrès du Mans. Il est né de l'insatisfaction totale des créateurs du pôle sur la façon dont le PS intègrait la double problématique sociale et écologique...
Quant à ses animateurs, je pense qu'il est totalement injuste de les suspecter d'opportunisme sur ce sujet. Lis la carte de visite des uns et des autres, tu verras....
En tous cas, ne sous-estime pas le pôle, car sinon tu risque d'être surpris à l'avenir...
Amicalement
Géraud GUIBERT
le blog du pôle:http://poleecologiquedups.typepad.fr/


Cher camarade,

Merci d’avoir pris la peine de lire ma petite analyse des contributions générales et d’avoir déposé un commentaire sur mon blog (Convictions Politiques).
Pour ma part, j’ai relu avec attention, comme tu m’y invitais, la contribution du pôle écologique.
Je dois l’avouer : les problématiques écologiques et de développement durable ne m’intéressent que depuis fort peu de temps. En revanche, je suis depuis assez longtemps passionné par les questions relatives aux inégalités, à la fiscalité, à la politique industrielle, à la finance…
Je suis d’accord avec vous pour dire que les externalités négatives (pollution, épuisement des ressources,…) du mode de développement et de consommation actuel ont été largement sous-estimées. Mais de là à faire de l’écologie le prisme à travers lequel il faudrait regarder la société me paraît exagéré, en tout cas prématuré.
Je reste persuadé que le RMIste qui va faire ses courses chez ALDI n’a que faire de savoir si le produit qu’il achète a été produit de façon respectueuse de l’environnement. Ce qui l’intéresse, c’est d’avoir son produit le moins cher possible. Peut-on l’en blâmer ? Cela ne signifie d’ailleurs pas que la protection de l’environnement soit l’apanage des « riches », amateurs de grosses cylindrées, 4x4, climatisation, piscines…
Tout ça pour dire que la question sociale est loin d’être dépassée. Selon moi, le préalable à toute réorientation du mode de consommation est la réduction des inégalités, qui délitent le contrat social. Comment en effet dessiner un projet de société, si deux sociétés coexistent sans se mêler ? Cette société « duale » est malheureusement une réalité de plus en plus criante.

Je crains que la dynamique nécessaire à la préservation de la planète ne se brise sur le mur des difficultés quotidiennes de la majeure partie de la population (17% de salariés au SMIC, la moitié des salariés gagnent moins de 1500 €). La sauvegarde de la planète est une préoccupation de « ventre plein » (je me place dans cette catégorie) : il faut avoir une vision de son propre futur pour se préoccuper de celui des autres. Sans tomber dans un discours démagogique et de courte vue, nous ne (re)gagnerons la confiance des français que si nous arrivons à prouver que nous avons des idées pour améliorer concrètement leurs conditions de vie et de travail (un sondage récemment paru indique de plus de la moitié des français estiment que le PS n’est pas assez proche de leurs préoccupations). Ne nous leurrons pas, l’objectif est de reconquérir le pouvoir afin de mettre en œuvre notre projet d’avenir. Nous n’y arriverons pas si les français se disent : « Ils ont des idées pour sauver la planète…mais pour me sauver, moi ? »
De plus, je pense que seule des démarches européennes voire mondiales ont des chances d’aboutir. Que pèserait le comportement vertueux de 60 millions de français si 1 milliard de chinois, 1 milliard d’indien, et 300 millions d’américains continuent sur leur lancée ? Je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut rien faire, je pense que le niveau pertinent est le niveau européen. Cela pose la question de la construction d’une Europe « sociale et écologique ».

