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06 janvier 2009

La ville, enjeu du futur

Mine de rien, une petite révolution s’est produite l’année dernière, en 2008.

En effet, désormais, plus de la moitié de la population mondiale vit en ville. Cela peut nous sembler évident, nous qui vivons dans un contient où près de 75% de la population est citadine. En revanche, en Asie et en Afrique, la population est encore majoritairement rurale. Ce sont donc bien sûr ces continents qui connaissent une forte progression de l’urbanisation et ce sont les « petites » villes (moins de 500 000 habitants) qui connaissent la plus forte croissance.

L’urbanisation de la planète constitue un défi pour l’humanité à plusieurs titres. Tout d’abord, en ce qui concerne l’alimentation. En effet, les émeutes de la faim en Afrique et en Asie ont en grande partie pour origine la pauvreté urbaine. En ville, il n’est plus possible d’être auto-suffisant comme peuvent l’être (difficilement !) les paysans. De plus, même si les paysans des pays en développement souffrent de la faim, ils sont isolés. En revanche, les pauvres des villes sont concentrés, ce qui est propice aux émeutes.

Se posera également le problème des conditions de vie : en 2005, 37% de la population urbaine mondiale vivait dans des bidonvilles et 25% n’avait pas accès à des toilettes décentes. Il y a également l’accès aux réseaux tels que l’eau et l’électricité. Dans les pays en développement, un milliards d’hommes sont dépourvus du moindre service collectif de distribution d’eau potable (certes, ils ne vivent pas tous en ville). Un pauvre de la banlieue d’Accra (Ghana) paye son eau huit fois plus cher qu’un résident des quartiers chics. Parce que l’eau du robinet, qu’elle soit distribuée par une régie municipale ou une entreprise privée, coûte beaucoup moins cher que celle des revendeurs informels (camions citernes, porteurs d’eau…). Les Etats n’ont souvent pas les moyens d’investir dans la mise en place des réseaux et les entreprises privées se détournent de ces marchés peu solvables.

Dans les pays développés aussi, la ville est un enjeu important. Tout d’abord, nous l’avons vu, parce qu’elle concentre entre 70 et 80% de la population. Ce développement s’accompagne d’une ségrégation spatiale qui peut s’avérer problématique pour la cohésion sociale (banlieues ghettos pour les « pauvres », lotissements sécurisés pour les « riches »).
Le développement des villes pose également un problème pour l’environnement. Ainsi, en France la superficie des agglomérations a augmenté de 75% en 25 ans alors que la population n’a augmenté que de 25%. Cet étalement urbain induit un recours massif à l’automobile pour les déplacements (83% des déplacements en 2007), d’où des émissions importantes de CO2.

C’est l’inflation du prix du foncier qui détermine l’étalement des villes, largement au détriment des classes populaires, et qui dessine depuis trente ans un urbanisme dont on sait qu’il n’est pas durable. D’autant plus que nombre de logements devrait s’accroitre d’un quart d’ici 2030.

L’avenir de l’humanité se jouera en grande partie dans les villes. En concentrant plus d’infrastructures qu’à la campagne, elles permettent un meilleur accès à la santé, à l’éducation… « Concentration » est un mot qui peut faire peur, mais n’oublions que Paris intra-muros est plus densément peuplée que les banlieues du « 9-3 » !

Comme le montrent les exemples des éco-quartiers de Vauban et Rieselfeld à Freiburg ou celui de Kronsberg à Hanovre et d’autres à Helsinki, Stockholm, Malmoe…les villes peuvent être un moyen de réponse aux problématiques du développement durable. A condition de redonner ses lettres de noblesse à l’urbanisme, en tant qu’action collective sur l’organisation de l’espace.

PP

09:48 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | |

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