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28 septembre 2009

Lendemain d'élections en Allemagne

Comme je vous l'ai dit, ce week-end j'étais aux universités de rentrée de Benoît Hamon.

Je vous en dirai plus dans le courant de la semaine. C'était plutôt intéressant

J'ai entendu plein de "gros mots" : puissance publique, nationalisations, redistribution, service public....

Mais aujourd'hui, ce qui me préoccupe, c'est le résultat des élections législatives en Allemagne.

La cuisante défaite du SPD ne peut qu'interroger sur l'état de délabrement de la gauche européenne, alors même que le contexte économique devrait logiqiement la renforcer.

Allemagne : le SPD va devoir se réinventer

A 18 heures tapantes, dimanche 27 septembre, un silence de mort s'est abattu sur la maison Willy-Brandt, le siège du Parti social-démocrate allemand (SPD), à Berlin. Des militants effarés ont écouté, sans voix, l'annonce des résultats des sondages "sorties des urnes". Sous la houlette du ministre des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, le SPD s'est vu infliger une déculottée : 22,9 % des voix, en recul de plus de onze points par rapport aux législatives de 2005 (34,2 %). Son plus mauvais résultat historique. Dans la bataille, il perd un tiers de ses députés.

La défaite, si elle était prévisible, n'en est pas moins douloureuse. Depuis quinze jours, les sondages évoquaient une légère remontée dans les intentions de vote. Parmi les caciques du parti, plus d'un s'était mis à rêver à voix haute d'une reconduction de la grande coalition avec les chrétiens-démocrates (CDU). Il n'en est rien : les sociaux-démocrates rejoignent bel et bien les bancs de l'opposition après onze ans passés aux affaires.

Le teint cireux, Frank-Walter Steinmeier s'est rapidement présenté devant la foule des sympathisants réunis au siège du parti. "C'est un jour amer pour la social-démocratie allemande, il n'y a aucun moyen de présenter favorablement ce résultat", a-t-il reconnu. Souvent raillé pour son manque de charisme, le chef de la diplomatie avait malgré tout mené une campagne pugnace ces dernières semaines.

Dimanche soir, il a dit son intention de conduire une opposition combative, soucieuse de défendre "l'égalité sociale". Applaudissements chaleureux mais sourires crispés dans la salle. A ses côtés, la mine défaite, le chef du SPD, Franz Müntefering, a tenu à souligner : "Nous ne sommes pas un parti du passé".

CRISE D'IDENTITÉ

Après le séisme de dimanche, les sociaux-démocrates vont pourtant devoir se livrer à un pénible examen de conscience. Et ce, sous peine de voir toujours plus d'électeurs filer à la gauche de la gauche, chez Die Linke, la formation d'Oskar Lafontaine. Installé pour de bon dans le jeu politique allemand trois ans après sa création, le jeune parti de la gauche radicale, formé de déçus du SPD et d'anciens communistes de l'ex-RDA, a recueilli un très bon score de 12 %. "Son meilleur résultat historique", a décrété un Lafontaine goguenard. En 2005, le PDS, ancêtre de Die Linke, avait réuni 8,7 % des suffrages.

Flanqué d'un bataillon de 76 députés, Oskar Lafontaine, lui-même ancien patron du SPD, entend bien continuer à jouer les trublions lors des débats au Bundestag. "Nous sommes le parti qui fera pression pour que l'Etat social soit reconstitué", a-t-il aussitôt annoncé. Un pied de nez en forme d'avertissement à l'adresse de ses anciens compagnons sociaux-démocrates dont il ne cesse d'attaquer le recentrage.

Le scrutin de dimanche révèle un SPD en pleine crise d'identité. Quatre ans de grande coalition l'ont laissé à genoux. Pénalisé par la "gauchisation" de Mme Merkel, il a lui-même perdu de ses contours en soutenant des réformes de la droite. M. Steinmeier a essayé ces derniers mois de revenir aux fondamentaux de la social-démocratie avec un programme ancré bien à gauche. Mais la recette n'a pas pris.

D'après les premières enquêtes après le scrutin, les électeurs ont fait défaut dans toutes les tranches d'âge, toutes les catégories socioprofessionnelles. Beaucoup ne se sont d'ailleurs même pas déplacés, comme l'atteste un taux de participation historiquement bas.

Renvoyé dans l'opposition, le SPD va devoir se réinventer. Au siège, dimanche soir, les militants ne savaient sur quel pied danser. "C'est une catastrophe. Nous allons devenir faibles comme les socialistes en France", s'inquiétait un assistant parlementaire. Plus loin, un vieux routier social-démocrate, professeur à la retraite, affirmait le contraire : "C'est bien d'en finir avec la grande coalition. C'est la seule façon de reprendre du poil de la bête." "Le problème, c'est qu'il n'y a plus de personnalités charismatiques", disait un autre, en jetant un coup d'œil à la statue de l'ex-chancelier Willy Brandt trônant au milieu de la salle.

Frank-Walter Steinmeier continuera-t-il à représenter le SPD jusqu'à la bataille de 2013 ? Le candidat malchanceux a immédiatement revendiqué la présidence du groupe parlementaire. Reste à voir s'il ne sera pas désavoué par l'aile la plus à gauche du parti, qui voit en lui un caractère trop modéré sans la trempe du gagnant. Et un adversaire encombrant à toute alliance avec Die Linke, sans laquelle les sociaux-démocrates risquent de s'infliger une interminable cure d'opposition.

 

Toute ressemblance avec un parti français ne serait que purement fortuite !?

13:48 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gauche | | |  Facebook | | |

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