Pour rentrer un peu plus dans le détail de la contribution, je ne suis pas d’accord avec la phrase suivante : « Les modes d’intervention traditionnels de la gauche sont à repenser : la redistribution ne corrige plus les inégalités, la protection sociale et les services publics sont remis en cause. »
Plutôt que « repenser » les modes d’interventions traditionnels, je pense qu’il faut les réaffirmer et les reconstruire. En effet, si la « redistribution » corrige de moins en moins les inégalités, la raison est peut-être à chercher du côté des attaques méthodiques des gouvernements de droite successifs contre la progressivité de la fiscalité. Entre les réformes Balladur (réduction du nombre de tranches), Raffarin (baisse du taux le plus élevé) et Villepin (réduction du nombre de tranche et baisse des taux marginaux), la progressivité de l’impôt sur le revenu est largement entamée (l’IRPP, seul impôt progressif du système fiscal français représente moins de 20% des recettes de l’Etat). Or l’impôt progressif a un rôle important dans la réduction des inégalités (cf. Thomas Piketty). N’oublions pas également le bouclier fiscal et la quasi-suppression des droits de succession…
Quant à la protection sociale et aux services publics, le fait qu’ils soient « remis en cause » ne signifie pas qu’ils sont obsolètes. Au contraire, cela doit renforcer notre détermination à les défendre.

Je trouve la contribution trop évasive sur la fiscalité, la protection sociale, les salaires…
Quelle est votre position sur la création d’un grand impôt progressif qui fusionnerait IRPP et CSG ? Quelle est votre position sur la fiscalisation du financement de la protection sociale ? Quelle est votre position sur la tarification à l’acte des professionnels de santé, et sur la T2A dans les hôpitaux ?
Quelle est votre position sur l’augmentation du SMIC ? Quelle est votre position sur l’indexation des salaires ? Quelle est votre position sur la réduction du temps de travail ?
Quelles sont vos propositions pour les PME, notamment pour favoriser leur accès au financement, aux marchés publics … ?
Quelle est votre position sur EDF/GDF ?

Sur les retraites, les récentes projections de l’INSEE font apparaître que le ratio actif/inactif devrait passer de 2,2 aujourd’hui à 1,4 en 2050 au lieu de 1,1 initialement prévu. Cela change considérablement la donne. En effet selon l’OFCE, le coût de la protection sociale devrait passer de 28% du PIB à 31% en 2050 contre 34% initialement prévus. Cet effort est tout à fait soutenable. De plus, alors que l’âge moyen de sortie du marché du travail est de 58,8 ans, alors que près de 400 000 personnes sont dispensés de recherche de travail, alors que près de 3 millions de personnes sont au chômage ou en sous-activité, il serait absurde de chercher à vouloir allonger la durée de cotisation. Il faut en priorité réduire le chômage.

Enfin, l’évocation de la dette ne doit pas être prétexte à discréditer la dépense publique. De même qu’il serait suicidaire de se priver de l’outil que constitue le déficit budgétaire, il faut dénoncer l’utilisation qu’en fait la droite par son inutile « paquet fiscal » destiné prioritairement à satisfaire sa clientèle.
Pour l’instant la dette française est tout à fait soutenable (d’autres pays tels que le Japon, l’Italie et même l’Allemagne font pire). Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas la réduire car le paiement des intérêts de la dette constitue une forme de redistribution à l’envers : les impôts payés par le plus grand nombre servent à rémunérer les titres de la dette, détenus par les plus fortunés. Car la dette ne pèse pas « sur les générations futures », mais sur les contribuables d’aujourd’hui. Quoiqu’il en soit, dans la période de récession qui s’annonce, il serait contre-productif de chercher à réduire la dette au prix d’un plan de rigueur qui contribuerait à entretenir le marasme économique…

Mon but n’est pas de « descendre » votre contribution, qui contient par ailleurs beaucoup de propositions intéressantes : lutte contre l’étalement urbain, politique industrielle pour les produits propres, principe de précaution, reprise du contrôle public sur la gestion de l’eau, plan européen de relocalisation d’activités…

Je pense que la « question sociale » demeure un thème central. Nous, socialistes, devons avant tout œuvrer pour créer les conditions d’une plus grande cohésion sociale. Seule l’émergence d’une société plus juste et plus apaisée permettra d’enrayer la montée des égoïsmes, préalable à toute dynamique collective de préservation de la planète et des générations futures.

PP

12 août 2008

Sha Ke Qi

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Sha Ke Qi signifie en chinois mandarin «la carpette velléitaire» ou encore «l’idiot en colère».

C'est le surnom donné par les chinois à notre petit timonier, Nicolas Sarkozy.
Je trouve que ça le caractérise à la perfection !!

