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01 décembre 2008

Toxique

La crise financière constitue un défi supplémentaire pour la lutte contre le changement climatique et rend plus difficile de "mobiliser des ressources à l'échelle requise", a reconnu lundi le patron du climat à l'ONU, Yvo de Boer.
« La crise financière va affecter votre travail comme elle affectera de nombreux aspects de votre vie », a déclaré le sécrétaire-exécutif de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC) en ouverture de la conférence des Etats parties à Poznan.
« La réalité est que mobiliser les ressources financières à l'échelle requise constituera un véritable défi », a-t-il ajouté devant les quelque 9.000 délégués de 185 pays, réunis pour deux semaines afin de lancer les négociations sur un futur accord global contre le réchauffement.

En France aussi, un certain nombre de collectivités locales pourraient connaître des difficultés croissantes à financer les investissements nécessaires pour préparer l’avenir. Il s’agit des collectivités dont la dette comporte une part de prêts « toxiques ». A ce jour, seules 50 collectivités ont reconnu détenir de tels crédits. Mais on peut penser qu’il y en a beaucoup plus, car ce n’est pas un sujet dont les élus vont se vanter !

Quels sont ces fameux prêts « toxiques » ? Il s’agit de principalement de prêts à « produits structurés ». En fait, ce sont des prêts à taux variables dont les taux sont indexés sur la variation de taux de changes, du cours du pétrole… Pendant les premières années, les intérêts étaient très faibles, mais les années suivantes…c’est la loterie.
Ainsi, la municipalité de Saint-Etienne détiendrait des prêts dont les intérêts étaient nuls sur les 15 premières années. Après cette période, le taux est indexé sur les parités euro/franc suisse et yen/dollar ! Ca ressemble un peu aux « subprimes » américains, non ?
Les taux des prêts dits « West Texas Index » (WTI), vendus notamment par Goldman Sachs, sont indexés sur le cours du pétrole. Quand le pétrole monte, les taux baissent...et réciproquement.
Dexia, Caisse d’Epargne, Crédit Agricole, Natixis, Calyon ont fait le forcing ces dernières années pour « vendre » à des élus ce genre de prêts.
Aujourd’hui, sur les 137 milliards d’€ d’encours de dette des collectivités, environ 30 milliards seraient composés de prêts « exotiques ».
Le département de Saine-Saint-Denis reconnaît un taux d’exposition de …97% !

Confrontées à des hausses du service de leur dette, les collectivités seront confrontées à deux alternative : soit augmenter les impôts locaux, soit rogner sur leurs programmes d’investissement… Dans les deux cas, ce sont les citoyens qui seront perdants : soit en tant que contribuables soit en tant qu’usagers des services publics. Il faut rappeler que les collectivités locales réalisent à elles seules plus de 70% de l’investissement public.
Il s’agit là d’une nouvelle conséquence de la « créativité » des banques.

Pour remédier à cela, il faudrait que l’Etat français fasse pression sur les établissements financiers pour les contraindre à renégocier les conditions de crédits.
De façon plus fondamentale, ne faudrait-il pas revoir les conditions d’endettement des collectivités locales ? Ne serait-il pas envisageable, par exemple, qu’elle soit en mesure d’émettre des obligations (comme le fait l’Etat) que les investisseurs pourraient souscrire ? Il faudrait sans doute créer un marché assurant la liquidité de ces titres. Pour les petites communes, ce mécanisme pourrait s’appliquer au niveau de la communauté de communes.
Quoiqu’il en soit, il faut trouver le moyen de préserver les finances publiques des aléas de la spéculation. En cette période de crise, on voit bien que la puissance publique (Etat et collectivités locales) a un rôle central à jouer pour aider le pays à faire face aux difficultés qui s’amoncellent. Il est rageant de voir qu’une partie de ses précieux moyens est dilapidée dans des aventures financières abracadabrantesques.

PP

18:35 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : finance, crise, libéralisation | | |  Facebook | | |

Commentaires

Non seulement le gouvernement connaissait le danger des prêts dits "toxiques",mais il ne fait rien pour changer le systéme et éviter que cela se reproduise.le gouvernement fait même mieux,il encourage,les banquiers en leur donnant 320milliards de garanties plus 40 milliards de recapitalisation,Sarkozy offre aux banquiers l'argent des contribuables pour qu'ils continuent ,sans aucun contrôle de l'état,leurs opérations boursiéres.Pas mal,pour un Etat "en faillite" d'aprés le Premier ministre,aux caisses si "vides"d'aprés le président de la République,qu'il ne peut pas trouver dix malheureux milliards pour renflouer la Sécurité sociale.

Écrit par : Loi Scellier 2011 | 04 avril 2011

Les commentaires sont fermés.