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10 juillet 2009

Keynes - Fiches de lecture... (suite)

Je vous propose, pendant quelques jours, des extraits de textes parus dans un recueil intitulé « La pauvreté dans l’abondance » paru dans la collection Tel des éditions Gallimard.

La grande récession de 1930 (décembre 1930)

 

Dans ce genre de dilemme, chaque producteur individuellement fonde des espoirs illusoires sur des mesures qui aideraient un producteur ou un groupe de producteurs particuliers, tant qu'il serait seul à agir de la sorte, mais qui ne peuvent profiter à personne si tout le monde s'applique. Par exemple, restreindre la production d'un bien primaire particulier accroît son prix, tant que la production des industries qui utilisent ce bien n'est pas réduite ; mais si la production est partout réduite, la demande du bien primaire diminue dans la même proportion que l'offre et personne sont trop avancées. Ou encore, si un producteur ou un pays particulier diminue les salaires, alors, tant que les autres ne suivent pas son exemple, ce producteur ou ce pays peut accroître sa part de marché. Mais si la réduction des salaires est générale, le pouvoir d'achat de la collectivité est réduit dans la même mesure que les coûts ; et, de nouveau, personne ne s'en trouve plus avancé.

Ainsi ni les restrictions de la production, ni les réductions de salaires ne contribuent, en elle-même, au rétablissement de l'équilibre.

 

Si donc j'ai raison, la cause fondamentale des difficultés réside dans le manque d’entreprises nouvelles dû au fonctionnement insatisfaisant du marché des capitaux.

Pour diverses raisons, les prêteurs exigeaient et exigent encore des rendements que les nouveaux investissements ne peuvent assurer.

 

Une analyse économique du chômage (mai 1931)

 

Ce qui risque d'être plus long que prévu, ce n'est pas, bien sûr, la phase aiguë de la crise, mais la situation de semi-crise ou au moins de prospérité inférieure à la normale, qui risque de lui succéder.

 

Le traitement du chômage passe par l'accroissement des profits. Cet accroissement des profits ne peut provenir que d'une augmentation de l'investissement nouveau par rapport à l'épargne.

 

Des programmes de grands travaux sous les auspices du gouvernement ou de quelque autre autorité publique constituent la deuxième façon possible de traiter le problème. Sur le plan théorique, il me semble que tout reste encore à dire en faveur de ce type d'actions. Le gouvernement peut en effet emprunter à bon marché et ne doit pas se laisser paralyser par des calculs trop pointilleux concernant les rendements escomptés. J'ai plaidé fortement pour que de telles mesures soient adoptées en Grande-Bretagne, et je suis persuadé qu'elles peuvent également jouer partout ailleurs un rôle extrêmement important pour briser le cercle vicieux. Un programme gouvernemental est en effet conçu pour restaurer les profits et accroître les chances de voir l'entreprise privée redresse la tête. La seule difficulté que représente les programmes gouvernementaux me semble être d'ordre pratique. Il n'est pas facile d'élaborer à bref délai des projets à la fois judicieux et efficaces qui puissent être mis en œuvre rapidement sur une grande échelle. J'applaudis donc à cette idée et j'hésiterais seulement en pratique à dépendre trop strictement de cette méthode, si elle n'était complétée par d'autres. Je ne suis pas sûr qu'au fil du temps nous ne devrons pas essayer de concevoir ce type d'action gouvernementale directe de façon plus délibérée que jusqu'à présent et que celles-ci n’en viendront pas à jouer un rôle croissant dans la vie économique.

 

 

08:28 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : finance, crise, libéralisation, salaires, inégalités, keynes | | |  Facebook | | |

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