Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

12 mai 2011

Les Hauts-de-Seine captent toujours plus les salariés les plus riches depuis 20 ans

Article paru sur le blog Contes publics

 


 

argent.1295532431.jpg

 

Une étude, publiée mi-avril par Olivier Godechot, sociologue spécialiste du secteur financier, confirme le décrochage à l’œuvre depuis dix ans en France en matière de rémunérations entre l’immense majorité des Français et les 0,1 % les plus aisés (soit quelque 15 000 personnes) et même les 0,01 % les plus riches.


Cette étude s’appuie sur les données 1976-2007 de sécurité sociale pour le secteur privé. Elle montre aussi que ces 0,1 % de salariés les plus riches ont vu leur poids augmenter du fait des hausses des rémunérations dans la finance. Elle souligne par ailleurs que ces salariés les plus aisés ont tendance à se concentrer depuis dix ans dans un seul département : les Hauts-de-Seine.


Les travaux de M. Godechot, chargé de recherches au CNRS et enseignant à l’Ecole d’économie de Paris, s’inscrivent dans le droit fil de ceux réalisés par Camille Landais, en 2007, ou Julie Solard, en 2010, qui avaient déjà souligné cet accroissement des inégalités de revenus par le “très haut”. Une étude de l’Insee publiée fin avril, a également souligné cette tendance.


“Nous constatons une augmentation globale des salaires, mais à des taux différents”, souligne M. Godechot dans son étude. Le poids des 0,1 % des salariés les plus aisés dans la masse salariale totale est ainsi passé de 1,2 % en 1996 à 2 % en 2007.


Il y a surtout eu une forte augmentation du poids des 0,01 % de salariés les plus riches (soit 1 692 personnes) : “la moitié de cette hausse de 0,8 point [du 0,1 % de salariés les plus riches] leur est revenue, l’autre moitié ayant bénéficié aux 0,09 % de salariés les plus riches”, souligne l’étude.


Pendant ce temps, la part représentée par 90 % des salariés “a baissé”, perdant 2 points en 30 ans. Celle des 9,9 % suivants restant “globalement stable ou augmentant à un rythme lent”.


sans-titre.1304948851.JPG

 

En 2007, les 90 % les “moins” payés touchaient entre 7 600 et 46 700 euros de salaire brut annuel et gagnaient en moyenne 22 400 euros.


Les 0,1 % des salariés les mieux rémunérés dans le secteur privé gagnaient tous plus de 280 000 euros annuels, soit 24 000 euros mensuels.


Les 0,01 % de salariés les mieux payés touchaient au minimum 867 000 euros, et en moyenne 1 682 000 euros par an, selon M. Godechot.


Il précise que “la moitié de l’augmentation de la part des 0,1 % de salariés les plus riches dans la masse salariale totale, est due à une hausse des salaires des cadres de la finance”.


Dans la tranche des 0,01 % les plus riches, “nous trouvons près de 40 % de salariés de la finance, 20 % de chefs d’entreprise et 10 % de sportifs”, ajoute-t-il.


sans-titre3.1304949285.JPG

 

Par ailleurs, l’étude a aussi cherché à cerner où se situaient géographiquement ces salariés les plus riches. “Il y a une concentration sur Paris”, note M. Godechot, qui précise que la part de Paris est toutefois restée stable.


“La proportion de riches travailleurs” a en revanche “chuté en province, passant de 40 % à 20 %” entre 1975 et 2007.


Un département a, dans le même temps, pris un poids considérable : les Hauts-de-Seine. Le poids de ce département est passé de 10 % à la fin des années 1980 à 30 % en 2007.


On y “trouve désormais plus de riches travailleurs que dans toute la province réunie”, indique M. Godechot.


sans-titre2.1304948812.JPG

08:01 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : salaires, inégalités | | |  Facebook | | |

Les commentaires sont fermés.