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28 novembre 2008
Chacun pour soi...
Renault va distribuer 1 milliards d’€ de dividendes à ses actionnaires. Dans le même temps, cette entreprise s’apprête à supprimer 4000 emplois…
Le groupe néerlandais Unilever a décidé de fermer quatre des cinq sites bourguignons de la société Amora : 265 salariés sur le carreau. La production sera désormais réalisée en Espagne et en Tchéquie. La société Amora réalisait pourtant un bénéfice annuel de 25 millions d’€.
On pourrait sûrement multiplier les exemples de ce type.
On va me dire : « Tu n’y comprends rien ! Ces entreprises anticipent les difficultés futures. Si elles ne licencient pas maintenant, elles seront confrontées, plus tard, à des difficultés beaucoup plus graves. »
Soit…mais en pratiquant ainsi, ces entreprises ne précipitent-elles pas l’apparition et la persistance des difficultés qu’elles prétendent éviter ? En effet, en licenciant à tour de bras, en pratiquant massivement le chômage partiel (pardon « l’activité partielle », comme dirait Nicolas Sarkozy), elles installent une spirale d’incertitude chez l’ensemble des salariés. Or, n’oublions pas que les salariés sont aussi les …clients (directs ou indirects) de ces mêmes entreprises !
On a l’impression que deux mondes coexistent de façon indépendante : les entreprises et les hommes. Et il faudrait donc en priorité sauver les entreprises, au risque de les voir « mourir guéries » si leurs clients ne sont plus solvables !
De plus, ces vagues de licenciements ont pour conséquence de « charger la barque » de la solidarité nationale, via l’augmentation des allocations chômage et la baisse des cotisations…
D’autant plus que les ressources de cette solidarité ont été largement amputées par le paquet fiscal et par les réformes successives de l’impôt sur le revenu.
On peut aussi ajouter à ce « paquet » les 30000 suppressions de postes de fonctionnaire, la diminution des emplois aidés, la baisse du budget du logement…
Pour l’anecdote, on peut noter ce quasi-miracle : Eric Woerth, ministre du budget, a reconnu que favoriser les heures supplémentaires n’était pas « une solution en soi à la crise ». Alléluia ! Il a été touché par la grâce !
Ne faudrait-il pas contraindre les entreprises (et notamment les plus grandes) à « faire le dos rond » pendant la crise ? En d’autres termes à conditionner les aides publiques au maintien de l’emploi. Et pourquoi pas interdire le versement de dividendes pendant une période limitée et de consacrer ces dividendes pour partie à l’investissement et pour partie à des revalorisations salariales ? Utopique, me direz-vous ? Le gouvernement fédéral vient d’interdire à la banque Citigroup le versement de dividendes de plus d’un cent par action et par trimestre (jusqu’à présent, elle en versait plus de 16).
Pour mémoire, en 1997, le montant des dividendes versés par les sociétés françaises représentait moins de 75% des sommes consacrés à l’investissement. En 2007, les dividendes ont représenté …114% de l’investissement.
Il faudrait également instaurer une fiscalité puissamment redistributrice qui taxerait fortement les hauts revenus (au-delà de 300 000 € par an par exemple) pour financer des mesures de solidarité (et surtout d'insertion) en faveur des plus fragiles.
Mais bien sûr, pour être efficaces, ces mesures devraient être décidées à l’échelle européenne. Autant dire que ce n’est pas gagné ! Ainsi, par exemple, les constructeurs automobiles allemands ont convaincu Angela Merckel de remettre en cause la norme européenne qui fixait les émissions de CO2 à 120 g/km en 2012 (c’est désormais 130 g/km en 2015). Preuve que les grandes entreprises ont une conception toute particulière de l’intérêt général.
Il faudrait également un vrai plan de relance européen ambitieux, autre que la seule juxtaposition des plans nationaux.
Face à une crise globale, seule une solidarité globale peut être efficace.
PP
17:41 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : finance, crise, libéralisation, salaires, inégalités
25 novembre 2008
Retour à la normale
Ce billet referme la page "cuisine" socialiste !
