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21 février 2011

Une politique de plus en plus déplorable

Par  Patrice Partula - Secrétaire général de la FCPE.

 

 

La faim justifie-t-elle les moyens? La dernière trouvaille du ministre de l'Education nationale, la rétribution de représentants de l'Etat en partie sous forme de primes sur objectifs, nous laisse dubitatif. Des recteurs aux chefs d'établissement le dispositif est en marche. Si la FCPE n'a pas à se prononcer sur les modalités de rémunération des personnels de l'Education nationale, elle ne peut que s'interroger sur les objectifs réels de ces primes. Stimuler les acteurs du système éducatif pour plus d'efficacité? Calmer la colère? Diviser pour mieux régner? La FCPE a du mal à comprendre cette logique qui consiste d'un côté, au nom du déficit budgétaire, à réduire de manière drastique les moyens alloués à l'Education nationale, et de l'autre à attribuer une rémunération complémentaire variable pouvant aller jusqu'à 22 000 euros en fonction du corps d'appartenance.

 

Après la réduction des moyens, il nous semble assister à l'attribution de bonus à qui parviendra à faire plus avec moins. Moins d'enseignants, moins de DGH, moins de programmation, plus de politique à court terme, plus d'exclusion. A l'affirmation «travailler plus pour gagner plus » se succéderait « casser plus pour gagner plus». Casser plus le système éducatif, déconstruire méthodiquement notre Ecole publique, gratuite, laïque, jusqu'alors fierté de notre Nation. Que l'on ne s'y méprenne pas, la FCPE ne s'oppose pas à une revalorisation des rémunérations des personnels de l'Enseignement public. Néanmoins, il lui paraît que les modalités mises en œuvre sont tout simplement aux antipodes d'une réelle reconnaissance des personnels. Aux antipodes d'une politique de revalorisation des métiers, ou encore de celle du sens de l'engagement au service de l'Etat.

 

Certains ont parlé de mépris, de cynisme, d'humiliation. Rien d'étonnant, lorsqu'un gouvernement place l'argent au dessus de tout. Ainsi, les politiques publiques se vident de leur contenu et une génération de futurs citoyens se trouve sacrifiée sur l'autel du déficit budgétaire. La nécessité de faire évoluer l'Ecole est une affaire qui concerne la Nation. Nous devons marquer encore plus fermement notre mécontentement face aux politiques actuelles. Il serait temps que ceux qui ont en charge le destin de cette Nation dépassent le simple rôle de grand argentier

 

 

09:25 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : éducation | | |  Facebook | | |

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