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06 octobre 2008

Sarkozy au (mini-)sommet de son art !

Décidément, notre Président est incorrigible ! Dès qu’il y a une fenêtre de tir pour se pousser du col, il ne rate pas l’occasion !
Samedi 4 octobre, il a convié Angela Merkel, Gordon Brown, Silvio Berlusconi, José-Manuel Barroso (président de la Commission Européenne), Jean-Claude Junker (président de l’Euro-groupe) et Jean-Claude Trichet (président de la BCE) pour un « mini-sommet » (un sommet à talonnettes, en quelque sorte !).
L’objectif : affirmer l’engagement de l’Union Européenne pour enrayer la crise financière.
Oui, mais alors, pourquoi réunir seulement quatre dirigeants et pas 27 ?
Certaines banques espagnoles, notamment, connaissent de grandes difficultés. On laisse les espagnols se débrouiller ?

Le ministre espagnol de l'Economie, Pedro Solbes, a estimé que la solution à la crise devait être « européenne » et non « nationale ». Autre son de cloche chez Angela Merkel pour qui chaque pays doit « prendre ses responsabilités au niveau national » mais sans porter atteinte aux intérêts des autres Etats européens.
Le ministre portugais des Finances, Fernando Teixeira dos Santos, a pour sa part demandé que les conclusions du mini-sommet de Paris soient débattues par tous les Etats membres de l'Union européenne.
L’unité européenne est bien partie !

Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'UE, a par ailleurs jugé que « la Commission européenne devrait faire preuve de flexibilité dans l'application des règles en matière d'aide d'Etat aux entreprises, comme dans les principes du marché unique ». Le président français a aussi relevé que « l'application du pacte de stabilité » (qui prévoit des critères stricts de dette et de déficit pour les pays de la zone euro), « devrait refléter les circonstances exceptionnelles dans lesquelles nous nous trouvons ». Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a, quant à lui, affirmé que le pacte devait être respecté « dans son intégralité ».
L’unité, on vous dit !

Mais au fait, quelles mesures concrètes ont été vraiment décidées, au-delà des incantations habituelles sur la « coordination », la « confiance », l'organisation d'un sommet international sur la crise « le plus tôt possible »? Alors là, attention les yeux :
1) la modification des règles comptables des banques européennes
2) Un plan de 31,5 milliards d’€ pour les PME
3) L’engagement solennel de soutenir les établissements financiers en difficulté.

Au fait 31,5 milliards, c’est moins de 0,2% du PÏB de l’Union Européenne ! Les PME sont sauvées…

Infos glanées dans « Aujourd’hui en France » du 4 octobre (le jour du mini-sommet) :
* Peugeot Motocycles va supprimer 250 emplois sur 1050
* Sony va fermer son usine de Pontonx dans les Landes
* Fermeture du site de Toul de Michelin : 826 suppressions d’emplois
* Noyon Dentelle qui emploie 450 salariés à Calais est en redressement judiciaire, suite à une baisse des commandes en provenance d’Europe et des Etats-Unis

PP

08:27 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : finance, crise, libéralisation, sarkozy | | |  Facebook | | |

Commentaires

En voyant la liste des participants à ce "minisommet", on ne pouvait que craindre le pire... enfin, non, même pas, car on savait pertinemment que cela ne donnerait rien. Quand les néolibéraux essaient de (mal) rafistoler un système pourri jusqu'à l'os, quel résultat attendre ? Sarko-Berlu-Barroso-Trichet etc... : la diagonale des fous !

Écrit par : patrick | 06 octobre 2008

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