Dès demain, je me consacre à nouveau à ce qui m'intéresse vraiment : essayer d'avoir une réflexion cohérente sur les sujets politiques, économiques et financiers.
Une analyse intéressante du vote des militants socialistes...

Le psychodrame socialiste passé au vitriol de Stéphane Guillon (on adore ou on déteste !)



PP
21:27 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Faut-il voter pour le secrétaire ?
Un commentaire intéressant d'un camarade de Sète (Michel) sur mon billet d'hier:
Personne ne remet en cause le système, parfaitement contradictoire, pour mettre en place la direction du Parti.
En effet il y a un vote à la proportionnelle qui désigne les membres du comité national et aussi des instances départementales et locales.
Puis après on choisit une personne pour être le premier secrétaire.
C'est une caricature de démocratie car c'est le conseil national qui prend les décisions et non pas le seul premier secrétaire dans son coin.
Ce problème ne s'est jamais posé avec Hollande qui a toujours réussi des synthèses molles qui nous ont conduite à la défaite aux présidentielles.
Il est indispensable de supprimer ce double vote, de maintenir celui sur les motions et de déléguer au congrès le choix de l'équipe dirigeante, avec toutefois une précision démocratique : à savoir que le congrès doit être celui des sections et non pas des appareils fédéraux.
Mais vouloir une vraie démocratie est-ce bien raisonnable ?
09:27 Publié dans Actualités, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24 novembre 2008
50 / 50
Le second tour de l’élection du premier secrétaire du PS s’est terminé sur le pire des scénarios : 50 / 50 (ou presque).
La question de l’avenir du PS est donc toujours entière.
Une « cohabitation » se dessine, quoiqu’il arrive, entre les partisans de Ségolène Royal et ceux de Martine Aubry. Autant dire que le climat ne sera pas propice à la réflexion de fond !
Manuel Valls a placé la barre très haut en matière de démesure dans les réactions, en se répandant dans les médias sur le thème : « On nous a volé cette victoire. Il y a eu de la fraude, de la tricherie ». Les « modernes » dans son genre ne perdent pas, on leur « vole la victoire », c’est bien connu !
Que n’a-t-il mis autant d’énergie à combattre la politique de la droite…
Des tricheries, il y en a eu, sûrement, mais je ne vois pas pourquoi elles iraient toutes dans le même sens (c’est-à-dire contre Ségolène Royal). Et puis, de là à parler de porter plainte pour « faux en écriture » comme l’a suggéré Manuel Valls. Vous allez dire que je m’acharne contre lui…mais c’est lui qui a commencé !
Comment faire pour aller de l’avant, pour refaire de la politique ? C’est la question que se posent tous les militants. Je ne pense pas qu’un nouveau vote apaise les tensions et règle quoique ce soit. La situation paraît vraiment bloquée.
Pour tout arranger, Georges Frêche, avec son sens habituel de la mesure, nous assène dans Midi Libre : « Il faut faire du PS un parti de supporters. Il faut inscrire les gens gratuitement. ».
Franchement, je ne me sens pas l’âme d’un supporter. Un parti politique doit-il être le fan-club de ses dirigeants ? Pour ma part, j’ai l’immodestie de penser que je peux, à mon niveau, contribuer à faire avancer les idées politiques que je crois justes. Une chose est sûre, je n’ai pas adhéré au PS pour agiter des pancartes pendant les meetings.
PP
18:32 Publié dans Actualités, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Pour l'amour de l'eau
La semaine dernière, Arte a diffusé un documentaire intitulé « Pour l'amour de l'eau ».
Il rappelle que l’eau sera un enjeu vital (au sens propre !) pour les années à venir.
Partout, la raréfaction de l'"or bleu" aiguise les appétits des multinationales (dont les sociétés Vivendi et Suez) pour s'emparer de l'eau au mépris de l'intérêt collectif. Un constat implacable, fruit d'une enquête planétaire de trois ans.