Sur ces bonnes paroles, je vais prendre un peu de repos.

Rendez-vous début septembre...

Il y aura sûrement pas mal de choses à dire !!

PP

07 août 2008

Préparation du congrès du PS (suite)

Un lecteur de ce blog (MKL) a déposé le commentaire suivant, concernant ma petite analyse des contributions préparatoires au congrès du Parti Socialiste :
« Trop avant-gardistes les solutions de Pierre Larrouturou et nouvelle Gauche ?
- La semaine de 4 jours à la carte est expérimentée en France depuis 15 ans avec succès sur 400 PME/TPE -> des milliers d'emplois créés en CDI, cette mesure a été auditée par le ministère du travail et la caisse des dépôts : sa généralisation créerait au minimum 1,6 millions d'emplois à temps plein en CDI sans 1 centime d'augmentation du déficit budgétaire de l'état ni des charges des entreprises, donc sans impact négatif sur la compétitivité Française !
- appliquer un impôt européen sur les bénéfices : mis en place aux USA après guerre pour lutter contre le dumping fiscal inter-états, certaines personnalités politiques européennes sont d'accord sur le principe.
- impôt européen sur la spéculation financière (taxe Tobin améliorée) : Edouard Balladur a déclaré fin 2007 qu'il était favorable à une telle taxe !
- L'indexation des salaires sur l'inflation : pratiqué depuis longtemps au Luxembourg et en Belgique !
- Montants compensatoires avec la Chine : mesures mises en place entre les états européens au début de la construction européenne pour éviter les déséquilibres économiques.
- nouveau Bretton Woods : il s'agit "simplement" de réfléchir au niveau européen aux mesures les plus efficaces à prendre rapidement pour éviter un effondrement économique en cas de défaillance majeure des économies anglo-saxonnes, et éviter les conséquences qu'on a connues suite à la crise de 1929 !
Aucune des solutions préconisées par P. Larrouturou ne relève de l'avant-gardisme ni de l'utopie, toutes sont ou ont déjà été expérimentées avec succès. Faut-il tellement de courage politique pour mettre en place ce qui fonctionne déjà ou a déjà fonctionné dans une situation comparable à la notre actuellement ?
»

Cher MKL, tout d’abord merci d’avoir pris la peine de lire ma prose !
Ne vous méprenez pas sur mon propos, le terme « avant-guardiste » n’était nullement méprisant ou condescendant. Ceux qui lisent régulièrement ce blog savent que tous les thèmes développés par Pierre Larrouturou me sont chers.
Je suis persuadé que la réduction du temps de travail est la meilleure voie possible pour résorber le chômage, qui mine notre société. Compte tenu des gains de productivité, c’est la solution la plus performante économiquement et la plus juste socialement.
Quant à la coordination fiscale européenne, il est évident selon moi que c’est le meilleur moyen pour enrayer ce processus de mise en concurrence des territoires auxquels se livrent les grandes entreprises.
La politique doit reprendre l’ascendant sur l’économie, c’est une évidence. La tenue d’un nouveau « Bretton Woods » serait à cet égard un signal fort.
Enfin, les montants compensatoires seraient un moyen de pallier les effets du libéralisme béat prôné notamment par Pascal Lamy (patron de l’OMC) qui, ne l’oublions pas, est français et…socialiste !
N’oublions pas également que Ségolène Royal a émis des doutes sur les bienfaits de la réduction généralisée du temps de travail…
N’oublions pas que Manuel Valls a des avis péremptoires (comme toujours) sur la nécessité d’allonger la durée de cotisations pour les retraites…
Je reviens donc à mon qualificatif « avant-guardiste ». Malgré leur bienfondé, je reste convaincu qu’il y a encore beaucoup de travail pour que les idées développées par Pierre Larrouturou trouvent l’écoute qu’elles méritent.

PP

Pour télécharge la contribution, cliquez ici.

