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28 août 2009

Eléphanteaux du PS, parlez projets, pas alliances !

Je vous propose cet article de Jean Matouk, publié sur Rue89...et quelques commentaires de votre serviteur...

Quand il a fait voter l'élection du président de la République au suffrage universel, de Gaulle visait surtout la stabilité des institutions. Il ne mesurait sans doute pas la nocivité du virus qu'il inoculait à toute opposition future, et évidemment à la gauche.

La droite est caporaliste, opportuniste. Mises à part les baisses d'impôts, elle n'a finalement pas de vrais critères idéologiques d'adhésion à un homme. Elle ralliera celui qui, au moment précis, lui semblera avoir le plus de chances de l'emporter et ses concurrents moins prometteurs seront vite ramenés dans le rang, ou abandonnés, comme de Villepin, par la foule des hommes pressés de pouvoir.

Si certaines des composantes de la droite ont des préférences dans tel ou tel domaine, les mœurs, la politique pénale, l'Europe, elles en font facilement litière pour rallier la future majorité présidentielle. On en a eu l'illustration avec la naissance inopinée du Nouveau centre entre les deux tours de l'élection présidentielle, abandonnant brusquement tout ce qui séparait les propositions de François Bayrou de celles de Nicolas Sarkozy ; on vient encore d'en avoir un bel exemple avec les ralliements discrets de Philippe de Villiers et des « chasseurs » à l'UMP.

Les socialistes englués dans le « tout à l'égo »

La gauche, elle, n'est pas disciplinée. Dès l'élection présidentielle passée, et perdue, éclosent les ambitions. A l'américaine, on écarte d'emblée le perdant, mais chaque candidat à la candidature commence à « marquer » les autres. L'un fait-il une proposition, que les autres sont contre.

Aujourd'hui deux leviers de discorde : les primaires et les alliances. De projet ou plutôt de « contre-projet » à opposer -sans systématisme- à la politique de Sarkozy, rien, en tous cas rien qui ressorte dans les médias, ce qui est aujourd'hui la seule voie d'un éventuel succès politique futur.

Je sais bien, pour les avoir entendus, en tendant l'oreille, que nombre d'élus, notamment Jean-Marc Ayrault interviennent pertinemment lors des débats parlementaires. Mais sans la médiatisation qu'il faut et surtout la synthèse qui « organise » un projet politique. Espérons que Pierre Moscowici, chargé justement de bâtir un tel projet par Martine Aubry, ne sera pas englué dans le « tout à l'égo ».

Dites-nous quelles mesures vous prendriez si vous étiez au pouvoir

Messieurs Peillon, Montebourg, Vals, et de leur côté, Mélenchon, mais aussi les dirigeants des Verts et des Radicaux de gauche s'il vous plait, pourriez-vous, cesser de parler alliances, de vous agonir sur de fausses questions, de vous jeter le Modem à la figure, mais nous entretenir des mesures que vous prendriez si vous étiez aujourd'hui au pouvoir. La question s'adresse aussi à Ségolène Royal, que je ne tiens pas du tout pour écartée de la course. C'est par le projet que vous convaincrez les Verts et leurs électeurs. C'est par lui que vous rallierez ceux qui ont voté Bayrou au premier tour de 2007. Pas en créant une zizanie artificielle sur les alliances !

Nicolas Sarkozy a creusé l'endettement de la France, qui était déjà excessif, par sa loi fiscale de juillet 2007. Elle est aujourd'hui plus endettée encore (80% du PIB) .

Que proposez vous pour réduire la dette ? Quelles mesures fiscales ? Sur les contribuables de quelles tranches ?

Quelle position allez vous adopter pour la taxe carbone ? 15€ ou 32€ ? Avec ou sans reversement et à qui ?

Allez-vous encore laisser l'initiative à Sarkozy et vous laisser réduire à une opposition stérile ?

Que proposez-vous pour combler le déficit de l'assurance maladie ? Plus de CSG ? Plus -beaucoup plus- de discipline imposée aux professionnels de santé ? Ayez le courage de le dire ! Comment renverser l'évolution vers un système de santé à plusieurs vitesses ? Quelle politique du médicament allez-vous mettre en œuvre pour ramener leurs prix à un niveau acceptable et pas à celui que fixent les labos ?

