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25 juin 2009

La gauche n’est plus le parti d’une classe sociale ?

Suite de mes réflexions en réaction à l'article de Daniel Cohen...(cf billet du 15 juin).

En 1969, pendant les trente glorieuses, seuls 47% des ouvriers avaient voté à gauche lors du premier tour de la présidentielle, soit moins qu’en 1995 !

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Cela montre bien que le vote ouvrier n’est pas systématiquement acquis à la gauche. Il a fallu les discours enflammés de François Mitterrand pour les convaincre de voter massivement à gauche en 1974 («Pendant toutes ces années, qu’a-t-on fait pour les salariés ? RIEN ! Qu’a-t-on fait pour les maîtres des entreprises internationales ? TOUT ! »)

 

En ce qui concerne les adhérents, il faut remonter aux temps de la SFIO pour trouver un parti socialiste où les ouvriers et les employés étaient majoritaires. En 1951, ils représentaient respectivement 35% et 23% des adhérents. En 1973, on comptait déjà à peu près autant d’adhérents cadres moyens ou supérieurs que d’adhérents ouvriers (14%) ou employés (13%). Dans les années 1980, les enseignants comptent, à eux seuls, pour 26% des effectifs, soit plus que le total ouvriers et employés (20%). Une étude sur la fédération du Pas-de-Calais montre que dès les années 1950, les mineurs ne vont plus dans les sections du parti socialiste : il s’y sentent mal à l’aise en présence du maître d’école qui signale leurs fautes d’orthographe et les entorses qu’ils font subir à la lange française !

Le parti socialiste n’est donc plus un « parti d’ouvriers ». De plus, l’exercice du pouvoir l’a conduit à transiger avec ses convictions, voire à y renoncer dans certains cas. « Tout pouvoir rend conservateur », disait François Mitterrand.

 

Le tournant libéral de 1984 a pesé lourd dans la balance. Les aveux d’impuissance de François Mitterrand face à la montée du chômage de masse (« On a tout essayé » ou « Ni vous, ni moi n’y pouvons rien ») ont vraisemblablement contribué à convaincre les classes populaires que le parti socialiste ne pouvait plus grand-chose pour elles.

Malgré un bilan plutôt bon, Lionel Jospin n’a pas réussi à convaincre ces mêmes classes populaires en 1995. En affirmant que son projet n’était pas un projet socialiste, il a brouillé son message, laissant un boulevard au thème de l’insécurité agité par Jacques Chirac. Pierre Mauroy avait raison de regretter que Lionel Jospin n’utilise pas le mot « d’ouvrier » pendant sa campagne. Sauf à la toute fin où on l’a vu, le poing levé, chanter l’Internationale !

 

07:57 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ps, gauche | | |  Facebook | | |

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