04 août 2008

Préparation du congrès du PS (4/4)

Martine Aubry développe une vision détaillée de la société: petite enfance, scolarité, santé, dépendance, économie, développement durable, logement, vivre ensemble, culture, internet, Europe, international… Selon elle, « il nous faut dire clairement qu’à chaque droit dont bénéficient les citoyens, doivent correspondre les devoirs qui en découlent envers la société », ainsi « l’octroi d’un logement ayant bénéficié d’une aide publique pourrait s’accompagner de l’adhésion à une charte de vie collective prévoyant la participation à la vie de l’immeuble (tranquillité, propreté, petit entretien, locaux communs, cours de soutien assurés par les étudiants, garde d’enfants assurée par les retraités, courses assurées par les étudiants ou les jeunes ménages auprès des personnes âgées dépendantes, implication dans les conseils de résidants et les associations de locataires…) ». Franchement, je ne sais pas vraiment quoi en penser…
Quelques extraits significatifs :
« La politique, c’est proposer une vision et un projet de société, trouver les chemins pour y mener, et mobiliser les citoyens pour agir avec nous »
« La régulation doit aussi concerner la consommation médicale, en sensibilisant les médecins aux bonnes pratiques et en sanctionnant leurs abus, plutôt qu’en culpabilisant les patients. »
« Travailler plus nombreux avant de travailler chacun davantage, c’est une question de bon sens mais aussi de justice sociale. »
« Les nombreuses normes limitant l’impact des activités industrielles sur la santé et sur l’environnement doivent être complétées d’une stratégie volontariste de développement économique basée sur la revalorisation de l’économie des ressources et le développement des écosystèmes industriels dans les 25 000 zones d’activités françaises. »

Marylise Lebranchu propose de spécialiser chaque collectivité territoriale : développement économique pour la Région, solidarités et éducation pour le Département, réseaux locaux et aménagement urbain pour les communautés de communes. L’élection directe des délégués communautaires se ferait sur un scrutin de liste avec une représentation obligatoire de toutes les communes. Les campagnes électorales inciteraient les candidats à s’engager clairement sur un projet de territoire à l’échelle communautaire.

Marie-Noëlle Liennemann: La Gauche défend « la valeur du travail » et non la « valeur travail »
Travailler mieux, travailler tous, travailler moins chacun et plus ensemble, gagner plus par le travail et moins par la rente, voilà l’orientation que nous opposons au slogan libéral «travailler plus et gagner plus» !

Henri Emmanuelli : « Les travailleurs ont progressivement été rendus responsables du marasme de l’investissement, du chômage et de l’exclusion, en raison du prétendu fardeau des coûts salariaux et des charges collectives inhérentes à l’Etat providence. Dans le même temps tous leurs acquis ont été dénoncés comme autant d’infâmes « privilèges » qu’il conviendrait d’abolir. Ceux qui tiennent en tel discours n’hésitent d’ailleurs pas à dénoncer les malades comme des irresponsables sur-consommateurs de soins et de médicaments et les désigner à la vindicte publique comme étant la seule cause du déficit de l’assurance maladie. »
« Celui qui affirme que le capital a une dette envers le travail, peut être certain, par exemple, de se voir qualifié de "dangereux idéologues" par les libéraux, ce qui est un compliment acceptable, et parfois de « dangereux populiste » par une certaine gauche, ce qui est plus inquiétant. »
« L’opinion, soudain devenue « experte », est censée posséder les réponses – largement suggérées - aux grands maux contemporains : les politiques n’ayant plus qu’à les mettre en œuvre ». Il y a en une dont les oreilles doivent …royalement siffler !

Sarkozy
Bertrand Delanoë qualifie le sarkozysme de « bonapartisme saugrenu au conservatisme agressif ». Pour François Hollande, le sarkozysme est « fait de fausses promesses, de désinvolture et de culte de l’argent ». Mais c’est Ségolène Royal qui est la plus agressive à son égard, n’hésitant pas à consacrer un chapitre à « LA MAINMISE DU CLAN SARKOZY SUR LA FRANCE».
Martine Aubry, elle, veut prendre un peu de hauteur : « Ne nous égarons pas non plus dans une critique de la personnalité du Président de la République. Ce serait laisser croire qu’il suffirait de changer l’homme par un autre pour que cela aille mieux. C’est la politique qu’il mène que nous critiquons parce que nous pensons qu’elle tourne le dos aux préoccupations majeures des Français. »

Fonctionnement du PS
En ce qui concerne la stratégie d’alliance, la tendance générale est à la création d’un parti socialiste fort (certains évoquent un objectif de 25% à 30% lors des élections nationales) qui puisse ensuite fédérer l’ensemble de la gauche. Seule exception notable : Ségolène Royal qui veut rassembler « tous les démocrates ».

