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14 décembre 2008

Yield Management

Hier, je suis allé au cinéma. Nous étions quatre …et aucun d’entre nous n’a payé le même prix ! Certes, il y avait à cela des raisons : réduction étudiant, billet à tarif préférentiel « Comité d’entreprise », réduction pour enfant en bas âge, opération promotionnelle « confiserie » (réduction sur le pop-corn !)… Enfin bref, cela m’a fait penser à une chronique de Philippe Val sur France Inter qui s’alarmait de la généralisation de « ces logiciels de vente en temps réel qui ont la prétention de vouloir tout prévoir ».

Ainsi, en fonction du taux de remplissage d’un avion, d’un hôtel, d’une salle de spectacle…le prix du siège, de la chambre ou de la place évoluent au jour le jour. On se souvient du tollé provoqué par une étude démontrant que dans une rame de TGV, les prix payés par les passagers variaient du simple au triple ou au quadruple. Sur certains sites Internet, il n’est pas impossible de trouver des nuits dans un palace pour moins de 200 €.

Cette pratique, née dans les années 1980 chez les compagnies aériennes, s’appelle le Yield Management (gestion de la rentabilité). Elle a pour origine le constat qu'il vaut parfois mieux brader un siège inoccupé que de décoller à vide. En effet, une fois que le vol est prévu, l’avion doit décoller qu’il soit vide ou plein : il faudra payer le personnel navigant, le carburant, l’usure des pneus…ce sont les coûts fixes. Un passager supplémentaire ne coûte quasiment rien à la compagnie : l’impression d’une carte d’embarquement, un plateau repas soit un coût que l’on peut estimer à environ 10 €. Ainsi, si le passager paye ne serait-ce qu’un tout petit peu plus de 10 €, il contribuera à payer une partie des coûts fixes…c’est toujours ça ! Le même raisonnement s’applique également aux hôtels : en effet, à partir du moment où l’hôtel est ouvert, il faut payer le personnel, chauffer les chambres…qu’elles soient occupées ou non ! Donc, si l’hôtel n’est pas complet, baisser le prix de la chambre n’est pas idiot dans la mesure où il vaut mieux un client qui paye un peu que pas de client du tout !

On le voit, d’un point de vue économique, cela n’est pas complètement aberrant, quoique…L’autre jour, je discutais avec une responsable d’une chaîne hôtelière qui me disait que ce genre de pratique leur assurait environ 10% du chiffre d’affaires…mais que cela nuisait à la prévision à long terme, donc à l’investissement, dans la mesure où cette tarification « fluctuante » rendait plus aléatoire la prévision de la rentabilité.

Et puis, comme le dénonçait Philippe Val, ces variations de prix en temps réel transforme le client en « boursicoteur » du quotidien toujours la recherche de la bonne affaire. Elles font également perdre de vue la notion même du prix des biens et des services…

PP



14:58 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | |

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