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05 septembre 2011

Réflexe reptilien...

 

 

 

impôts,fiscalité,dette publique,protection sociale

Cet article, paru dans Midi Libre daté du 4 septembre et consacré au plan de réduction du déficit déplore que, sur 11 milliards, un seul soit « constitué d'une baisse de dépenses alors que dix correspondent a des hausses de prélèvements, dont 45% sur les entreprises, déjà les plus taxées d'Europe ». C’est une forme assez aboutie de réflexe reptilien du commentaire libéral.

 

Les entreprises françaises les plus taxées d'Europe, vraiment ? Certes, suite au dumping fiscal de nos voisins européens, le taux nominal de l'impôt sur les sociétés est parmi les plus élevés. Mais le taux effectif est dans la moyenne en raison des nombreuses niches fiscales dont bénéficient notamment les plus grandes entreprises (dont le taux moyen est d’environ 10% contre 28% pour les PME). L'auteur de l'article pensait-il aux cotisations sociales ? Il ne s'agit pas de taxes, mais de salaires différés (retraites, allocations chômage) ou de contributions au système de santé. En la matière, les systèmes publics ont fait la preuve de leur supériorité par rapport au privé.

 

Quant à la baisse des dépenses, ce n'est évidemment pas la solution pour combler les déficits. Cela conduirait plutôt à anémier davantage l’activité économique. De plus, les dépenses de l'Etat n'ont pas augmenté depuis 1990. En revanche, du fait des baisses d'impôts depuis 2000, ses ressources ont considérablement baissé. Ces baisses, à destination des plus riches, ont engendré 20 points de PIB de dette supplémentaires, soit près de 400 milliards. L'urgence est donc plutôt à reconstituer les recettes, via une fiscalité plus juste donc progressive.

 

 

PP

 

 

10:11 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : impôts, fiscalité, dette publique, protection sociale | | |  Facebook | | |

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