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22 août 2011

Aux abris les puissants ! Laurent Joffrin entre en lutte !

Mes commentaires à la fin du texte...


 

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Crise : l'autre stratégie pour en sortir

Par Laurent Joffrin

Il y a dans cette crise une vaste entourloupe en cours, masquée par le tumulte des marchés et la noria des réunions d'urgence : les idées qui nous gouvernent depuis trente ans s'effondrent sous nos yeux, mais ceux qui les défendent sont toujours en place et font prévaloir leurs vues.

Dans le brouillard de l'événement, sous les apparences de la dure nécessité, les féodalités financières et les classes dirigeantes imposent progressivement aux gouvernements un programme de fer qui préserve leurs intérêts, alors même que leur influence sur la planète apparaît maintenant à tous pour ce qu'elle est : une désastreuse sacralisation de l'argent fou.

D'expédients en mesures transitoires, de replâtrage en improvisation, les gouvernements conscients des enjeux mais incapables de s'unir sur une stratégie se dirigent lentement vers les solutions préconisées par les maîtres de l'argent : maintien du pouvoir des marchés, refus des réformes de structure de la finance et de la banque, coupes dans les dépenses publiques pour rembourser la dette. Autrement dit, protection des possédants et austérité pour les peuples.

On concède une mesure d'équité, on annonce de courageuses réformes pour plus tard, on trouve ici une rustine nouvelle ou là une béquille de fière apparence. Mais, en fait, les dogmes les plus usés sont toujours actifs : moins d'Etat, moins d'impôts, moins de salaires, plus de bonus. Le système financier qui a conduit la planète à la plus grande crise depuis 1929 restera en place.

Pourtant d'autres solutions existent, qui n'ont rien de farfelu ni de démagogique, avancées par des forces politiques importantes et par des experts reconnus.

Elles sont diverses, parfois contradictoires, elles émanent de courants idéologiques variés et ne sont pas toujours réunies dans un plan opérationnel et cohérent. Mais en les examinant sérieusement, on peut dégager une stratégie alternative à celle du monde de la finance, stratégie qui demande elle aussi des efforts, qui comporte sa part de risque, mais qui a le mérite de satisfaire à la fois à une meilleure équité et de tenir compte du nouvel état de la planète.

La première en urgence consiste, selon l'expression consacrée, à "monétiser les dettes souveraines", c'est-à-dire à financer une part des dépenses de l'Etat avec des prêts consentis par la Banque centrale européenne. Techniquement, la BCE déciderait d'acheter aux Etats les obligations qu'ils émettent pour se financer. Autrement dit, au lieu d'emprunter sur les marchés, les Etats emprunteraient auprès de la Banque, qui accorderait des conditions plus favorables. Comme la BCE achète ces titres en créant de la monnaie, on parle de "monétiser la dette".

Economiste chez Natixis, un temps conseiller du PS, Patrick Artus en est l'opiniâtre avocat. Sous des formes variées, on retrouve cette proposition dans le discours de la gauche américaine ou encore chez les experts du mouvement vert ou chez les économistes critiques. Certes, l'innovation risquerait de conduire Jean- Claude Trichet, le président de la BCE obsédé par le risque inflationniste, à une immolation par le feu. Mais elle soulagerait les finances publiques, elle rassurerait les créanciers, certains d'être remboursés, et elle éviterait aux peuples une austérité socialement insupportable.

Les orthodoxes, bien sûr, crieront au scandale. Les crédits ouverts sont autant de liquidités nouvelles. On crée de la monnaie ? Voici revenu le spectre horrifique de la planche à billets et de l'inflation ! Sauf qu'Artus a depuis longtemps répondu à cet argument : il y a inflation si les liquidités nouvelles créent, par excès de la demande sur l'offre, des tensions sur les marchés de biens et de services qui pousseraient les prix vers le haut. En période de récession ou de croissance lente, cette éventualité est improbable : une partie des capacités de production est inemployée ; si la demande augmente, l'offre peut suivre sans tension sur les prix.

Il y a un risque ? Certes. Mais rappelons que l'autre solution, celle des banquiers, consiste à exiger une livre de chair des classes moyennes et populaires et à programmer une récession de plusieurs années, qui ruinera encore plus sûrement les finances publiques, comme on le voit en Grèce...

Cette médication de court terme, dont il faut évidemment user avec prudence, permettrait seulement d'amortir le choc de la dette. Elle devrait être relayée par une réforme fiscale audacieuse, qui permettrait d'accroître la contribution des classes riches, si longtemps favorisées par le reaganisme planétaire, et assurerait aux Etats les moyens de faire face à leurs engagements. Là aussi les propositions existent. On en trouve de fort judicieuses chez Obama ou encore dans les projets des candidats socialistes à l'élection présidentielle française. Berlusconi soi-même vient de taxer un peu plus les riches... C'est le sabotage politique des conservateurs - les Tea Party américains par exemple - qui empêche leur mise en oeuvre. Ces mesures devraient évidemment être couplées avec une réforme des marchés financiers : séparation entre banques de spéculation et banques civilisées, réduction des paradis fiscaux, taxation légère des transactions financières dont on parle depuis vingt ans sans jamais rien faire, etc.