La ligne claire : « Nous voulons que le Parti Socialiste redevienne le parti de la pensée »

Bertrand Delanoë : « En 2007, c’est plutôt la crédibilité de notre projet qui a souffert de la comparaison avec celui de notre concurrent. »
« Notre parti doit être un parti de militants et non de supporters. »

Ségolène Royal : « Nous devons faire du Parti socialiste le grand parti démocratique, populaire et de mobilisation sociale dont la France a besoin »

Laurent Fabius « Notre Parti socialiste doit redevenir un parti fondamentalement populaire. »
« Si nous avons perdu, c’est notamment parce que nous avons cédé à la tendance qui consiste à définir notre message en fonction de la demande quantifiée par les instituts de sondage. »

François Hollande : « Je propose que ceux qui pensent, sur les principaux sujets, la même chose se rassemblent sur le même texte et proposent un contrat de direction pour mener le travail du parti dans les trois prochaines années. » On peut rêver…

Le rôle des élus locaux :
Laurent Fabius : Le premier secrétaire « doit associer mieux qu’aujourd’hui les élus locaux à la prise de décision, mais il ne saurait leur déléguer le soin de fixer à la place du PS l’orientation politique nationale ».

Ségolène Royal « Faire fonctionner le parti de façon ascendante, en nous appuyant sur les responsables fédéraux et les élus locaux, qui auront toute latitude pour l’irriguer. »
« Dans chaque département, ou dans chaque région, une université socialiste de la connaissance sera créée. »

En conclusion, je reprendrai la phrase de Gaston Bachelard citée par Jean-Luc Mélenchon : « le futur n’est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons faire ».

PP

03 août 2008

Préparation du congrès du PS (3/4)

Concernant l’économie la philosophie générale peut être résumée par une phrase de Pierre Moscovici : « Alors que la droite agit pour construire une économie de la rente, la priorité du Parti socialiste doit être un partage plus juste de la valeur ajoutée, l’inversion du processus de smicardisation qui tire les salaires vers le bas et une mobilisation pour enrayer la précarisation des salariés. »

Beaucoup font allusion à la nécessité d’une politique industrielle. On peut citer Marylise Lebranchu : « Notre avenir économique passe par la revalorisation des métiers ouvriers et pas uniquement par le développement du secteur des services. ». « On ne peut pas séparer l’innovation de la production : pour rester compétitif, il faut donc garder des unités de production près des centres d’innovation : les coûts sont trop grands de séparer ingénieurs et ouvriers. »
Laurent Fabius n’est pas loin : «Pour nous, une croissance molle n’est pas une fatalité à condition de reconnaître d’abord que la France ne peut pas se passer d’une base industrielle solide et suffisamment spécialisée. Le développement des services et notamment des services à la personne sera encouragé, mais ils ne pourront à eux seuls endiguer la désindustrialisation. »

La plupart des contributions prennent acte de l’essoufflement de la social-démocratie et de la « 3ème voie ».
Laurent Fabius « Les gouvernements sociaux-démocrates ont parfois été fascinés à contretemps par la vigueur du modèle adverse, certains allant jusqu’à lui faire allégeance. »

Laurent Fabius : « Face à l'urgence d'une nouvelle répartition des richesses, socialistes et sociaux-démocrates ne parlent plus assez de production, de redistribution, de protections. »

Henri Emmanuelli : « Depuis juin 2006, la social-démocratie européenne a enregistré 13 défaites lors des 15 derniers scrutins nationaux. »

Henri Emmanuelli : « Les clivages opposeraient les modernes aux archaïques. Comme si la modernité se résumait à la soumission docile aux modèles dominants imposés par ceux qui en bénéficient et l’archaïsme s’incarnait dans l’espoir d’une réduction des inégalités. La modernité ne peut être entendue comme l’acceptation d’un libéralisme aujourd’hui dépassé. »

