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08 juillet 2009

Keynes - Fiches de lecture... (suite)

Je vous propose, pendant quelques jours, des extraits de textes parus dans un recueil intitulé « La pauvreté dans l’abondance » paru dans la collection Tel des éditions Gallimard.

Perspectives économiques pour nos petits-enfants (octobre 1930)

 

Nous souffrons en ce moment précis d'un grave accès de pessimisme économique.

 

La dépression mondiale actuelle, l'anomalie monstrueuse du chômage dans un monde rempli de besoins insatisfaits, les erreurs désastreuses que nous avons commis, nous empêche de voir ce qui se passe sous la surface des choses et d'interpréter leur tendance véritable. Je prédis quant à moi que les deux versions opposées du pessimisme qui font aujourd'hui tant de bruit dans le monde seront contredites de notre vivant : le pessimisme des révolutionnaires qui pensent que les choses vont si mal que seul un changement violent peut nous sauver, et le pessimisme des réactionnaires qui considèrent que l'équilibre de notre vie économique et sociale est si précaire que nous ne devons tenter aucune expérience nouvelle.

 

Il est vrai que les besoins des êtres humains peuvent paraître insatiables. Mais ils entrent dans deux catégories : les besoins qui ont un caractère absolu, en ce sens que nous les éprouvons quelques puissent être la situation de nos semblables, et ceux qui ont un caractère relatif, car nous ne les ressentons que si leur satisfaction nous hisse au-dessus de nos semblables, nous donne le sentiment de leur être supérieur. Les besoins qui entrent dans la seconde catégorie, ceux qui répondent au désir de supériorité, peuvent être en effet insatiables ; car plus le niveau général s'élève, plus ils continuent de croître mais cela est beaucoup moins vrai pour les besoins qui ont un caractère absolu : nous pouvons atteindre rapidement, peut-être plus rapidement que tous n'en avons consciences, un point ces besoins seront satisfaits, au sens où nous préférons consacrer nos énergies nouvelles à des buts non économiques.

 

L'amour de l'argent comme objet de possession sera reconnu pour ce qu'il est, une passion morbide plutôt répugnante, une de ses inclinations à moitié criminelles, à moitié pathologique, dont on confie le soin en frissonnant aux spécialistes des maladies mentales.

 

 

 

08:27 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : finance, crise, libéralisation, salaires, inégalités, keynes | | |  Facebook | | |

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