Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

06 octobre 2011

Arnaud Montebourg : Libre échange et démondialisation

4.gif

Dans notre vie quotidienne, la mondialisation s’est résumée à une mise en concurrence mondiale, sans limite, sans scrupule, des salariés, des agriculteurs et de tous ceux qui ont été placés en compétition directe avec des travailleurs chinois, des ingénieurs indiens et des paysans argentins, ceux-là même qui n’ont d’autre choix que d’accepter des rémunérations de misère pour vivre ou survivre.Assurément, les perdants de la mondialisation sont les gens qui vivent de leur travail, pas seulement en Europe, mais partout dans le monde. Si l’on voulait résumer les quinze années écoulées, il ne serait pas excessif de dire que la mondialisation a fabriqué des chômeurs au nord et augmenté le nombre de quasi-esclaves au sud.
Les immenses gagnants de la mondialisation sont incontestablement les actionnaires de ces grands groupes qui ont obtenu une surrémunération de leurs investissements en se dispensant de payer leurs travailleurs. En organisant la compétition entre les salariés, entre les protection sociales, entre les fiscalités du monde entier, l’économie mondialisée a préféré distribuer des dividendes aux actionnaires plutôt que des salaires à ses travailleurs.
Le désir de voir progresser la justice sociale et la soutenabilité environnementale doit conduire le système d’échange commercial à contraindre les économies à se tourner davantage vers leur marché intérieur, assurant le redéveloppement intérieur et domestique des pays émergents et industrialisés.
Pour provoquer la renégociation rapides des traités de libre-échange avec le reste du monde, autant dire par avance qu’il n’y aura pas d’autre choix que d’assumer le conflit avec d’autres puissances commerciales, en agissant comme elles le font.
 

85/ Doter l’Union européenne d’une « diplomatie écologique et sociale »

Son rôle sera de faire intégrer dans les traités de libre échange de l'OMC de nouvelles conditions non-marchandes, afin de garantir que la compétition ne se fasse pas au détriment du travail et de l'environnement.

 

86/ Invoquer les règles sanitaires, sociales et environnementales pour encadrer le commerce mondial

Invoquer dès à présent l'article XX du GATT qui octroie des dérogations aux obligations du Traité de l'OMC si sont en jeu" la protection de la santé et de la vie des personnes et des animaux ou la préservation des végétaux" et " la conservation des ressources naturelles épuisables ", afin d'imposer des interdictions de commercialiser ou des taxes douanières sur les produits en provenance de pays violant les obligations du Protocole de Kyoto relatif à la lutte contre le réchauffement climatique.

 

87/ Créer une agence française sanitaire, sociale et environnementale chargée de calculer le coût écologique et social des biens

Créer une agence française sanitaire, sociale et environnementale chargée de calculer le coût écologique et social des biens produits hors d'Europe, selon des critères transparents (normes sociales de l'Organisation Internationale du Travail, kilomètres carbone ... ). Cette agence sera capable d'établir un "juste coût carbone", mais aussi sanitaire et social, produit par produit, et de proposer à l'Union Européenne des mesures anti-dumping.

 

88/ Instaurer une taxe carbone extérieure aux frontières de l’UE

Cette taxe carbone aura pour but que les produits importés reflètent leur "juste coût carbone, sanitaire et social".

 

89/ Reverser les sommes obtenues aux frontières de l’UE au Fonds d’Adaptation prévu par le protocole de Kyoto

Ce fonds permettrait la conversion écologique des industries du Sud et obligerait le Nord à des transferts de technologie.

 

90/ Créer une taxe carbone européenne progressiste et progressive

Cette taxe serait applicable à l'intérieur de l'Union Européenne. Elle encouragerait les entreprises à changer leurs manières de produire et établirait une équité avec les firmes non européennes soumises à la taxe carbone extérieure.

 

91/ Instaurer par des traités bilatéraux un système de préférences commerciales

Cette mesure s'établirait au bénéfice des pays s'adaptant au mieux et au plus vite aux normes sociales et écologiques internationales.

 

92/ Instaurer une taxe harmonisée au plan européen sur le transport maritime

Cette taxe ciblerait notamment le transport maritime sous pavillon de complaisance et afin d'améliorer le bilan carbone.

 

93/ Adopter une loi en France faisant appliquer la responsabilité sociale et environnementale des entreprises transnationales produisant dans les pays à faible coût

Adopter une loi nationale en France, applicable aux entreprises transnationales disposant d'unités de production dans les pays à bas salaires, les tenant pour responsables des dommages environnementaux et sociaux imputables à leurs filiales et à leurs sous-traitants. Le vote d'une loi permettant d'engager la responsabilité des maisons mères, ayant leur siège en Europe ou hors l'Europe, pourra conduire à des sanctions judiciaires d'interdictions de produits fabriqués en violation des standards internationaux. Possibilité sera ainsi donnée à la justice de poursuivre une entreprise pour des fautes lourdes commises à l'étranger en matière de pollution ou de mise en danger de la vie des travailleurs.

 

94/ Obliger toute entreprise cotée en bourse à publier un rapport annuel sur l’impact social et environnemental de leurs activités

Ce bilan social et environnemental serait sous peine de sanctions, aujourd'hui inexistantes. JI s'agit d'établir et de publier les comptes des entreprises pays par pays, et de publier des registres complets des actionnaires significatifs pour renforcer la coopération judiciaire et fiscale.

 

95/ Sanctionner les Etats et entreprises non coopératifs

Lutter contre la corruption et augmenter les risques de sanction sur les Etats et entreprises non-coopératifs.

 

96/ Doter notre pays d’une procédure anti-dumping à la françasie

Il s'agit de mécanismes d'interdiction unilatérale (provisoire ou non) de la commercialisation de certains produits (hors UE), en cas d'agression commerciale par des prix déloyalement bas. Il faut faire reconnaître par l'Union européenne un droit à la subsidiarité en la matière.

Pour en savoir plus : arnaudmontebourg2012.fr

08:00 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : primaires, montebourgtebourg | | |  Facebook | | |

Les commentaires sont fermés.