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13 novembre 2008

Pour un PS vraiment à gauche

Dès le lendemain du vote des militants, Ségolène Royal affirmait sur France Inter que le résultat lui donnait une « légitimité » pour conduire le rassemblement nécessaire à la définition d’une majorité. Mais, que je sache, 29% ce n’est pas 51%.
Hier, sur TF1, elle nous a fait part de son « envie » de devenir premier secrétaire…
Ces atermoiements ne font que renforcer l’aspect psychodramatique de cet avant-congrès. C’est d’autant plus surprenant de la part de celle qui se gaussait du comportement de François Bayrou à son égard entre les deux tours de la présidentielle. Sur un registre tellement élégant, d’ailleurs (« un amant qui aurait peur de la panne »).

Puisque ce congrès doit être celui de la clarification, est-ce que la clarification ce n’est pas tout d’abord de dire « Oui, je me présente » ?Sauf erreur de ma part, le seul à avoir, à ce jour, présenté sa candidature est Benoît Hamon. N’est-ce pas cela l’essence même du combat politique ? Aller aux devants des électeurs (en l’occurrence les militants socialistes) avec un projet clair, sans ambiguïté sur des sujets importants : la réaffirmation de la puissance publique, la revalorisation des salaires, la justice fiscale, la refondation de l’Europe sur des valeurs sociales, la clarté de la stratégie d’alliance…
A ce propos, comme le souligne Henri Emmanuelli, il ne faut pas oublier que l’on aurait pu se réveiller avec François Bayrou comme premier ministre de la présidente Ségolène Royal. Or François Bayrou est le dirigeant d’un parti dont le numéro deux, Jean Peyrelevade, estime que les entreprises françaises ne sont pas compétitives car elles sont « écrasées par les charges » (France Inter le 16 septembre 2008). De plus, les dirigeants du Modem sont passés maîtres dans l’art de brandir l’épouvantail de la dette publique pour décrédibiliser le rôle de la puissance publique.

Ce congrès doit être celui de la rénovation. Dans son intervention sur TF1, Ségolène Royal a cité deux noms : Vincent Peillon et Manuel Valls. Est-ce bien celui qui déclarait au Figaro le 28 avril 2008 : « «Parti socialiste, c'est daté. Ça ne signifie plus rien. Le socialisme, ça a été une merveilleuse idée, une splendide utopie. Mais c'était une utopie inventée contre le capitalisme du XIXe siècle !»
Aujourd’hui, il est signataire de la motion de Ségolène Royal … « Fiers d’être socialistes » !
Entretemps, la crise financière a sans doute imposé à Mr Valls, et à d’autres, une révision à 180° de leur jugement. Quoiqu’il en soit, le PS ne peut être efficace avec de tels contorsionnistes de la conviction, des équilibristes de l’engagement… J’en reste là avant devenir vraiment désobligeant.

Concernant l’organisation du parti, Ségolène Royal veut un parti « décentralisé ». Cela ne fera que renforcer le côté « féodal » du parti en avalisant la puissance des « barons » locaux. On sait très bien que nombre de militants n’ont pas voté sur les motions mais en fonction de ceux qui les soutiennent au niveau local. Un parti politique doit avoir pour vocation de proposer un projet de société et, de ce fait, ne doit pas être une juxtaposition de potentats locaux attachés à défendre leur fief.
Je ne reviens pas sur cette idée purement clientéliste de « rembourser » les cotisations pour ceux qui auraient des difficultés financières…

Enfin, dans la motion défendue par Ségolène Royal, il est écrit qu’il faut que les socialistes « opèrent une véritable révolution culturelle, notamment par rapport au monde de l’entreprise ». Il est sans doute plus urgent de réconcilier les entreprises avec l’intérêt général…

L’intérêt des socialistes, mais aussi et surtout de l’ensemble des français, c’est que le Parti Socialiste incarne vraiment la « gauche décomplexée », qui n’hésite pas à s’opposer frontalement et radicalement à la droite néoconservatrice qu’incarnent Sarkozy et l’UMP.
S’opposer, mais aussi proposer un projet alternatif ancré à gauche, fondé sur les valeurs de solidarité et de justice sociale, qui sont les nôtres et dont nous devons être fiers.

Je crois que Benoît Hamon peut largement contribuer à mener ce projet à bien.

PP

23:17 Publié dans Actualités, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | |

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