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22 novembre 2009

Dette publique: le scénario du pire

La réduction nécessaire de la dette publique menace la reprise de l'activité économique. Selon une étude la Société Générale, l'économie mondiale - pays développés en tête - pourrait connaître la décennie perdue qu'a vécue le Japon.

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"Espérer le meilleur, se préparer au pire". Le scénario privilégié par Société Générale est celui d'une reprise lente et graduelle de l'économie mondiale. Mais pour tenir compte de toutes les éventualités possibles, les équipes de recherche de la banque ont exploré d'autres pistes, en focalisant leur attention sur les niveaux de dettes publique et privée dans le monde, notamment dans les zones dites développées (Etats-Unis, Japon, Europe).

L'an dernier, l'intervention massive des gouvernements pour sauver le système financier et relancer l'activité a mené les niveaux d'endettement des nations à des niveaux équivalents à ceux observés pendant la seconde guerre mondiale. Aux Etats-Unis, la dette publique devrait atteindre 100% du PIB l'an prochain. L'Europe sera dans une situation similaire dans quelques années. Le Japon devrait dépasser les 200%.

"Si les gouvernements stoppent leurs programmes de relance trop tôt, nous pourrions retomber en récession. Mais si le déficit public continue de se creuser, nous pourrions retrouver une situation de forte inflation et des taux d'intérêt élevé d'ici 2011", avertit Daniel Fermon, coordinateur de l'étude chez SG.

Scénario à la japonaise

La situation actuelle de l'économie des grands pays industrialisés rappelle celle du Japon dans les années 1990. "Tout comme au Japon, la dette est la principale contrainte pour la croissance du PIB américain", observe l'étude. "Réduire un endettement excessif est susceptible de stopper l'activité économique (...) ce qui se traduirait par une répétition de la 'décennie perdue' qu'a connu le Japon."

En Europe, quel que soit le scénario économique envisagé pour les prochaines années, les économistes de Société Générale estiment que l'on sera toujours à des niveaux de dette très supérieurs aux 60% fixés par le Traité de Maastricht: 90% en 2011 dans le meilleur des cas, 125% dans le pire pour la zone euro.

Les pistes du désendettement

Historiquement, les Etats ont utilisé différents moyens pour réduire leur dette: la banqueroute, l'inflation, financer de nouvelles sources de croissance ou engager des réformes avec à la clef des hausses d'impôts.

Parmi les pistes envisageables pour réduire la dette, outre l'augmentation des impôts, SG suggère de nouvelles vagues de privatisations, la réduction des dépenses publiques, et la dévaluation des devises. Ce dernier risque menace en particulier le dollar, dont la glissade face à l'euro, engagée depuis de nombreuses années, devrait se poursuivre.

L'avance des émergents

Mais l'autre enseignement de la crise de la dette tiré par la SG est l'écart de performance entre les pays développés et les pays émergents, et le transfert de pouvoir vers ces pays. La Chine devrait être très prochainement la deuxième économie mondiale, après les Etats-Unis et juste devant le Japon. D'ici 2014, le poids dans l'économie des pays émergents devrait atteindre 50%, contre 24% aujourd'hui.

"Pendant que les pays développés font leur possible pour réduire leur dette, les pays émergents sont plus préoccupés par la valeur du dollar, l'inflation importée par les prix des matières premières, et les troubles politiques internes", constate l'étude. Pour les pays développés, la conséquence d'une telle situation serait un regain de déflation, un taux de chômage élevé et une consommation atone, prédit SG. Bref, la décennie perdue qu'ont connue les Japonais.

07:51 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : finance, crise, libéralisation, inégalités | | |  Facebook | | |

Commentaires

Avons-nous réellement l'ambition de réduire notre dette ?? on pourrait parfois en douter, les prélèvements sont de plus en plus élevés, la dette est de plus en plus élevée elle aussi, le pouvoir d'achat diminue, nos exportations sont plutôt en recul et tout cela fait que le chômage s'accentue et que personne ne comprend plus à quoi servent toutes ces sommes débloquées et quels sont les résultats obtenus.
Avons nous tout simplement emprunté le bon chemin ? il est vrai que ce n'est pas simple car nous sommes bien évidemment tributaires de l'Europe, du Monde mais malgré tout il parait évident que plus LA fiscalité directe ou indirecte sera élevée moins il y aura de pouvoir d'achat... et continuer à donner un peu par çi un peu par l pour calmer le jeu ne sera pas suffisant et ne fera qu'augmenter notre dette, il n'existe probablement pas de solution miracle mais nous pourrions certainement pouvoir mieux faire et il y a suffisamment de spécialistes pour y parvenir.

Écrit par : SM | 10 mars 2010

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