Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

04 novembre 2008

Pendant la crise, les travaux continuent

Alors que Nicolas Sarkozy clame sur tous les tons qu’il faut en finir avec « l’idéologie de la dictature des marchés », qu’il faut « refonder le capitalisme »…il persiste à appliquer en France la logique dérégulatrice des ultra-libéraux qu'il fustige. Le penseur du capitalisme du XXIéme siècle a gardé sa vieille boîte à outils des années 1990 !

La semaine dernière, Luc Chatel (Secrétaire d’Etat à l’Industrie) annonçait le souhait du gouvernement de faire « avancer » le dossier du travail du dimanche.
Cette semaine, c’est au tour des députés de la majorité de voter un amendement à la loi de financement de la Sécu, autorisant le travail jusqu’à…70 ans.
Avant cela, il y avait eu l’introduction de la possibilité de négocier individuellement le temps de travail et d’introduire le « forfait jour » à un plus grand nombre de salariés.

A chaque fois, Frédéric Lefebvre, la triple buse qui fait office de porte-parole de l’UMP vient nous annoncer, la bouche en cœur, que c’est pour « donner plus de liberté aux salariés » ! Bien sûr !

Dans un contexte de remontée massive du chômage, de recrudescence des délocalisations et alors que rien n’est fait pour endiguer la montée des « formes atypiques d’emplois » (CDD, Interim, Temps partiel…), quelle liberté peuvent avoir les salariés ? Alors même que l’augmentation de la durée de cotisation aura pour effet de réduire le niveau des pensions, les salariés auront-ils d’autres choix que d’accepter des petits jobs jusqu’à 70 ans, comme c’est le cas dans les pays anglo-saxons ?

Pour conclure, je citerais les propos du candidat démocrate à l’élection présidentielle des Etats-Unis :
« Pour beaucoup trop d’entre nous, l’égalité politique que nous avions su conquérir a perdu sa signification face aux inégalités économiques. Un petit groupe a concentré entre ses mains une domination quasi-totale sur les biens des autres, sur l’argent des autres, sur le travail des autres, sur la vie des autres. Pour beaucoup trop d’entre nous, la vie n’est plus libre, la liberté n’est plus réelle. »
C’était en juin…1936 et le candidat s’appelait Franklin Delano Roosevelt.

Autres temps, autres mœurs, me direz-vous ? J’aurais plutôt tendance à dire que les mêmes causes produisent les mêmes effets, même si je dois une nouvelle fois passer pour un archaïque. Qualificatif que, finalement, j’assume tout à fait quand je vois où nous ont conduit les brillantes idées des « modernes » !

PP

19:07 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : finance, crise, libéralisation, sarkozy, inégalités, salaires | | |  Facebook | | |

Les commentaires sont fermés.