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05 mars 2009

Le pire serait-il à venir ?

Dans ses dernières analyses, le groupe de réflexion baptisé « LEAP / Europe 2020 » (LEAP = Laboratoire Européen d’Anticipation Politique) brosse un tableau très noir quant à l’évolution de la situation mondiale dans les prochaines années.
Selon ce « think tank », formé de contributeurs indépendants issus des milieux politiques et économiques et de professionnels européens de différents secteurs, la crise économique et financière va dégénérer en violentes explosions sociales…Les zones les plus dangereuses sont celles où le système de protection sociale est le plus faible.
"Si votre pays ou région est une zone où circulent massivement des armes à feu (parmi les grands pays, seuls les Etats-Unis sont dans ce cas), alors le meilleur moyen de faire face à la dislocation est de quitter votre région, si cela est possible."
Au-delà de ces conflits armés, le LEAP alerte sur les risques de pénuries possibles d'énergie, de nourriture, d'eau, dans les régions dépendantes de l'extérieur pour leur approvisionnement et conseille de faire des réserves. Cette perspective apocalyptique pourrait faire sourire si ce groupe de réflexion n'avait, dès février 2006, prédit avec une exactitude troublante le déclenchement et l'enchaînement de la crise.

Les conséquences les plus lourdes de la crise en termes humains, sociaux, économiques et politiques sont en effet devant nous, et non pas derrière nous.

Pour le LEAP, l'ampleur des conséquences de la crise sur les différents pays de la planète est fonction de leur degré de résistance à l'explosion du « détonateur financier » qui a eu lieu depuis plus d'un an. Plus un pays est « immune » face à ce choc financier, mieux il traversera cette crise. Le LEAP a donc étudié la situation des principaux pays et des grandes régions de la planète en fonction de 7 critères précis permettant de mesure le degré d' « immunité » au « détonateur financier » :

. Part du secteur financier dans l'économie
. Part des services dans l'économie
. Degré d'endettement des ménages
. Qualité des actifs du système financier et des ménages
. Montant relatif des déficits publics (toutes collectivités publiques cumulées, y compris comptes sociaux)
. Montant relatif des déficits extérieurs (commerciaux et paiements)
. Part des retraites par capitalisation dans l'ensemble des retraites du pays.

En fonction de ces critères 6 grandes zones de pays ont été identifiées, qui n'ont souvent que peu de rapports géographiques entre eux, mais qui rassemblent les pays ayant des profils proches.

20090303 - LEAP 1.JPG


20090303 - LEAP 2.JPG


Sans surprise, ce sont les pays dont on a tant vanté le « modèle » ces dernières années qui seront les plus touchés : Etats-Unis et Royaume-Uni bien sûr, mais aussi Espagne, Irlande et Islande.
Dans tous ces pays, la croissance a reposé sur la bulle immobilière et une explosion de l’endettement des ménages, et pour la plupart d’entre eux sur l’hypertrophie du secteur financier.

Aux Etats-Unis comme en Europe, en Chine ou au Japon, les dirigeants persistent à faire comme si le système global était seulement victime d'une panne passagère et qu'il suffisait d'y ajouter quantité de carburants (liquidités) et autres ingrédients (baisse de taux, achats d'actifs toxiques, plans de relance des industries en quasi-faillite,…) pour faire repartir la machine. Or, selon le LEAP, le système global est désormais hors d'usage. Il faut en reconstruire un nouveau au lieu de s'acharner à sauver ce qui ne peut plus l'être.

Il ne reste plus qu'une toute petite fenêtre de tir pour tenter d'éviter le pire, à savoir les quatre mois à venir, d'ici l'été 2009. Très concrètement, le Sommet du G20 d'Avril 2009 constitue la dernière chance pour réorienter de manière constructive les forces en action, c'est-à-dire avant que la séquence cessation de paiement du Royaume-Uni, puis des Etats-Unis ne se mette en branle. Faute de quoi, ils perdront tout contrôle sur les évènements, y compris, pour nombre d'entre eux, dans leurs propres pays, tandis que la planète entrera dans cette phase de dislocation géopolitique à la manière d'un « bateau ivre ». A l'issue de cette phase de dislocation géopolitique, le monde risque de ressembler à l'Europe de 1913 plus qu'à la planète de 2007.

Sans sombrer dans le catastrophisme et même si le pire n'est jamais sûr, ce type d'analyse doit faire réfléchir les citoyens, mais aussi et surtout les dirigeants politiques et économiques. Quoiqu'il en soit, il faut changer les choses...
PP

Commentaires

excellent article, merci

Écrit par : horpic | 08 mars 2009

Bon article tres sombre mais il est clair que nous vivons une crise profonde et que de grand changement vont se faire.

Écrit par : francois | 09 mars 2009

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