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15 octobre 2008

Mauvais film…

Après l’annonce du plan de sauvetage du système bancaire européen, reposant sur des garanties de prêts et d’éventuelles prises de participation dans le capital des banques, j’ai eu le sentiment d’assister à la fin d’un mauvais film à suspens. Je m’explique : certains de ces films sont particulièrement haletants, mais se termine « en queue de poisson », comme on dit couramment. C’est un peu cela qui s’est passé, selon moi, avec la crise financière. En effet, plus personne ne parle d’un nouveau « Bretton Woods », d’une refondation du capitalisme… alors que ces annonces avaient suscité beaucoup d’espoir parmi ceux qui pensent que le système actuel est en bout de course.

Dans le plan européen, comme dans le plan américain, les principales remises en cause du système concerne les rémunérations des dirigeants. C’est sans doute nécessaire, mais sûrement pas suffisant. Cela a sans doute l’avantage de pointer du doigt les soi-disant « coupables ».

Les éventuelles prises de participation se feront (aux Etats-Unis au moins) en souscrivant des actions préférentielles (sans droit de vote) rapportant un dividende de 5% l'an pendant cinq ans, et de 9% au-delà, l'idée étant qu'un taux aussi élevé pousse les banques à racheter les parts de l'Etat, comme elles en ont le droit à tout moment. Gordon Brown, je crois, a indiqué que cette affaire « rapporterait de l’argent à l’Etat ». Autant dire qu’une fois que les choses auront repris leur cours (c’est le cas de le dire), les Etats s’empresseront de revendre leurs participations.

Je crains que les dirigeants aient d’ores et déjà renoncé, malgré leurs gesticulations, à ouvrir la boîte noire de la finance libéralisée. Pourtant, aujourd’hui, le rapport de force est clairement en leur faveur : ils ont en effet la possibilité de mobiliser la garantie de l’Etat, dernier recours contre les dérives du marché. Quand le gros de la tempête sera passé, il sera trop tard : la grande « machine à bulle » repartira de plus belle…jusqu’à la prochaine crise.

Pourtant, à l’heure où j’écris ces lignes, à Wall Street l’indice Dow Jones est à nouveau en baisse d’environ 1%, après l’envolée historique d’hier et le Nasdaq perd quant à lui environ 2%. Les investisseurs, rassurés sur le système bancaire, sont à présents inquiets de « l’économie réelle » et notamment de la récession dans la plupart des pays développés.
En France, François Fillon n’a-t-il pas indiqué qu’il n’excluait pas de renforcer les « contrats aidés » ? En d’autres termes, l’Etat va encore devoir mettre la main à la poche pour relancer la demande et la croissance, afin de rassurer ces chers investisseurs !

PP

00:32 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : finance, crise, libéralisation | | |  Facebook | | |

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