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09 juillet 2009

Le coup de folie du trader enflamme le prix du pétrole

Par François Krug | Eco89 | 04/07/2009 | 11H12

L'affaire a été révélée par le Financial Times, et confirmée par l'employeur du trader, PVM Oil Associates. En une heure, le baril est passé de 71 à 73,5 dollars. Selon le Financial Times, le marché a échangé pendant cet intervalle « l'équivalent du double de la production quotidienne de l'Arabie saoudite ».

Le calme est revenu quand on a enfin découvert l'explication. Un trader isolé avait décidé de jouer un gros coup, semble-t-il sans l'autorisation de ses patrons. Résultat : une perte de 10 millions de dollars pour PVM.

« Pour ne pas être le dernier à réagir, on achète »

Le trader n'est pourtant pas le seul coupable. Il n'a fait qu'enclencher un mouvement, et tous ses confrères ont suivi sans chercher à comprendre. Explication de Francis Perrin, directeur de la rédaction de la revue Pétrole et Gaz arabe :

« Le trader est peut-être à l'origine de la moitié de ce mouvement. Le reste relève du réflexe moutonnier. On ne sait pas pourquoi les prix montent mais, pour ne pas être le dernier à réagir, on achète. »

 

Pour Francis Perrin, il faut distinguer « l'écume », ce qui s'est passé mardi, et « la vague » :

« En février, les prix tournaient autour de 32 ou 33 dollars. Ils ont commencé à augmenter de semaine en semaine, jusqu'à évoluer autour de 70 dollars. »

 

Cette hausse ne s'explique pas non plus par un seul facteur. Principale explication, selon Francis Perrin :

« Les marchés pétroliers ont fait le même pari que les marchés boursiers. Ils anticipent à tort ou à raison une reprise de l'activité économique, ou pensent que le plus dur est passé. Il faut donc être prêt avant les autres. »

 

10 millions de dollars envolés après un déjeuner bien arrosé

Des facteurs « plus objectifs » expliquent aussi la hausse. Fin 2008, l'Opep a décidé de réduire sa production pour maintenir les prix. En mai, les ventes d'automobiles ont bondi en Chine. La baisse des stocks de carburants aux Etats-Unis est interprétée comme un signe de reprise économique.

Et ces facteurs relancent la spéculation, explique Francis Perrin :

« Ils encouragent le retour des acteurs financiers sur le marché pétrolier. Avec la perspective de reprise aux Etats-Unis, le pétrole peut redevenir un placement. »

 

La brusque hausse de mardi serait donc anecdotique. Mais elle fournit un nouvel exemple de la dérive de certains traders. Comme l'avait déjà raconté le Financial Times, en février, un trader de Morgan Stanley a tenté de cacher à ses patrons une perte de 10 millions de dollars sur le marché pétrolier.

Il faut dire que l'explication n'était pas très glorieuse. Ce trader sortait d'un déjeuner de trois heures et demie, au cours duquel il n'avait pas bu que de l'eau. De quoi affecter son jugement même s'il « n'avait pas l'air ivre », a conclu l'enquête des autorités financières.

08:21 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : finance, crise, libéralisation | | |  Facebook | | |

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