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21 novembre 2011

La World Company existe !

finance,capitalismeEn épluchant les comptes de 43.000 sociétés, des chercheurs suisses ont trouvé 150 transnationales qui se partagent l'argent et son pouvoir.


La world company, tout le monde sait qu'elle existe mais personne ne sait où elle est. A coup de licenciements et de restructurations, elle pourrit la vie de millions de salariés.



Mais pas toujours facile d'identifier les véritables responsables, ceux qui détiennent, au bout du compte, le pouvoir. Holdings, participations croisées, sièges sociaux dans des îles fiscalement paradisiaques : les vrais détenteurs du pouvoir se dissimule sous un maquis de sociétés écrans. Il faut l'obstination d'une Louise Michel pour en dénicher un et lui faire sa peau. Trop souvent, comme le chante depuis longtemps Le Fantôme de Pierrot, « les coups de pied au cul ne peuvent trouver leurs victimes ». Désormais, vous pouvez commencer à affûter vos croquenots, à aiguiser vos sabots et à plomber vos tatanes ! Car la cible se précise grâce au travail pionnier de chercheurs Suisses qui ont analysé les comptes de la structure du capital d'un peu plus de 43 000 (excusez du peu) compagnies transnationales.


Les résultats sont édifiants : une large partie de l'économie mondiale est aux mains d'une toute petite poignée d'entreprises transnationales. Un peu plus de 700 firmes seulement ont la main sur 80% de la valeur des entreprises. Au top, on trouve un petit "noyau dur" d'environ 150 transnationales (moins de 0.2% de l’ensemble des entreprises étudiées) qui contrôle 40% de l'économie mondiale. C'est énorme ! L'étude montre enfin que ce noyau dur a un contrôle presque complet sur lui même autrement dit, on n'a là un petit club très fermé encore plus restreint que celui des 200 familles françaises, dénoncé dans les années 30 par le président du conseil, Edouard Daladier, qui fustigeait "des forces qu'un état démocratique ne devait pas tolérer". On mesure le chemin parcouru...


Inutile de sombrer dans la théorie du complot car rien ne prouve que ce noyau dur fonctionne sous la baguette d'un chef d'orchestre (ou d'un comité central capitaliste). Ce n'est, de toute façon, pas nécessaire tant les intérêts de ses entreprise sont liés. Mais cette concentration pose deux questions. Premièrement elle pulvérise le postulat économique standard d'une concurrence entre agents "atomisés". Les idéologues de la concurrence libre et non faussée vont avoir encore un peu plus de mal, désormais, a vendre leurs salades. Deuxièmement en ces temps de crise bancaire "systémique ", une telle concentration donne des frisons. Car le visage de ces "messieurs Sylvestre" est plutôt uniforme et sont pour la plupart - à 75% - des institutions financières (banques, assurances) parmi lesquels on retrouve un certains nombre de boites "Françaises" comme Axa, Natixis, Société générale ou Bnp Paribas. Si notre zébulon national veut éviter la catastrophe plutôt que d'imposer des cures d'austérité aux salariés, ils feraient mieux de convoquer dans sa cagnat élyséenne tout ce beau monde pour le mettre au pas. On n'est président du G 20 ou on ne l'est pas. .

 

Article de PIERRE CONCIALDI - SINE MENSUEL

 

 

L'étude :

http://www.pauljorion.com/blog/?p=28360

 

LE RÉSEAU DE CONTRÔLE GLOBAL PAR LES GRANDES ENTREPRISES, par Stefania Vitali, James B. Glattfelder, et Stefano Battiston

08:12 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : finance, capitalisme | | |  Facebook | | |

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