Comment allez vous équilibrer le système de retraite par répartition, le seul solidaire, et éviter une capitalisation qui s'avère aujourd'hui désastreuse. Quel allongement de la durée de cotisation ? Avec quelles corrections pour la pénibilité ?

Dans un pays qui, il faut l'admettre, n'a pas l'esprit d'entreprise des anglo-saxons, comment l'Etat, si vous le dirigiez, impulserait-il une « politique » de recherche et de développement vers les créneaux que nous laissent la mondialisation ? Allez-vous, là encore, vous contenter de contredire le plan que Nicolas Sarkozy présentera dans deux mois pour justifier son grand emprunt ?

Quel vrai programme de logements sociaux donc de politique foncière allez-vous adopter ? Quelle contre-proposition concrète allez-vous faire au projet de réforme des collectivités territoriales de Nicolas Sarkozy qui est une nécessité mais que l'on peut mener autrement ?

Je me limite volontairement aux sujets économiques sans avoir la prétention d'être exhaustif ni directif. Mais sur eux, comme sur les sujets de justice, de sécurité, de police, d'affaires étrangères nous aimerions bien vous entendre AVANT que vous ne repreniez vos débats favoris sur les alliances et les primaires, qu'un vrai projet rendrait d'ailleurs inutiles.

En tant que militant socialiste, je ne peux qu'applaudir à cet article… Tout est dit !

Le PS est devenu un syndicat d'élus, sans souffle. N'étant ni élu, ni syndicaliste, j'avoue avoir du mal a y trouver ma place…mais c'est une autre histoire.

Aujourd'hui, LE sujet, ce sont les fameuses primaires ouvertes. Elles mobilisent toutes les énergies, sont au centre de tous les débats. On pourrait rappeler à leurs promoteurs, qu'en Italie, elles n'ont pas permis à Walter Veltroni de gagner face à l'inoxydable Berlusconi…

Et si, finalement, le projet était primordial ?
Et c'est bien là que le bât blesse. Les « projets » du PS ressemblent plus à des catalogues de mesures techniques. Comme si la recherche de l'exhaustivité pouvait masquer l'absence de vision d'ensemble.

Il me semble que le PS pourrait utilement s'inspire du programme du Conseil National de la Résistance (CNR), rédigé en mars 1944.

L'évocation du programme du CNR n'est pas la manifestation d'une nostalgie déplacée ! Il s'agit de souligner la force mobilisatrice de ce programme, plus particulièrement la deuxième partie de ce programme intitulée « MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE ». En effet, en deux pages seulement, sont tracées les grandes lignes de ce qui structure ce qu'il est convenu d'appeler le « modèle français ».

Citons quelques points, d'une brûlante d'actualité :
 le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l'amélioration du régime contractuel du travail ;
 un rajustement important des salaires et la garantie d'un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d'une vie pleinement humaine ;
 une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
 La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l'instruction et d'accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Certes, la société française a évolué depuis mars 1944, mais c'est ce principe que devrait reprendre le Parti Socialiste. Il faut abandonner cet esprit de catalogue qui préside habituellement à l'élaboration de nos projets. Il faudrait d'abord définir un cadre précis sur des thèmes fondamentaux :
 Emploi
 Santé
 Education
 Logement
 Fiscalité
 Protection sociale
 Justice
 Construction européenne
 Mondialisation
 …

Ce « document cadre » devrait tenir sur une ou deux pages. Il serait le cadre de référence et devrait être largement approuvé par les militants. Ensuite, des réunions thématiques ouvertes à tous (élus, experts, militants, associatifs, citoyens…) devraient permettre de décliner les différents thèmes du cadre de référence en propositions concrètes. Ce travail pourrait s'étaler sur un an, ponctué par des votes des militants à chaque étape.
Le but est d'avoir un plan d'action évolutif quant à son contenu, mais ferme sur les principes directeurs…

PP

07:51 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ps, gauche | | |  Facebook | | |

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