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21 août 2009

Comment les riches détruisent la planète

Durant mes deux semaines de vacances, j'ai lu « Comment les riches détruisent la planète » d'Hervé Kempf

Je vais vous en dire quelques mots...

 

Dans cet ouvrage paru en 2007, Hervé Kempf (journaliste au journal Le Monde) dresse un état des lieux de la crise écologique et la met en parallèle avec la crise sociale, en soulignant la responsabilité de ce qu'il appelle « l'oligarchie » (les puissants) en vertu du principe de « consommation ostentatoire ». Il va même plus loin en décrivant les menaces que ferait peser l'oligarchie sur la démocratie, dont elle n'aurait plus besoin...

 

L'intérêt de cet ouvrage réside selon moi dans l'affirmation de l'imbrication des crises écologiques et sociales. Il lance un double appel : « aux écologistes, de penser vraiment le social et les rapports de force ; à ceux qui pensent le social, de prendre réellement la mesure de la crise écologique, qui conditionne aujourd'hui la justice. »

Il s'agit de sauver « non pas la Terre, mais la possibilité de la vie humaine sur la planète. »

Selon lui, « on ne pourra pas diminuer la consommation matérielle globale si les puissants ne sont pas abaissés et si l'inégalité n'est pas combattue. »

 

Le débat public sur la crise écologique s'est focalisé sur le réchauffement climatique et les gaz à effet de serre. C'est effectivement une question importante, mais qui n'est qu'un aspect de la crise. Il faut également évoquer la crise de la biodiversité et la pollution. Selon certains scientifiques, nous serions entrés dans la sixième crise d'extinction des espèces vivantes, la dernière en date étant celle qui a provoqué la disparition des dinosaures il y a 65 millions d'années. Les conséquences de la perte de la biodiversité sont difficiles à évaluer, mais les naturalistes s'attendent à des réactions brutales des écosystèmes quand certains déséquilibres auront été atteints.

Dans le centre du Pacifique chaque km² compte 3 kg de déchets pour 0,5 kg de plancton ...90% des nappes phréatiques chinoises sont polluées... En Allemagne des études ont montré la présence de 350 types de polluants dans le lait maternel... La pollution affecte la santé animale et humaine. La durée moyenne de la vie humaine pourrait même se contracter.

 

Dans ces conditions, pourquoi le système est-il incapable de changer ?

Hervé Kempf met en avant l'ignorance des dirigeants en matière écologique, et leur isolement par rapport au reste de la société. Il y a aussi l'idée que la chute de l'Union soviétique a rendu irréaliste l'idée d'une alternative au capitalisme. Or le capitalisme ne prend pas en compte les effets négatifs (les externalités, selon le terme des économistes) de l'activité économique sur l'environnement.

Quoiqu'il en soit, il faut sortir de la vision qui consiste à traiter isolément crise sociale et crise écologique : elles sont « les deux facettes d'un même désastre ». Et ce désastre est le fruit d'un système de pouvoir qui n'a plus pour fin que le maintien des privilèges des classes dirigeantes.

La crise sociale se matérialise par un niveau de pauvreté qui reste élevé dans les pays dits « riches » de 12% à 20 % de la population selon les pays. Même la Suisse, l'Allemagne ou le Japon n'y échappent pas !

Hervé Kempf cite Jacques Rigaudiat qui estime qu'en France, près de 20 millions de personnes peuvent être qualifiées de précaires.

Non seulement un milliard de citadins (sur trois milliards dans le monde) vivent dans des bidonvilles, relève l'Organisation des Nations unies chargée de l'habitat, mais la pauvreté devient un « caractère majeur et en expansion de la vie urbaine ».

Depuis les années 1980, les inégalités ont au mieux cessé de décroître et se sont souvent accrues, notamment en ce qui concerne la concentration des patrimoines.

En 1990, l'Américain moyen était 38 fois plus riche que Tanzanien. Aujourd'hui, il est 61 fois plus riche.

Une politique visant à réduire l'inégalité chercherait aussi à renforcer les services collectifs, qui sont indépendants du revenu. L'amélioration des services collectifs entraînerait donc une amélioration de la situation matérielle des pauvres. On devine que cela se réaliserait par un transfert d'une partie des ressources des plus riches vers ces services utiles à tous.

 

Qui sont ces riches ? Cette « oligarchie » ? PDG de grandes entreprises, rentiers, spéculateurs...

Entre 1995 et 2005, le revenu tiré des dividendes a augmenté de 52% en France. Dans le même temps, le salaire médian a progressé de 7,8%.

Fin 2005, 3000 banquiers de la City de Londres auront un bonus de plus de 1 million de livres.

Selon le Programme des Nations unies pour le Développement, les 500 personnes les plus riches ont un revenu supérieur aux 416 millions les plus pauvres....

Hervé Kempf se complait quelque peu dans la description des excentricités de quelques « hyper-riches » : yachts, avions, soirées, résidences, voitures...pour justifier que cette oligarchie « ne porte aucun projet, n'est animée d'aucun idéal, ne délivre aucune parole. »

 

A suivre...

PP

12:17 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : finance, crise, libéralisation, inégalités | | |  Facebook | | |

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