Quelques propositions concrètes, qui me paraissent intéressantes :
o Développer la formation et la qualification pour tous
o Organiser les carrières dans les services à la personne (Hollande)
o Porter l’effort de recherche à 3% du PIB
o Fusionner les « grandes écoles » avec l’université
o Faire de la caisse des dépôts un fonds d’investissement dans les PME
o Small business administration (Fabius) ou Small business act (Royal, Delanoë)
o Poursuite de la décentralisation
o Fusion impôt sur le revenu et CSG dans un grand impôt progressif
o Abandon du quotient familial
o Service public de la petite enfance
o Augmentation du SMIC
o Révision de l’assiette des cotisations patronales de Sécurité Sociale
o Introduction d’impôts « écologiques »
o Réforme de la fiscalité locale, principalement la taxe d’habitation
o Supprimer les niches fiscales
o Moduler l’IS en fonction du réinvestissement des bénéfices
o Conditionnement des aides aux entreprises
o Augmenter les salaires et plafonner les hautes rémunérations
o Allongement des cotisations (sous réserve de pénibilité, emploi des séniors)
o Remise en cause de la tarification à l’acte pour les professionnels de santé
o Financement de l’assurance maladie par l’impôt
o Mise sous condition de ressources des allocations familiales
o Amélioration de l’habitat (performance énergétique)
o 120 000 logements sociaux par an
o Favoriser les énergies renouvelables (solaire, éolien), mais refus de sortir du nucléaire
o Service public de l’eau, de l’énergie
o Développer le ferroutage
o Taxer les super-profits des compagnies pétrolières
o Lutter contre la violence, notamment à l’école par un encadrement renforcé
o Restauration de la police de proximité
o Régulariser les travailleurs sans-papiers et leurs familles
o VIe République sociale, démocratique, laïque, parlementaire
o Droit de vote des étrangers aux élections locales
o Création d’un statut de l’élu
o Relancer la construction européenne sur le modèle des « cercles », des « noyaux » ou des « coopérations renforcées »
o Communauté européenne de la recherche et de l’innovation (CERI) (Fabius, Emmanuelli)
o Clauses de « sauvegarde sociale » qui interdise qu’une directive européenne puisse avoir pour conséquence un recul social dans un pays
o Créer un impôt européen pour financer un budget européen
o Régulation de la finance mondiale (règles prudentielles, titrisation, agences de notation, paradis fiscaux…)
o « montants compensatoires » sur les importations de pays qui ne respectent pas des normes sociales et fiscales
o Faire du PS un « mouvement d’éducation populaire » (Fabius, Mélenchon)
o Créer des sections thématiques
o Elargir la base sociologique du PS
o Transformer l’Université de La Rochelle en conférence nationale annuelle
o Mieux former les militants
o Tenir des conventions annuelles thématiques

A suivre...

PP

02 août 2008

Préparation du congrès du PS (2/4)

Certaines contributions, les plus courtes, sont d’ordre « philosophique » et principalement centrées sur le Parti Socialiste et le congrès.
D’autres, les plus volumineuses, sont déjà des embryons de programme de gouvernement, avec un détail de mesures concrètes. On peut citer celles de Laurent Fabius, Martine Aubry, Ségolène Royal, Henri Emmanuelli, Bertrand Delanoë et, dans une moindre mesure, celles de Marie-Noëlle Liennemann et de François Hollande (ce n’est pas lui faire injure puisqu’il le reconnaît lui-même).

Certaines, dont celles de Pierre Moscovici et de Marylise Lebranchu, sont à mi-chemin, pas vraiment des programmes détaillés mais un peu plus que des recommandations générales. Ceux qui reprochent à Pierre Moscovici son dilettantisme seront sans doute confortés dans leur opinion ! Quant à Marylise Lebranchu, elle prend appui sur des petites phrases entendues en campagne. Elle a des réflexions intéressantes sur l’aménagement du territoire et les collectivités territoriales.