Qu'en est-il de la préservation, des réserves naturelles et de la distribution de l'eau dans les années à venir ? Durant trois ans, des États-Unis à l'Afrique du Sud en passant par le Rajasthan et la Bolivie, Irena Salina a interrogé scientifiques, militants écologistes, porte-parole d'entreprises ou simples citoyens pour dresser un constat alarmant. L'eau représente désormais la troisième industrie mondiale après le pétrole et l'électricité, mais son caractère vital et sa raréfaction accélérée vont en faire, à court terme, la première ressource potentielle de profits à la surface du globe.
Partout, y compris aux États-Unis, l'accès à l'eau potable est devenu problématique, et trente mille personnes meurent par jour dans le monde faute d'en bénéficier. Dans les bidonvilles des pays pauvres, la privatisation des réseaux, encouragée par la Banque mondiale - au profit notamment de deux multinationales françaises, Vivendi et Suez, et d'une britannique, Thames Water, les trois plus offensives en la matière - exclut un nombre croissant d'habitants, incapables de payer des factures qui ont augmenté brutalement. Et alors que l'"or bleu" excite de plus en plus ouvertement les convoitises, on découvre que le Conseil mondial de l'eau, créé officiellement pour arbitrer entre les intérêts contradictoires des États, des entreprises et des citoyens, est dirigé ouvertement par les représentants de Vivendi, Suez ou Veolia. Aux États-Unis, autre exemple, l'administration républicaine a refusé d'interdire le composant chimique nocif désormais proscrit en Europe, l'atrazine, que l'on retrouve, entre autres, dans l'eau du robinet. Quant à Nestlé et autres vendeurs d'eau en bouteille, ils se livrent à une compétition effrénée pour capter ce marché de plus en plus lucratif, quitte à saccager sources et rivières.
Plus de renseignements sur le site dédié à ce documentaire :
Quelques données sur l’eau
* 1,1 milliards d’êtres humains (sur un total de 6 milliards) n’ont pas accès à une eau potable.
* Un américain moyen utilise 570 litres d’eau par jour, alors qu’un habitant d’un pays en développement peut à peine en trouver 20.
* Les maladies liées à l’eau non potable tuent pus que les guerres.
* Une étude aux Etats-Unis à montré que sur 1000 bouteilles de 103 marques différentes, un tiers contenaient des produits chimiques synthétiques, des bactéries et de…l’arsenic.
* L’eau est une industrie qui pèse 400 milliards de dollars, la troisième derrière l’électricité et le pétrole.
* Les réserves d’eau en Californie sont estimées à ..20 ans.
* En Bolivie, un enfant sur 10 mourra avant l’âge de 5 ans, la plupart à cause d’un manque d’eau potable.
* Cela couterait 2 dollars par an et par personne pour fournir à chacun 10 litres d’eau potable par jour.
PP
08:11 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
22 novembre 2008
Productivité...
Une heure de travail salarié en France est environ deux fois plus chère en 2004 qu'en 1975, mais est aussi deux fois plus productive, de sorte que le coût salarial par unité produite a légèrement diminué en trente ans, selon une étude de l'Insee publiée mercredi.
Entre 1975 et 2004, le coût d'une heure de travail est passé en métropole de 13,10 à 28,70 € en € constants (de 2004) dans l'industrie, la construction, le commerce et les activités financières, soit 2,2 fois plus en moyenne que trente ans auparavant.
« La croissance du coût horaire a été très forte jusqu'au milieu des années 1980 et plus modérée par la suite », précise l'institut.
Si elle s'explique "en partie" par la hausse des salaires, cette hausse résulte aussi d'autres facteurs, notamment "la réduction du nombre d'heures travaillées, l'éclosion de l'épargne salariale, la hausse des charges pour les entreprises, ainsi que l'augmentation des qualifications de la main d'œuvre", note l'auteur de l'étude.
De 1975 à 1984, les salaires, les prix, les congés payés mais aussi le chômage ont augmenté, tirant ensemble à la hausse le coût horaire du travail (+5,5% par an).
Sur cette période, la forte croissance du salaire net réel a contribué pour près d'un tiers et la réduction du temps de travail (passage de la durée légale hebdomadaire à 39 heures en 1982 et instauration de la cinquième semaine de congés payés en 1982) pour un autre tiers à la croissance du coût horaire.
