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27 août 2011

Primaires : soutien à la candidature d'Arnaud Montebourg

logo%2BArnaud%2BMontebourg.pngDans le cadre de la campagne pour les primaires socialistes, j’ai décidé de soutenir la candidature d'Arnaud Montebourg.

 

En effet, je pense que c’est le candidat qui apporte le plus de « sang neuf » dans le débat. Les deux principaux candidats, à savoir Martine Aubry et François Hollande, font quant à eux assaut de rigueur et de « normalité ». François Hollande s’est prononcé ces jours-ci pour un retour du déficit à 3% du PIB dès 2013, approuvé par Martine Aubry. C’est à peu près ce que propose la droite. Il est clair que ces deux là se positionnent dans la lignée des socialistes « bons élèves », bons gestionnaires d’un système qui prend l’eau de toutes parts…

 

Qu’on ne se méprenne pas sur mon propos, je ne crois pas à l’homme providentiel (pas plus qu’à la femme providentielle d’ailleurs). En revanche, je suis sensible aux arguments développés par Arnaud Montebourg, notamment dans ses deux ouvrages (Des idées et des rêves paru fin 2010, et Votez pour la démondialisation paru début 2011 qui reprend en le détaillant un chapitre du premier ouvrage).

 

Tout d’abord, il affiche sa volonté de transformer en profondeur le système. Pour cela, il réaffirme la prépondérance du politique sur l’économie et la finance. Il est favorable à un strict encadrement de la finance qu’il faut, selon lui, « domestiquer ».

 

Contrairement au projet socialiste qui demeure relativement productiviste, il a pris conscience que la croissance économique n’est pas la solution (il s’appuie notamment sur les travaux de Tim Jackson, auteur de « Prospérité sans croissance »). Il ne faut pas continuer à croitre, il faut transformer le système économique, notamment en changeant nos modes de consommation (en privilégiant la location) et de fabrication (la conception des produits devra intégrer le démantèlement et le recyclage, sous peine de pénalités pour les fabricants). Une attention particulière est portée aux plus pauvres, afin qu’ils ne soient pas pénalisés par le renchérissement des prix dû à la prise en compte du coût des atteintes à l’environnement (tarif différencié selon l’usage pour l’eau et l’électricité, taxe carbone progressive, investissement dans les transports en commun…).

 

Son projet repose également sur la remise en mouvement de la société en combattant les rentiers qui pèsent sur l’économie, que ce soient les grands groupes qui asphyxient leurs sous-traitants ou les héritiers qui s’enrichissent en dormant. Il propose de rendre plus progressif l’impôt sur les successions pour éviter la constitution de dynasties de rentiers, et donner sa chance au plus grand nombre. Concernant les rémunérations, il s’agit d’indexer les salaires sur la productivité des entreprises et de supprimer les stock-options qui déconnectent les salaires des dirigeants de la performance « réelle » de l’entreprise.

 

L’accent est mis sur la nécessité d’une base industrielle forte, fondée sur une politique industrielle volontariste. Malgré le développement des services, nous vivons dans un monde toujours plus industriel et de plus en plus dominé par la technique. La « France sans usine » est un leurre. Le renouveau productif s’appuiera sur un plan national de recherche technologique, financé par le redéploiement du crédit impôt recherche aujourd’hui inutilement distribué aux grands groupes qui n’investissent plus sur notre territoire.

 

La transformation du modèle économique passera également par la promotion du capitalisme coopératif, fondé sur un fonctionnement plus démocratique des entreprises. En effet, dans les coopératives, chaque salarié est co-propriétaire de l’entreprise et « un homme = une voix ». Pour cela, un nouveau système bancaire devra investir sur le long terme. Le système bancaire « traditionnel » sera mis sous tutelle, avec notamment la séparation des métiers de banque de dépôt et de banque d’affaires. Un certain nombre de pratiques financières (titrisation, vent à découvert…) seront sévèrement encadrées afin de limiter les risques et de faire reposer les responsabilités sur ceux qui ont effectivement pris le risque.

 

C’est peut-être sur la dette publique que sa position tranche le plus avec les autres candidats. En effet, là où les autres acceptent le fardeau de la dette et reconnaissent implicitement qu’il faudra une cure d’austérité, Arnaud Montebourg pointe l’illégitimité de la dette publique, dans la mesure où elle résulte non pas de l’incurie d’un Etat trop dépensier, mais d’une part de la baisse des recettes publiques dues aux baisses d’impôts et d’autre part de l’obligation faite aux Etats de s’endetter auprès des marchés financiers. Une bonne part de la dette est constituée d’intérêts cumulés, sans eux la dette actuelle serait de 325 milliards, au lieu de 1500 milliards…D’où deux idées phares pour sortir du piège de la dette : monétiser une partie de la dette en la faisant racheter par la BCE et laisser remonter légèrement l’inflation (3% par an permettent de faire baisser la dette de 26% en 10 ans). Des impôts temporaires et ciblés sur les plus riches permettront également de donner de l’air aux finances publiques.

 

Enfin, concernant la mondialisation, il s’oppose au laisser-faire et à la démission qui a caractérisé les classes dirigeantes depuis près de 30 ans. Ces classes dirigeantes européennes ont organisé leur propre impuissance en désarmant progressivement les régulations, qu’elles soient commerciales ou financières. Il en résulte une mise en concurrence inacceptable et délétère entre les systèmes fiscaux et sociaux, au bénéfice des actionnaires des grands groupes mondialisés. Il s’agit donc de remettre de l’ordre dans le système, en taxant les produits qui ne satisfont pas aux standards européen d’exigence en matière sociale et environnementale. Au sein même de l’Europe, il faudra affronter l’Allemagne pour qu’elle rééquilibre son modèle économique vers sa consommation intérieure… Contrairement à la caricature qui est faite du concept de « démondialisation » ainsi proposé, il ne s’agit nullement d’un repli national comme le propose le Front National, mais de réguler les échanges commerciaux notamment entre l’Europe et le reste du monde.

 

 

Pour plus de détails, vous pouvez consulter :

* le diaporama que j’ai construit à partir d’extraits des deux ouvrages cités plus haut (cliquez ici pour y accéder directement :AM_Candidature aux primaires.pdf , ou cliquez sur « Primaires : soutien à la candidature d’Arnaud Montebourg » dans la rubrique Album de ce blog, à droite de l’écran, puis sur Diaporama)

 

* le détail des 100 propositions : AM_100 propositions.doc

 

* le site Des idées et des rêves

 

PP

 

 

 

 

 

08:00 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : primaires, ps, gauche, finance, industrie | | |  Facebook | | |

Commentaires

Bonjour,

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Bien à vous

L'équipe d'Arnaud Montebourg

Écrit par : Des Idées et des rêves | 21 juillet 2011

Conseiller Général de la Vienne,

Je soutiens la candidature d'Arnaud Montebourg.

Écrit par : Touchard Michel | 14 septembre 2011

Conseiller Général de la Vienne,

Je soutiens la candidature d'Arnaud Montebourg

Écrit par : Touchard Michel | 14 septembre 2011

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