Dans la catégorie « A gauche toute », on peut citer Jean-Luc Mélenchon qui nous livre un véritable plaidoyer contre la dérive « démocrate » du PS. On peut également citer Gérard Filoche (ancien de la LCR) avec sa contribution « D'abord, redistribuer les richesses », qui rejoint sur certains sujets « Debout la gauche » de Marc Dolez (autorisation administrative de licenciement, augmentation des cotisations patronales de retraites…)
Dans un autre registre, on peut citer les altermondialistes d’Utopia avec « Socialistes, Altermondialistes, Ecologistes ». Utopia « appelle à l’émergence d’une gauche d’avant-garde fondée sur une identité écologiste, altermondialiste et anti productiviste, capable de transformer la société, de porter de nouveaux idéaux et de les réaliser. » Ils développent une réflexion sur la croissance (qui ne permet pas forcément de réduire les inégalités), la consommation (le crédo du pouvoir d’achat), le travail (ou plutôt la « valeur » travail)…

La contribution « Et si le Parti restait socialiste », la plus courte, est peut-être la plus radicale dans la mesure où elle prône la nationalisation d’une grande partie des moyens de production. Bref, revenir aux « fondements originaux du socialisme ».

Il y a également une sorte d’OVNI : « Urgence sociale » de Pierre Larrouturou. C’est peut-être la plus vivante, la plus riche, la plus prospective et la plus pédagogique des 21 contributions. Elle intègre de nombreuses références à l’évolution historique du capitalisme, à l’actualité via des articles de presse, des graphiques, des schémas. Elle est résolument tournée vers l’international, l’Europe et la réduction du temps de travail. Elle reprend également de nombreux arguments tirés des ouvrages de l’auteur (« Pour la semaine de quatre jours » et « Le livre noir du libéralisme » notamment). Sans doute un peu trop « avant-gardiste », elle a le mérite de susciter la réflexion, en proposant par exemple un nouveau « Bretton Woods », un impôt européen sur les entreprises, la semaine de 4 jours, l’indexation des salaires, des montants compensatoires pour la Chine (thème repris par Henri Emmanuelli).

La contribution « Pour un socialisme écologique » est proposée par le pôle écologique du PS, créée en février …2008 ! Cela sent un peu la récupération et le surf sur des thèmes à la mode. D’autant plus que Christophe Caresche, son leader, est plus connu pour ses avis sur la sécurité que sur l’écologie…Cela paraît d’autant plus artificiel que désormais « Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché » (article 6 de la déclaration de principes). L’écologie fait donc partie intégrante du discours du PS. Ce que semble confirmer Bertrand Delanoë : « Pour les socialistes, le temps de la « sous-traitance » de la question environnementale est donc révolu. Le socialisme doit assumer sa double identité : sociale et écologique, les deux étant désormais étroitement imbriqués. »

La contribution « Pour un socialisme du 21ème siècle en France » fait mention du « SMIG » et de l’actionnariat d’Usinor. Le SMIG a disparu depuis 1970 au profit du SMIC et Usinor est fondu dans l’ensemble Arcelor – Mittal. Je trouve que ça décrédibilise un peu leurs propos…De plus cette contribution est un peu « jargonneuse ».

A suivre...

PP

01 août 2008

Préparation du congrès du PS (1/4)

Dans le cadre de la préparation du congrès du Parti Socialiste qui se déroulera à Reims en novembre, 21 contributions générales ont été déposées. Sans rentrer dans les détails de la cuisine interne, les contributions ont pour vocation de précéder l’élaboration des motions sur lesquelles les militants se prononceront afin de fixer l’orientation politique du parti.