La montée en qualification a aussi pesé, la part des employés et des ouvriers dans l'emploi total ayant reculé à 72% en 1984 (-8 points en 10 ans).
L'augmentation des cotisations sociales salariales et patronales, liée à la très forte montée du chômage et au vieillissement de la population, a également joué dans la hausse du coût du travail de 1975 à 1984.
De 1984 à 1992, le coût d'une heure de travail n'a crû que de 1,2% par an. La hausse des salaires a été ralentie par la montée du chômage et la fin de leur indexation sur les prix. Ce sont surtout l'essor de l'épargne salariale et des cotisations salariales (introduction de la CSG en 1991, etc) ainsi que la montée en qualification accrue qui ont tiré le coût du travail à la hausse.
De 1992 à 2004, le coût horaire du travail a progressé de 1,8% par an.
Sur cette période, les cotisations sociales ont continué à augmenter, mais elles ont été compensées en moyenne pour les entreprises par des exonérations sur les bas salaires, qui ont réduit le coût du travail peu qualifié.
La durée du travail a diminué (35 heures), expliquant plus de la moitié de la hausse du coût horaire. Mais cette réduction du temps de travail s'est accompagnée d'une "modération salariale encore plus marquée, notamment à partir de 2000, ainsi que de gains de productivité et d'exonérations de cotisations visant à compenser la hausse des coûts pour les employeurs", note l'Insee.
Sur trente ans, la hausse du coût d'une heure de travail sur 30 ans a été "compensée par des gains de productivité de même ampleur", puisque la productivité horaire du travail a été multipliée par 2,3 entre 1975 et 2004, souligne l'étude.
"Le coût salarial par unité de valeur ajoutée produite a donc diminué de 5,5% en 30 ans", selon l'Insee.
Par secteurs d'activité, le coût d'une heure de travail salarié a crû "dans des proportions similaires" en 30 ans (+2,2% par an en euros constants dans le commerce, +2,6% dans l'industrie et dans le BTP), mais les gains de productivité ont été plus grands dans l'industrie (+3,8% par an) qu'ailleurs.
Cette étude montre donc deux choses :
* la perte de compétitivité de l'économie française ne provient pas d'une hausse des coûts salariaux. Les salariés français ne coûtent pas "trop chers".
* l'avenir de l'économie, c'est l'industrie, pas les services à la personne ou le commerce (même ouvert le dimanche)
PP
08:46 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : salaires, travail
21 novembre 2008
Second tour...
Je l’avoue, je croyais naïvement que Benoît Hamon parviendrait au second tour de l’élection du premier secrétaire du PS.
Je suis donc un peu déçu aujourd’hui… Doublement déçu même, dans la mesure où Ségolène Royal arrive en tête avec 43%.
En effet, sa posture de « victimisation », complaisamment relayée par les médias, a quelque chose de fondamentalement malsain. Lorsque l’on se met au premier plan, il faut accepter de prendre des coups, ce n'est pas nouveau. J’irais même plus loin, cette propension à ramener sans cesse le débat sur sa personne ne traduit-il pas une incapacité à se situer au niveau des idées ?
Bon j’arrête là, sinon on va me taxer de contribuer au « Tout sauf Ségolène » !
Au-delà de ces aspects personnels, j’ai du mal à cerner son concept de « changement » qu’elle brandit à chacune de ses interventions. Changement, pour aller où, pour faire quoi ?! Quel projet de société propose-t-elle ?
Enfin, je l’ai dit et je le répète : je suis défavorable au rapprochement avec le Modem. Cette éventualité contribue à brouiller le message du PS, car s’il s’agit de gouverner avec le Modem, n’oublions pas que son programme est d’essence libérale…
Le résultat d’hier marque donc le début d’un combat qui sera long et dur : ancrer le PS à gauche.« La route est droite, mais la pente est forte », comme disait un grand philosophe du Poitou-Charentes (région décidément pourvoyeuse de grands talents !).
