Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

15 février 2009

Nicolas Sarkozy : idéologue du pragmatisme ?

« Franchement, quand on voit la situation aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, on n’a pas envie de leur ressembler »
Voilà ce qu’a affirmé Nicolas Sakozy le jeudi 5 février 2009 lors de son émission télévisée.
On reconnaît bien là sa finesse dialectique, et son sens de la mesure et de la nuance qui sont sa marque de fabrique…

Cette soudaine affirmation de son mépris pour le modèle anglo-saxon, en plus de nous mettre en porte-à-faux avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis, révèle au grand jour un aspect bien plus inquiétant de notre Président : l’absence totale de vision cohérente du monde, l’incapacité à voir plus loin que le bout son nez pour dessiner les contours d’une société plus juste.
Bien sûr, il masque ce vide par un prétendu « pragmatisme » qui lui ferait choisir les idées qui « marchent ailleurs ».
Plus généralement, dans la classe politique, il est de bon ton de fustiger « l’idéologie » et de lui préférer le « pragmatisme ».
Comme le dit Emmanuel Todd dans son dernier ouvrage « L’idéologie, instrument de cohésion des nations ou des classes, est tournée vers le futur et l’action ». Le pragmatisme, c’est faire feu de tout bois pour parer au plus pressé et tenter de sauver les meubles, voire les apparences…

Quoiqu’il en soit, voyons ce que disait notre « pragmatique » Président le 10 octobre 2005 (il n’était encore que Ministre de l’Intérieur). A l’époque fervent admirateur de la politique résolument libérale de Tony Blair, il avait affirmé être « libre de toute idéologie et de ne suivre que ce qui marche ». « Les gens [...] sont pour la baisse du chômage. Ils veulent des résultats. Il se trouve qu'en Angleterre, la flexibilité permet le plein-emploi », et de se poser la question d'une adaptation de ce système en France, dont le système est, selon M.Sarkozy, « à bout de souffle »

En janvier 2007, Nicolas Sarkozy avait « la plus haute considération pour Tony Blair, pour son courage, sa capacité à réformer et à rebondir, pour sa vision ». « Je trouve que ce qu’il a fait en Angleterre est assez remarquable, on est assez ami et je veux parler avec lui », expliquait-il sur son site de campagne.

Sur son site de campagne, on peut toujours trouver ceci :

"Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d'Europe. Or, une économie qui ne s'endette pas suffisamment, c'est une économie qui ne croit pas en l'avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain. C'est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages et que l'État intervienne pour garantir l'accès au crédit des personnes malades. Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement. Il faut réformer le crédit hypothécaire. Si le recours à l’hypothèque était plus facile, les banques se focaliseraient moins sur la capacité personnelle de remboursement de l’emprunteur et plus sur la valeur du bien hypothéqué. Ceci profiterait alors directement à tous ceux dont les revenus fluctuent, comme les intérimaires et de nombreux indépendants".



PP


14:17 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : finance, crise, libéralisation, sarkozy | | |  Facebook | | |

Les commentaires sont fermés.