Voici donc la liste des 21 contributions :

Aux militants - Gaëtan Gorce (5 pages)
Besoin de gauche - Pierre Moscovici (9 pages)
Brèves de campagne - Marylise Lebranchu (22 pages)
Changer ! - Marie-Noëlle Lienemann (28 pages)
Clarté, Courage et créativité : Choisir maintenant, pour agir demain - Bertrand Delanoë (29 pages)
Combattre et proposer - Ségolène Royal (42 pages)
D'abord, redistribuer les richesses - Gérard Filoche (22 pages)
Debout la gauche ! - Marc Dolez (6 pages)
Donner une cohérence à la gauche et un espoir à la France - François Hollande
(16 pages)
Et si le Parti restait socialiste- Jacques Fleury (3 pages)
La ligne claire - Gérard Collomb / Jean-Noêl Guerini (28 pages)
Pour un socialisme du 21ème siècle en France - Pascal Jacquemin (10 pages)
Pour un socialisme écologique - Géraud Guibert / Christophe Caresche (23 pages)
Reconquêtes - Henri Emmanuelli / Benoît Hamon (29 pages)
Reconstruire à gauche - Laurent Fabius (26 pages)
Réinventer la gauche - Jean-Luc Mélenchon (22 pages)
Réussir ensemble le congrès du Parti socialiste - Jean-Marc Ayrault (6 pages)
Socialistes, Altermondialistes, Ecologistes - Franck Pupunat (21 pages)
Une vision pour espérer, une volonté pour transformer - Martine Aubry (56 pages)
Unité et refondation (s) ! - Frédéric Léveillé (12 pages)
Urgence sociale - Pierre Larrouturou (56 pages)

soit un total de 471 pages !

François Mitterrand, qui disait qu’ « un congrès se ganga à gauche », serait fier de ses « enfants » !

La plupart des contributions s’accordent sur plusieurs points : le capitalisme actuel « marche sur la tête », la remontée des inégalités est pose problème pour la cohésion sociale, la crise écologique doit être prise en compte, l’éducation, la santé, la recherche ou la culture ne doivent pas être confiées au marché, la défense de la laïcité est impérative, les dirigeants du parti socialiste doivent dire « nous » plutôt que « je », le parti socialiste doit avoir plus de liens avec les syndicats, associations… et il doit gagner la bataille des idées, le congrès ne doit pas désigner un(e) présidentiable.

Tous sont d’accord pour dire que le PS a perdu parce qu’il n’a pas été capable de proposer une vision de la société cohérente et porteuse d’espoir. Il a perdu le goût du travail collectif au profit des « écuries ». A plusieurs reprises, la transformation des militants en « supporters » est dénoncée. Le PS ne doit pas non plus devenir un parti d’élus locaux, cantonné à la gestion locale et incapable d’accéder au pouvoir national.

Selon Marylise Lebranchu, la gauche doit retrouver son « hégémonie culturelle », cette capacité à dominer par ses thèmes le champ politique. Selon elle, « ce que le candidat Sarkozy a accompli mérite d’être souligné. Au terme d’un pilonnage quotidien, il est parvenu, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, à rompre avec l’équation qui faisait de la contestation des thèmes mitterrandiens une régression. Aussitôt, la préservation des limites posées par la gauche est devenue conservatisme : ce sont les rentiers, les fraudeurs du fisc qui ont soudain incarné, aux yeux des Français, le camp du mouvement, de la liberté et du progrès! »

Aucune contribution ne s’affirme ouvertement « moderne » (tendance Manuel Valls), sauf peut-être celles de Gaëtan Gorce et de Gérard Collomb (La ligne claire) qui décrit les changements du monde à grand renforts de chiffres et statistiques, sans pour autant donner de beaucoup de solutions concrètes…
La ligne claire « Et ils ne trouveront de crédibilité que s’ils opèrent une véritable révolution culturelle, notamment par rapport au monde de l’entreprise. »
« Cela doit au contraire nous amener à inventer des solutions à partir des changements de notre société depuis l'origine de notre État Providence, devenu obsolète. »

Bertrand Delanoë tacle les « modernes » dès le début : « L’immobilisme est un fléau, mais l’ingratitude est un leurre : on ne révèle pas sa modernité en se contentant de dénigrer son propre héritage. »
Henri Emmanuelli le rejoint : « Les clivages opposeraient les « modernes » aux « archaïques ». Comme si la modernité se résumait à la soumission docile aux modèles dominants imposés par ceux qui en bénéficient et l’archaïsme s’incarnait dans l’espoir d’une réduction des inégalités. La modernité ne peut être entendue comme l’acceptation d’un libéralisme aujourd’hui dépassé. »

A suivre...
PP

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