Tout cela débouche sur un modèle de développement différent : équité sociale, maîtrise de la finance, promotion de l'industrie et de la technologie sous contrainte écologique, réhabilitation du rôle des Etats démocratiques, seuls légitimes à décider d'une stratégie collective. Un modèle dont les puissants ne veulent pas, parce qu'il porte atteinte à leurs intérêts. Ainsi le destin des peuples se joue peut-être dans leur dos, dans la torpeur de l'été, au fil des discussions discrètes qui réunissent politiques et représentants de l'oligarchie. Laissera-t-on faire ?

Laurent Joffrin

 

Waou !

« les idées qui nous gouvernent depuis trente ans s'effondrent sous nos yeux », « les solutions préconisées par les maîtres de l'argent », « Mais rappelons que l'autre solution, celle des banquiers, consiste à exiger une livre de chair des classes moyennes et populaires », « une réforme fiscale audacieuse, qui permettrait d'accroître la contribution des classes riches »… il a mangé du lion Laurent le Rouge. Un peu plus, il nous promettait de pendre le dernier trader avec les tripes du dernier banquier d’affaires !


Pourtant les états de service du camarade Joffrin n’ont pas toujours été aussi reluisants…

 

Dans les années 1980, il a été le principal artisan de l’émission emblématique du libéralisme triomphant « Vive la crise » où il côtoyait Alain Minc pour nous dire à quel point les fonctionnaires étaient des privilégiés qui ankylosaient la France. Il fallait privilégier les initiatives privées, modernes…comme par exemple le spectacle du Puy du Fou organisé par un jeune vendéen dynamique que nom de Philippe de Villiers…

 

Revenant sur ses faits d’armes des années 1980 (il était chef du service économie de Libération), il a déclaré en 1993 : « On a été les instruments de la victoire du capitalisme dans la gauche. » « Le service économique était stratégique car on injectait du libéralisme. Nous étions l’aile moderniste, tapiste disaient les méchants…On trouvait que Serge July n’allait pas assez vite, mais c’était utile pour lui d’avoir une aile droite.»

 

En 2005, il a fait partie de la farandole des oui-ouistes du Traité constitutionnel, avec d’ailleurs la quasi des éditorialistes qui sévissent depuis 30 ans dans la presse écrite, à la radio ou à la télévision : Franz-Olivier Giesbert, BHL, Claude Imbert, Bernard Guetta, Alain Duhamel, Jean Daniel, Jacques Juilliard, Jean-Marie Colombani…

 

En 2007, il écrivait à propos du départ de Tony Blair:

« Inénarrables socialistes français. Les voilà qui découvrent Tony Blair au moment même où celui-ci tire sa révérence. Du coup, la question affleure: fallait-il prendre le charmant Tony comme modèle? Question oiseuse. (...) La gauche française serait bien aise d'afficher un bilan comparable à celui du travailliste honni. Bilan évidemment contrasté mais globalement bien meilleur que les performances françaises. Il y a plus de milliardaires en Grande-Bretagne qu'auparavant. Mais il y a nettement moins de pauvres. Il y a beaucoup de personnes secourues et par là écartées de l'activité économique. Mais le marché de l'emploi est performant et l'on trouve du travail facilement. Les inégalités ont crû. Mais jamais un gouvernement britannique n'a autant investi dans le secteur public, l'éducation notamment, avec, à la clé, des créations de postes considérables dans la fonction publique. Bref, Blair le libéral, tout en développant l'économie (de marché), a renforcé les instruments de la solidarité. On ne peut pas imiter platement cette expérience particulière. A tout le moins, on doit la méditer. »

 

2007, ce n’est pas si vieux que ça…et Joffrin en était encore à encenser un modèle dont on savait déjà qu’il reposait sur un endettement insoutenable, justement à cause des inégalités qu’il avait engendrées. 

 

Il faut vraiment que la situation soit catastrophique pour que Laurent Joffrin endosse des solutions qui vont à l’encontre de tout ce qu’il a représenté et proposé pendant sa (trop) longue carrière. Tant que les problèmes touchaient les classes populaires et les ouvriers, on pouvait regarder ailleurs et se rassurer entre amis du « cercle de la raison », mais maintenant que le système tremble vraiment, les rats quittent le navire ! Il faut sauver les meubles et essayer d’éviter le goudron et les plumes si ça tourne vraiment au vinaigre !

 

PP

 

Pour en savoir plus : http://www.acrimed.org/mot47.html

 

 

08:00 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook | | |

Commentaires

Vous avez déja cherché du papier-cul dans les chiottes de la gare saint charles à marseille, et bien vous n'avez qu'une idée trés imparfaite de ce qui vous attend si vous cherchez des "convictions" chez joffrin !!!

Écrit par : Clérembard | 22 août 2011

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