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12 novembre 2009

Carte scolaire : premier bilan de l'assouplissement...

On s'en doutait, une enquête de la Cour des comptes remise au Sénat la semaine dernière le confirme : l'assouplissement de la carte scolaire n'est pas bonne pour les collèges qui regroupent déjà une majorité d'élèves à la fois en difficulté sociale et scolaire.

 

Selon la Cour des comptes, 186 des 224 collèges classés « Ambition réussite » (les plus en difficulté) ont perdu des élèves depuis la rentrée 2007. Pour certains, cela confine à l'hémorragie puisque cela peut atteindre 10% des effectifs.

 

Le plus problématique dans tout cela, c'est que les élèves qui partent de ces collèges font souvent partie des meilleurs. D'où une plus forte concentration d'élèves en difficultés dans les collèges déjà réputés « difficiles ».

 

Dans son édition du 6 novembre, Aujourd'hui évoque le cas du collège Paul-Giéra, dans le quartier sensible Monclar à Avignon, qui a dû fermer ses portes définitivement en juillet dernier et sera bientôt détruit. Les 322 élèves (dont 92% issus de familles défavorisées) ont été répartis dans des établissements de la ville. Un sénateur UMP ( !) dénonce ce « drame social » qu'est la fermeture du collège, dernier service public dans un quartier en difficulté. Il dénonce également les « effets pervers de l'assouplissement de la carte scolaire ».

 

En fait, pas de quoi s'étonner...Sous prétexte de « simplifier », « d'assouplir », on a entériné la possibilité de contourner un instrument qui assurait tant bien que mal un semblant de mixité sociale dans les établissements scolaires. L'argument du ministre de l'éducation de l'époque (Xavier Darcos) était de dire « puisqu'il est possible pour certains de contourner la carte scolaire, autant la supprimer ». On voit toute la puissance de ce raisonnement : « Puisque certains commettent des excès de vitesse, autant abolir les limitations de vitesse. », « Puisque la fraude fiscale est une réalité, autant supprimer les impôts. »...

 

A terme, que se passera-t-il si le scénario du collège d'Avignon se reproduit à plus grande échelle ? Comment et où accueillir les élèves des collèges voués à la fermeture ? Les « bons » établissements voudront-ils ou pourront-ils leur faire une place ?

 

Une fois de plus, nous sommes face à une réforme mal préparée, dont les conséquences néfastes ont volontairement été occultées au profit d'une prétendue « liberté ».

 

On oublie toujours que, « entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. »

 

PP

07:50 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inégalités, éducation | | |  Facebook | | |

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