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24 octobre 2008

650 milliards d’Euros…

C’est, semble-t-il, ce que l’Etat français met sur la table pour lutter contre la crise financière et la crise économique qui en découle.
Cela représente environ 35% du PIB, la richesse produite en un an par l’économie française. C’est donc considérable ! Mais regardons ça d’un peu plus près…

Sur ces 650 milliards, près de la moitié (320 milliards) sont « virtuels » car ils doivent servir à garantir des prêts interbancaires. Pour cela, l’Etat a créé, le 17 octobre, la SFFE (Société Française de Financement de l’Economie), dirigée par Michel Camdessus, ancien directeur du FMI. Il s’agit d’une société par actions détenue à 66% par sept grandes banques françaises (BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale, les Caisses d'épargne, Crédit mutuel, Banques Populaires et HSBC France) et à 34% par l'Etat.
Sa mission est de lever des fonds garantis par l'Etat sur le marché et d'offrir aux banques la liquidité dont elles auraient besoin. Le plan gouvernemental prévoit que chaque banque bénéficiaire signera avec l'Etat une convention par laquelle elle s'engage à financer l'économie, via des crédits aux ménages, aux entreprises, notamment aux PME et aux collectivités locales.
Premier souci : cette société est détenue majoritairement par…les banques qu’elle est censée sauver !
Deuxième souci : cette société ne se contente pas de garantir des prêts interbancaires, elle joue le rôle d’une banque centrale en fournissant des liquidités aux banques. Mais alors qu’une banque centrale peut créer de la monnaie « ex nihilo », la SFFE sera obligée d’emprunter sur les marchés financiers…De plus, ce ne sont pas les liquidités qui manquent, mais la confiance entre les banques, qui refusent de se prêter.
Troisième souci : qui sera chargé de surveiller l’application des conventions signées par les établissements bancaires ? La SFFE, donc les banques elles-mêmes ?

La Société de prise de participation de l'Etat (SPPE), nouvellement créée et contrôlée à 100% par l'Etat, apportera 40 milliards aux banques, sous forme de fonds propres, afin d’améliorer leur ratio de solvabilité. Elle vient d'injecter 10,5 milliards au profit de six banques en se portant acquéreur de titres de dette subordonnée de ces établissements. L’Etat ne rentre pas à proprement parler au capital des banques et n’a donc pas son mot à dire dans leur gestion…En revanche, il devra s’endetter pour financer ces 40 milliards !

Il y a aussi 175 milliards pour le financement de l’économie…sur trois ans. D’où vient cet argent ? C’est un peu la « Foire-fouille » : des crédits budgétaires déjà existants, de l’argent provenant des collectivités locales, des fonds privés…On aimerait un peu plus de précisions !

N’oublions pas la création d’un « fonds d’investissement » ou « fonds souverain » de 100 milliards d’euros. D’ordinaire, les fonds souverains sont destinés à placer les excédents de ressources des Etats (revenus du pétrole pour les pays du Golfe Persique ou …la Norvège, excédent de devises pour la Chine). Or que contiendra le fonds souverain français ? Un emprunt contracté par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) ! C’est rassurant !

Enfin, la CDC et Oséo fourniront 22 milliard au PME sous forme de prêts. Pour emprunter, encore faut-il avoir des débouchés et aussi confiance dans l’avenir.

Une fois de plus, ce plan semble le fruit d’un bricolage à la va-vite. Censé officialiser le retour de l’Etat, il est annoncé par quelqu’un (Nicolas Sarkozy) qui a passé le plus clair de son temps à vouloir en réduire le rôle et l’importance ! D’autant plus que, pendant ce temps, François Fillon et Claude Guéant confirment que les réformes doivent se poursuivre. Dérégulation du marché du travail, pression sur les chômeurs, affaiblissement des protections collectives…autant de mesures qui amplifieront les conséquences de la crise pour les plus fragiles.

PP

Commentaires

En ce funeste anniversaire du Jeudi Noir de 1929. Le jour où la panique gagna les bourses de New York. Je préfère me rappeler de l'homme de la situation, Franklin Delano Roosevelt avec son New Deal puis son Bretton Woods.

Aujourd'hui, une fois encore, nous avons pu s'apercevoir que la crise n'est pas derrière nous. Nous sommes en plein dedans. La destruction de l'économie réelle s'accélère. Et avec les plans fous de renflouement du système, le risque d'une crise d'HYPERINFLATION augmente chaque jour! L’existence même des nations est mise en cause !

Hier, devant un parterre de dirigeants de Hedge Fund, Nouriel Roubini déclare que le pire est à venir.

La solution aujourd'hui! Dire stop à la folie de la tyrannie financière avec un VRAI Nouveau Bretton Woods!

Une bataille s'est engagée entre les dirigeants politiques autour du contenu du sommet sur la crise financière qui se tiendra le 15 novembre 2008 à Washington.

La population doit s'accaparer le débat! A toi la Parole!

David C.
david.cabas.over-blog.fr

Ecrit par : David C. | 25 octobre 2008

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