La route est droite car il n’y a, selon moi, pas d’autre solution qu’un ancrage à gauche du PS, réel et assumé. Alors que la crise financière valide la pertinence de nos idées et la crédibilité de nos propositions, qualifiées il y a encore quelques mois « d’archaïques », il est plus que jamais nécessaire de réaffirmer notre volonté d’ancrer le PS à gauche, au quotidien, jour après jour. Il faut remettre le progrès social à l’ordre du jour, redonner espoir à tous ceux que des années renoncement ont convaincu que les choses ne pouvaient plus changer…bref refaire de la politique !
Mais la pente est forte, car il faudra éviter les écueils d’un changement « de façade », avec derrière le paravent d’une équipe de jeunes porte-paroles, les mêmes équipes à la manœuvre, engluées dans des débats artificiels et éloignés des préoccupations des classes populaires.
Quoiqu’il en soit, merci à Benoît Hamon d’avoir su redonner de l’espoir à nombre de militants et de sympathisants.
PP
12:42 Publié dans Actualités, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19 novembre 2008
Premier congrès
C’est mon premier congrès en tant que militant socialiste…et vivement qu’il se termine ! Il est grand temps que le parti se mette au travail.
Mais avant cela, il faut voter ce jeudi 20 novembre afin d’élire le (la) premier(e) secrétaire.
Si vous lisez un peu régulièrement ce blog, vous aurez compris que mon choix est fait !
Quelques arguments complémentaires pour justifier mon choix…
Dans l’attitude de Ségolène Royal, je n’aime pas cette tendance à disqualifier d’emblée ses opposants en laissant entendre que, s’ils s’opposent à elle, c’est qu’ils n’ont rien compris au « changement ».
Dans son « équipe renouvelée », elle met en avant Manuel Valls qui, il y a peu, affirmait (dans le Figaro) que le « socialisme est une idéologie dépassée ».
Elle se présente comme la candidate soutenue par les « militants de base », or elle fait une bonne partie de son score grâce à des fédérations particulièrement verrouillée comme l’Hérault (54%) ou les Bouches du Rhône (73%)
Enfin, lorsqu’elle prétend vouloir « rassembler tous les démocrates », on peut se demander ce qu’il y a derrière cette formule plutôt vague…Et ce n’est pas neutre en termes de choix politiques. En effet, s’agit-il de s’allier avec le Modem, qui sous une appellation ridicule et faussement moderne n’est autre que ce qui reste de l’UDF (le parti de Giscard !) ?
N’oublions pas que François Bayrou souhaitait inscrire dans la loi l’interdiction du déficit budgétaire et que Jean Peyrelevade (numéro 2 du Modem) estime que les entreprises françaises sont « écrasées par les charges ». De plus, les dirigeants du Modem sont passés maîtres dans l’art de brandir l’épouvantail de la dette publique pour décrédibiliser le rôle de la puissance publique.
Franchement, dans un pays où le salaire mensuel médian est de l’ordre de 1500 €, il n’y a pas trop de questions à se poser. Le Parti Socialiste doit tout d’abord s’adresser aux classes populaires et aux classes moyennes et les convaincre du bien-fondé et de la faisabilité de ses propositions en matière de salaire, de services publics, de protection sociale… Un parti socialiste clairement ancré à gauche est en mesure d’être majoritaire à lui seul, sans compromission, ni nécessité de s’afficher comme un parti « démocrate » à l’italienne. Dans un récent sondage paru dans Le Parisien, ce que les français attendent en premier lieu, c’est que le Parti Socialiste se rapproche des syndicats, des associations…et pas du Modem.
Le PS a besoin d’une vraie nouvelle équipe pour incarner et mettre en œuvre ces changements.
Sans verser dans le culte de la personnalité, je pense que Benoît Hamon est le mieux à même de porter ce nécessaire ancrage à gauche et d’incarner le renouvellement générationnel du parti.
PP
23:00 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
17 novembre 2008
Refondation…piège à cons
Les médias n’en ont pas beaucoup parlé, mais Henry Paulson a complètement revu les modalités du plan qui porte son nom. En effet, les 700 milliards de dollars initialement prévus pour racheter les actifs pourris des banques seront désormais utilisés pour prendre des participations à leur capital…C’est-à-dire les nationaliser ! De nombreux économistes, dont le prix Nobel Paul Krugman, avaient dès le début émis des doutes sur la pertinence des choix de l’administration Bush. Il leur semblait plus efficace de s’inspirer du plan de Gordon Brown qui prévoyait justement d’entrer au capital des banques.
