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01 novembre 2008

A la niche !

En 2008, le montant théorique de l’impôt sur le revenu était de 99,9 milliards d’€. En réalité, seuls 60,5 milliards seront encaissés…Où est donc passée la différence, soit 39,4 milliards d’€ (l’équivalent de ce que l’Etat va injecter dans le capital des banques) ? Dans les niches fiscales !
Ces niches fiscales (défiscalisation de l’assurance-vie, dons aux œuvres, emplois familiaux, loi Robien,…) bénéficient majoritairement aux contribuables les plus aisés et engendrent une véritable « régressivité » de l’impôt sur le revenu. Ainsi, le taux d’imposition moyen des 5000 contribuables les plus riches est de 36%, celui des 1000 plus riches de 35%, celui des 100 plus riches de 32,5% et celui des 10 plus riches est de…24%.
N’oublions pas que les niches fiscales se conjuguent au bouclier fiscal et aux réformes successives du barème de l’impôt qui ont vu le taux marginal passer de 65% à 40 %, mais c’est une autre histoire.

Pour revenir à ces histoires de niches fiscales, quelques précisions utiles fournies par un article des Echos du 28 octobre :

Parmi les quelque 500.000 foyers ayant déclaré plus de 100.000 euros de revenus l'an dernier, 7.000 n'étaient pas imposables en 2007.

Pour débattre, les 17 et 18 novembre prochain, du plafonnement des niches fiscales dans le cadre du budget 2009, les parlementaires vont pouvoir s'appuyer sur de nouveaux chiffres.
Selon les données 2007 de l'impôt sur le revenu (IR) publiées hier par le ministère de l'Economie, il apparaît que 7.076 contribuables disposant pourtant d'un revenu fiscal de référence de plus de 97.500 euros n'ont acquitté, l'an dernier, aucun impôt sur le revenu. Si cela ne représente que 1,4 % des foyers fiscaux disposant de hauts revenus, le nombre de non-imposables aisés progresse chaque année. En 2006, parmi ceux déclarant un revenu fiscal de plus de 78.000 euros, ils n'étaient que 5.100 foyers à être non imposables. En 2005, ils n'étaient que 3.500. Sur des revenus plus larges mais comparables sur l'ensemble de la période, l'évolution est encore plus flagrante : parmi les foyers déclarant 39.000 euros et plus, ils étaient 110.000 non imposables l'an dernier, contre seulement 43.500 en 2006 et 35.500 en 2005.
Cette progression tient à plusieurs facteurs. La dernière réforme du barème de l'impôt sur le revenu y est pour beaucoup.

Depuis l'an dernier, elle a allégé l'imposition de tous les contribuables, notamment des plus aisés. S'y ajoute l'effet des niches fiscales, dont la liste est allongée régulièrement par le Parlement. Or celles-ci bénéficient, on le sait, à un très petit nombre de Français. Plus précisément : ceux qui y ont le plus recours pour réduire, voire supprimer, leur impôt sont aussi les plus aisés.
Dans son rapport publié en juin sur le sujet, la commission des Finances de l'Assemblée nationale a pointé des chiffres étonnants. Les 100 contribuables allégeant le plus leur charge fiscale au moyen des niches font chacun une économie moyenne de 1,13 million d'euros et les 1.000 premiers économisent en moyenne 295.880 euros d'impôt.
S'agissant des investissements défiscalisés dans les DOM-TOM, la concentration est là aussi très forte. Si le Parlement avalise le plafond ultramarin proposé par le gouvernement dans son projet de budget pour 2009, un peu plus de 1.000 contribuables seraient touchés de manière importante (en voyant leur impôt augmenter de plus de 50.000 euros) et 29 d'entre eux verraient leur impôt augmenter de plus de 500.000 euros.
De même le bouclier fiscal profite-t-il à très peu de foyers. En 2007 (avec un bouclier fiscal à 60 % des revenus), ils ont été 671 à engranger 68 % des sommes remboursées par le fisc, soit une moyenne par tête de 231.900 euros, alors que leur patrimoine dépassait 15,5 millions d'euros. Dans cette catégorie de population, 13 foyers ont réussi à ramener leur revenu imposable à moins de 3.763 euros. Enfin, au premier trimestre 2008 (avec un bouclier à 50 %), 1.291 personnes se sont vu restituer une moyenne de 47.000 euros.
Les chiffres diffusés hier écornent le principe de progressivité associée à l'IR (l'imposition augmente plus vite que la richesse). Mais l'impôt sur le revenu n'en reste pas moins très concentré : l'an dernier, le 1,5 % de foyers aux plus hauts revenus ont acquitté plus de 41 % de la recette d'IR.


PP

07:59 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : impôts, fiscalité, inégalités | | |  Facebook | | |

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