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22 juillet 2009

Promesse non tenue

LES ECHOS - 15.07.2009

Le 30 juin, à la veille de la baisse de 19,6 % à 5,5 % du taux de la TVA applicable à la restauration, le gouvernement avait rappelé à l'opinion que les professionnels ne s'engageaient pas seulement sur la baisse des prix. Deux autres promesses, avait-il vraiment insisté, ont été écrites noir sur blanc dans le « contrat d'avenir » conclu entre le patronat et les pouvoirs publics : des progrès en matière sociale et une modernisation des entreprises. Et Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, avait invité les consommateurs à surveiller de près le respect de la signature apposée.

Deux semaines après l'entrée en vigueur du dispositif, les précautions oratoires du gouvernement se comprennent mieux. Un certain nombre d'observateurs crédibles, les relevés de nos correspondants en région et même, à mi-voix, la présidente de l'UMIH dressent un bilan décevant de l'effet le plus visible attendu du changement de taux de la TVA : ce dernier n'a pas eu la traduction espérée sur la facture des clients des restaurateurs indépendants - le constat est différent pour les chaînes. Le diagnostic méritera évidemment d'être confirmé par des relevés officiels, mais il semble assez net.

L'envie peut être forte de se dire : c'était prévisible. Hormis des gestes sur quelques produits bien identifiés - le café au comptoir !  -, les restaurateurs préfèrent empocher le bénéfice certain et immédiat de la baisse d'impôt plutôt que d'attendre le gain incertain et lointain d'une clientèle plus nombreuse. La crise économique a aussi compliqué la donne, des professionnels interprétant le cadeau fiscal comme une aide à leur secteur en difficulté, au même titre que celle reçue par les banques et le secteur automobile. Ces derniers mois, des centaines de cafés-bars ont dû baisser leur rideau de fer.

Le bilan précis de la baisse de la TVA sera fait dans quelques mois. A ce moment, plusieurs conclusions pourraient bien être tirées.

Un : la mesure a changé de sens économique en cours de route, le soutien à la trésorerie des restaurateurs, qu'ils en aient besoin ou pas, se substituant à la baisse des prix.

Deux : le coût de cette décision, dont l'objectif était surtout de prouver la fiabilité des promesses politiques, reste très onéreux. Aujourd'hui, parce que l'euro a changé les échelles de valeur et que le déficit budgétaire dépassera 120 milliards d'euros - 41 % des dépenses de l'Etat -, 2,4 milliards semblent peu. Ce n'est pas le cas.

Trois : le résultat paradoxal est que la mesure devait soutenir la restauration indépendante et traditionnelle face aux chaînes et à la restauration rapide. Ce sont ces derniers qui pourraient être les grands gagnants de l'opération.

07:42 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, impôts, fiscalité, tva | | |  Facebook | | |

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