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11 septembre 2008

Fanny et Freddy

Rassurez-vous, il ne s’agit pas d’un remake de Bonny & Clyde (quoique…).

Derrière ces deux prénoms se cachent deux institutions financières américaines : Fanny Mae et Freddy Mac. Elles sont les plus gros acteurs sur le marché de la titrisation des prêts immobiliers. Sans rentrer dans les détails, ce procédé consiste à « couper en morceaux » des prêts bancaires rachetés à des banques et à les revendre à d’autres acteurs financiers, via l’émission d’obligations. Cela permet aux banques de se débarrasser du risque que constituent les prêts à des ménages peu solvables. C’est l’emballement de ce mécanisme qui est à l’origine de la crise financière apparue à l’été 2007.

Compte tenu des difficultés du secteur immobilier, on est en droit de douter de la qualité des obligations détenues par Fanny et Freddy, à hauteur de 5200 …milliards de dollars. La sanction en Bourse ne s’est d’ailleurs pas fait attendre : en huit mois le cours de leurs actions a baissé de plus de 80%. Dans ces conditions, difficile de lever des fonds sur les marchés financiers.

Qu’à cela ne tienne ! Le secrétaire du Trésor, Henry Paulson, a annoncé que le gouvernement fédéral américain allait procéder à la nationalisation des deux institutions, moyennant l’injection de 200 milliards de dollars. Bien sûr, cela n’est que provisoire…Dès que Fanny et Feddy iront mieux, elles seront à nouveau privatisées afin « qu’elles ne pèsent plus sur la feuille d’impôt des contribuables ». Rien de nouveau sous le soleil : on nationalise les pertes et on privatise les bénéfices !

L’économiste américain Paul Krugman fait remarquer sur son blog qu’il s’agit en fait d’une « déprivatisation » plus que d’une nationalisation. En effet, à l’origine, Fanny Mae était une institution publique. Elle a été privatisée, puis Freddy Mac a été créé pour assurer la concurrence, forcément saine et bénéfique pour tous. Aujourd’hui, on voit le brillant résultat de cette concurrence.

Privatiser / nationaliser / re-privatiser : comme disait mon grand-père : « Faire et défaire, c’est toujours travailler » !!

Combien d’exemples de ce type faudra-t-il encore pour remettre définitivement en cause les croyances en la toute puissance des marchés et de la concurrence ? N’est-ce pas le moment de réaffirmer que la politique et l’intérêt général doivent reprendre le contrôle sur l’économie et la finance ?

PP

08:34 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Finance, Crise, Libéralisation, Immobilier, Etats-Unis, Chine | | |  Facebook | | |

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