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08 septembre 2009

Alimentation: un milliard d'affamés

Par Louis Maurin

A cause de la crise, le nombre de personnes qui souffrent de la faim devrait augmenter de 100 millions en 2009.

Pour la première fois dans l'histoire de la planète, le nombre de personnes qui souffrent de la faim devrait dépasser le milliard cette année, a indiqué l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO, voir www.fao.org). Au total, leur nombre augmenterait en effet de 100 millions en 2009, soit une hausse de 11%.

Les deux tiers des personnes qui manquent de nourriture se trouvent en Asie (640 millions), un quart en Afrique subsaharienne (265 millions), le reste se répartit dans les autres régions du monde. La communauté internationale s'était engagée à réduire le nombre des personnes qui souffrent de la faim à moins de 420 millions d'ici à 2015. Cet objectif ne pourra plus être tenu, selon la FAO.

Les causes structurelles du phénomène sont multiples: guerres civiles, conflits entre pays, désorganisation des systèmes agricoles et des infrastructures d'approvisionnement... S'y ajoutent désormais les conséquences de la récession mondiale. Les prix agricoles baissent après avoir flambé en 2007 et 2008, mais cette baisse reste souvent plus limitée que les hausses antérieures. Ainsi par exemple, au Sri Lanka, le prix de la tonne de blé était passé de 400 dollars en juin 2007 à 700 dollars début 2008. Il n'était redescendu qu'à 600 dollars en mars dernier.

Dans le même temps, la crise entraîne une diminution des ressources, dont l'impact est souvent supérieur à la baisse des prix alimentaires. Les investissements étrangers dans les pays en développement ont diminué de 32%, selon le FMI, les fonds en provenance des travailleurs émigrés ont reculé de 5% à 8%, et l'aide publique au développement a baissé de 25% pour les 71 pays les plus pauvres. Parallèlement, le coût de leurs emprunts s'est accru et leurs exportations ont chuté.

Cette évolution "a eu des effets dévastateurs sur la plupart des populations pauvres dans le monde", note la FAO. Entraînant une série de conséquences néfastes: travail des enfants, émigration, vente d'actifs (comme le bétail), qui pèseront sur le développement ultérieur de ces pays. L'organisation appelle à "une assistance immédiate pour éviter une aggravation de la situation", alors que face à la crise les pays riches se concentrent sur leurs propres difficultés. Cette assistance ne ferait cependant qu'amortir le choc: la FAO préconise des changements structurels pour assurer durablement une hausse de la production vivrière: modernisation, aide aux petits producteurs, mécanisme de régulation des prix de vente, infrastructures commerciales, etc. Mais nourrir le peuple n'est pas toujours la principale préoccupation des élites des pays pauvres.

 

07:50 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : crise | | |  Facebook | | |

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