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20 décembre 2008

Pourquoi pas ?

Je vous propose d'écouter cette chronique de Bernard Maris, vous m'en direz des nouvelles!

podcast


Eh oui, pourquoi ne pas fermer la Bourse?
Dans la mesure où elle ne contribue que faiblement à l'accès aux capitaux frais pour les entreprises, son utilité n'est pas aussi vitale qu'on veut bien nous le faire croire.
Son rôle est avant tout spéculatif.

La dernière proposition de Bernard Maris est, d'après moi, pleine de bon sens.
Inciter les acheteurs d'actions à les conserver un certain temps (il évoque dix ans) est en effet une très bonne idée.
Cela renoue avec l'essence même de la notion d'action, part du capital d'une entreprise donc contrepartie d'un risque.
Lorsque les marchés d'actions n'étaient pas aussi "liquides" (la liquidité est la possibilité d'acheter ou de vendre instantanément un actif), les possesseurs d'actions étaient contraints de les détenir longtemps. En gros, ils s'engageaient à long terme avec l'entreprise. Dans ces conditions, il n'était pas délirant qu'ils aient le pouvoir de peser sur la stratégie de l'entreprise et de prétendre à des dividendes élevés.
Aujourd'hui, la liquidité est telle que les actionnaires ont le beurre et l'argent du beurre : le pouvoir et la possibilité de quitter le navire quand bon leur semble. L'engagement est absent, les actions sont des lignes dans un portefeuille de titres.

Une autre évolution fondamentale s'est produite : la nature même des actionnaires a changé. Ainsi aux Etats-Unis, les ménages représentaient 89% de l'actionnariat en 1952 contre 3% pour les fonds de pensions et fons mutuels. En 1996, les fonds de pension et mutuels représentaient plus de 37% contre moins de 50% pour les ménages. Et depuis, la tendance s'est accélérée.
Ainsi, le pouvoir est détenu par "l'industrie financière" par sa capacité à concentrer l'épargne collective et à peser ainsi sur le stratégies financières et industrielles des entreprises, au détriment bien souvent des salariés.

Ainsi, donc fermer la Bourse (ou la contraindre sévèrement) ne serait pas forcément un mauvaise chose !

PP


07:56 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : finance, crise, libéralisation | | |  Facebook | | |

Commentaires

Une idée sans aucun doute intéressante, mais qui n'a évidemment aucune chance de voir le jour à moins d'une révolution. Révolution des consciences, révolution humaniste, l'idée de révolution semble refaire surface après avoir été ringardisée par l'establishment financier et tous les zélateurs du néolibéralisme. Cela prouve qu'à gauche des idées il y en a, pour peu que l'on veuille bien tendre les oreilles cinq minutes au lieu de nous gaver avec les discours de Sarko ou les fausses prédictions de Lagarde...

Écrit par : patrick | 20 décembre 2008

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