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15 juillet 2009

206 ans de rentabilité à la Bourse de Paris

Le site Vernimmen.net, dédié à la finance, propose dans sa lettre d’information de juin 2009 une étude sur la rentabilité de la bourse de Paris depuis …1802.

Pour chaque année depuis 1802, la rentabilité annuelle en % a été calculée en intégrant la variation de cours et le dividende, déduction faite de l’inflation.

 

Les résultats de l’étude ont été synthétisés sous forme de graphique :

 

20090710 - Rentabilité.JPG

Chaque année est positionnée sur la tranche de variation qui lui correspond : entre 0 et  10 %, entre 10 et  20 %....

C’est la tranche des 0-10% qui est la plus « fréquentée », suivie la tranche -10%-0%.

Ainsi, 45% des années (92 années sur 206) ont connu une évolution de la bourse située entre -10% et  +10%.

Et 70% des années (représentant 143 années) ont connu une évolution de la bourse située entre -20% et  +20%.

 

Si l’on regarde d’un peu plus près, en segmentant par tranche de 50 ans environ, voilà ce que l’on peut constater :

 

Part des années pour lesquelles l’évolution est située entre -10% et +10% :

* 1802-1850 : 39,6%

* 1851-1899 : 65,3%

* 1900-1945 : 56,8%

* 1946-1985 : 28,2%

* 1986-2008 : 21,7%

 

Part des années pour lesquelles l’évolution est située entre -20% et +20% :

* 1802-1850 : 75,0%

* 1851-1899 : 83,7%

* 1900-1945 : 75,0%

* 1946-1985 : 59,0%

* 1986-2008 : 43,5%

 

On voit que la part des années correspondant à des évolutions « modérées » régresse quasi constamment.        A contrario, on peut dire que de plus en plus la bourse est la proie d’évolutions désordonnées : augmentation de plus de 20% ou baisse de plus de 20%...

 

La tendance est marquée à partir de 1986 : plus de la moitié des évolutions s’est faite en dehors de la fourchette -20% / + 20%. Comment parler « d’efficience des marchés » dans ces conditions ?

 

Quelles raisons à cela ?     

* La dérégulation des marchés financiers qui entraîne une plus grande volatilité des mouvements de capitaux

* La gestion concentrée de l’épargne collective, c’est-à-dire l’émergence de fonds de pension en lieu et place des investisseurs individuels (notamment dans les pays anglo-saxons). La concurrence qu’ils se livrent les conduits à des comportements moutonniers : tout le monde investit en même temps sur les mêmes valeurs et tout le monde vend la même chose quand le consensus change, créant une alternance de bulles et de krachs.

* L’accumulation de liquidités par les pays émergents (excédents commerciaux chinois, rente pétrolière des pays du golfe,…) qui cherchent à s’investir sur des marchés « sûrs », contribuant également à la création de bulles.

* La spéculation qui prend le pas sur l’investissement de long terme.

 

Un développement harmonieux et cohérent doit privilégier une rentabilité régulière, au service de l’investissement pour assurer le plein emploi.

 

Inutile de compter sur la bourse pour cela !

 

 PP

08:00 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : finance, crise, libéralisation | | |  Facebook | | |

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