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07 novembre 2008

Lawrence Summers et les crève-la-faim

M. Paulson a dit jeudi qu'il voulait une transition « douce et efficace » avec l'équipe de Barack Obama, « dans l'intérêt des marchés financiers ». Et, c’est bien connu, l’intérêt des marchés financiers correspond en tous points avec l’intérêt des américains !

Barack Obama pourrait annoncer prochainement les noms de certaines personnalités de premier plan de sa future administration, comme ceux du secrétaire au Trésor et du secrétaire d'Etat. Parmi les candidats dont les noms circulent pour le poste de secrétaire au Trésor, figurent ceux de Lawrence H. Summers, 54 ans, qui occupa le poste durant les dix-huit derniers mois du second mandat Clinton

Ce même Lawrence Summers a fait, il y a quelques années, la déclaration suivante :
« Les pays sous-peuplés d’Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l’air y est d’un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles ou Mexico [...] Il faut encourager une migration plus importante des industries polluantes vers les pays les moins avancés [...] et se préoccuper davantage d’un facteur aggravant les risques d’un cancer de la prostate dans un pays où les gens vivent assez vieux pour avoir cette maladie, que dans un autre pays où deux cents enfants sur mille meurent avant d’avoir l’âge de cinq ans. [.] Le calcul du coût d’une pollution dangereuse pour la santé dépend des profits absorbés par l’accroissement de la morbidité et de la mortalité. De ce point de vue, une certaine dose de pollution devrait exister dans les pays où ce coût est le plus faible, autrement dit où les salaires sont les plus bas. Je pense que la logique économique qui veut que des masses de déchets toxiques soient déversées là où les salaires sont les plus faibles est imparable. »
En gros, les pauvres peuvent crever, puisque leur contribution à l’économie est négligeable !

Mr Summers est professeur d’économie. Il semble avoir oublié que l’économie est avant tout une science sociale et ne se réduit pas à de froids calculs d’optimum sous contraintes.

Apparemment Barack Obama souhaiterait gouverner avec des démocrates ET des républicains, mais avec des démocrates comme Lawrence Summers, pas besoin de républicains !

La traduction de « Yes, we can » serait-elle « Ensemble, tout est possible » ?
Je n’ose y croire.

Frédéric Lefebre, le pin's parlant de l'UMP, n'a-t-il pas affirmé que Obama et Sarkozy défendaient les mêmes valeurs de rupture alors que le PS s'apparentait à McCain, en raison de son conservatisme. Mais Frédéric Lefebvre ose tout, c'est même à ça qu'on le reconnaît !

Plus sérieusement, Barack Obama, s'il ne veut pas créer une déception à la hauteur de l'espoir qu'il a suscité, doit être particulièrement exigeant quant à la constitution de son équipe. Elle doit incarner le changement qu'il a su proposer aux américains et au monde.

PP

15:54 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | |

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