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03 février 2010

Vaccin H1N1: la santé publique grippée

Par Philippe Frémeaux - paru dans Alternatives Economiques n°288 (Février 2010

 

Face à l'épidémie de grippe H1N1, nombre d'esprits forts ont expliqué, après coup, qu'il n'était pas nécessaire d'acheter des millions de doses de vaccins et d'antiviraux. On peut cependant comprendre que le gouvernement, traumatisé par les crises sanitaires antérieures comme l'affaire de la vache folle ou celle du sang contaminé, ait pris toutes les précautions envisageables. En revanche, il est impardonnable qu'il n'ait pas donné les moyens de vacciner rapidement la population, une fois les vaccins disponibles. Moins de 10% de la population avait finalement été vaccinée fin décembre, alors que le pic épidémique avait d'ores et déjà été atteint. Par chance, le virus s'est révélé moins virulent qu'on ne l'avait redouté.

Cette situation ubuesque s'explique par l'incapacité du gouvernement à gérer le corps médical. On a contraint tous les Français à choisir un médecin traitant. La logique aurait voulu que ce soit lui qui convoque ses patients afin de les vacciner. Ces tâches de santé publique devraient même être au coeur de l'activité des généralistes et ceux-ci devraient être rémunérés forfaitairement pour les accomplir. Mais ce n'est pas le cas. On en reste encore à une logique de paiement à l'acte. Du coup, afin d'éviter de payer quelques dizaines de millions de consultations, Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, a mis en place une organisation de type soviétique, totalement inefficace, réquisitionnant au passage des praticiens hospitaliers qui avaient mieux à faire ailleurs. Pour finir, courant janvier, par changer d'avis. Lamentable.

 

Voir aussi, sur le même thème mon billet du 12 janvier 2010.

07:20 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | |

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