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26 octobre 2008

Nettoyage à SEC

Cette semaine, j’ai regardé la chaîne d’information continue américaine CNN.
Apparemment, on aurait trouvé un des responsables de la crise financière : la SEC.

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La SEC (Securities and Exchange Commission) est aux États-Unis l'organisme fédéral de réglementation et de contrôle des marchés financiers. C'est en quelque sorte le « gendarme de la Bourse » américain, avec un rôle comparable à celui de l'AMF (Autorité des Marchés Financiers) en France.
Ainsi, ce serait son laxisme en matière de contrôle qui serait à l’origine de la débâcle des marchés financiers américains.


Ces accusations s’inscrivent dans le cadre d’une véritable « contre-offensive » des libéraux pour rejeter sur les structures publiques la responsabilité de la crise financière. Dans le même ordre d'idées, les gouvernements américains successifs auraient encouragé Fanny Mae et Freddy Mac (les deux organismes de refinancement de prêts immobiliers) à privilégier l'augmentation du taux de propriétaires de logement parmi les populations à faible revenu, et notamment les minorités. La poursuite de cet objectif aurait contraint ces deux institutions à refinancer massivement des prêts « subprime » à hauteur de 2500 milliards de dollars, alors que leurs fonds propres ne le leur permettaient pas.

Soit, admettons. Admettons que les organismes publics, structurellement incompétents puisque publics, se soient avérés être des « pousse-au-crime ». Dans ce cas, les institutions financières privées, essentiellement efficaces puisque privées, auraient dû détecter rapidement les risques potentiels et ne pas se laisser entraîner dans cette impasse. Soyons sérieux, c’est bien la logique dérégulatrice de ces dernières années qui est à l’origine de la crise. A l’époque, le marché était censé résoudre tous les problèmes. Il y a quelques mois encore, que n’aurait-on entendu si la SEC avait envisagé d’interdire la vente à découvert ! Ceux qui aujourd’hui critique son laxisme se seraient lamentés que « l’on bride le dynamisme des marchés »…

Ce qui en cause également, c’est le phénomène des « revolving doors » (portes tournantes). Ces portes tournantes, qui se trouvent à l’entrée des immeubles, sont le symbole de cette pratique qui consiste pour un individu de passer allègrement d’un poste à responsabilité dans le privé (Henry Paulson, président de Goldman Sachs) à un poste à responsabilité dans le public (Henry Paulson, Secrétaire d’Etat au Trésor) dans le même domaine d’activité. Cela peut s’appeler « conflit d’intérêt ».
Cette pratique, largement répandue aux Etats-Unis (et ailleurs), contribue à ce que les organismes publics « internalisent, comme par osmose, les intérêts et la perception de la réalité des intérêts particuliers qu’ils sont censés surveiller et réguler », comme le remarque l’économiste britannique William Buiter.

Je pense qu’il est impératif de réfléchir à des mécanismes visant à empêcher ce genre de pratiques. En la matière, on ne peut pas s’en remettre à la « morale » ou à « l’éthique ».

PP

08:33 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : finance, crise, libéralisation | | |  Facebook | | |

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