C’est maintenant chose faite…Une question reste entière : pourquoi cette soudaine volte-face ?
Mais soyez tranquilles, tout va s’arranger ! L’UMP a remis son rapport, issu des « Ateliers du changement » et intitulé « Refonder le capitalisme ».
Bien sûr, ce travail a été piloté par l’homme-à-tout-faire de l’UMP, à savoir Frédéric Lefebvre. Des mauvaises langues disent qu’il livre aussi des pizzas, anime des mariages, répare la plomberie, toilette les animaux et tond la pelouse !
Parmi les membres de ce comité d’experts, beaucoup de banquiers d’affaires, de patrons d’entreprises, des libéraux (Philippe Manière, Olivier Pastré), des députés UMP. Bernard Maris et Jean-Paul Fitoussi étaient à peu près les seuls à dénoter dans cet aréopage…
On y apprend qu’il faut mieux réguler les acteurs financiers, lutter contre les paradis fiscaux et… « noter les agences de notation ». Mais qui notera ceux qui notent les agences de notations ? Voilà une solution pour réduire le chômage !
Il faut aussi créer un fonds souverain à la française. « A la française », ça veut sans doute dire « sans un sou ». Rappelons qu’un fonds souverains a pour vocation d’investir des liquidités provenant de la vente, par exemple de pétrole (Emirats, Norvège…) ou des excédents de devises (Chine). Dans le cas de la France, il faudra s’endetter !
Il faudrait aussi « favoriser l’accès des PME aux marchés financiers ». Est-ce bien raisonnable par les temps qui courent ?
Le début du rapport n’est pas mal, mais vers la fin, on touche au sublime !
Quelques propositions :
* Aller plus loin dans la réforme de l’ISF en faveur de l’investissement dans les PME : comment joindre "l’utile" à l’agréable !
* Développer le recours au télétravail comme alternative à la délocalisation : voilà qui va permettre de relancer l’industrie automobile !
* Développer les emplois familiaux : bien sûr, on ne se préoccupe pas le moins d’organiser cette filière grande pourvoyeuse d’emplois précaires et à temps (très) partiel.
* Imposer à Pôle Emploi une obligation de résultat en fixant des objectifs annuels contractualisés de retour à l’emploi par catégories de demandeurs d’emploi et par zones géographiques : faire baisser les chiffres, à défaut de faire vraiment baisser le chômage...
* Libéraliser le travail le dimanche sur la base du volontariat : voilà donc ce qui déconnait dans le capitalisme ! On ne pouvait pas travailler le dimanche, c’était donc ça !
* Créer un crédit hypothécaire mixte pour aider les plus modestes et les classes moyennes à devenir propriétaires : bien sûr, pas le moindre risque de voir chez nous les dérives vues aux Etats-Unis ! Tout est dans le « mixte ».
Donc, pour refonder le capitalisme, rien de tel que les vieilles recettes de la droite, qui sont en grande partie à l'origine des difficultés que nous connaissons.
L’UMP veut peut-être promouvoir « l’économie de l’intelligence », mais ils auraient pu avoir « l'intelligence » de faire « l’économie » de ce rapport !
PP
08:07 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : finance, crise, libéralisation
16 novembre 2008
DéCHIFFRAGES
Je vous conseille vivement la lecture de ce blog : DéCHIFFRAGES
Son auteur propose des analyses particulièrement intéressantes et documentées sur l’économie.
Un de ses derniers billets fait le parallèle entre la crise financière actuelle et la crise de 1929. Les causes sont fondamentalement les mêmes : l’insuffisance de revenus d’un nombre grandissants de salariés, contraints de s’endetter…Avec en filigrane, la montée des inégalités.
Les mêmes causes produisent les mêmes effets, l’histoire se répète.
Les solutions à apporter sont les mêmes : l’intervention massive de l’Etat pour encadrer réellement la finance, mais aussi pour susciter les conditions d’une relance de l’activité.
PP
08:04 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : finance, crise, libéralisation






