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18 décembre 2011

Crise européenne : cette année c'était très bien, l'année prochaine ce sera pire (2/3)

Les communicants du gouvernement ont trouvé un moyen apparemment astucieux de faire le lien entre l’austérité et la souveraineté, permettant de justifier la première au nom de le seconde : le désendettement serait le moyen de retrouver la souveraineté. Mais les ministres qui répètent ces  éléments de langage à longueur de journée, ont-ils conscience de ce que cela implique ? Si l’on compte sur le seul effort budgétaire pour se désendetter, l’addition risque de s’avérer très salée. Car outre les intérêts de la dette, pour environ 50 milliards d’€, il faut rembourser le capital des titres de dettes arrivant à échéance, pour environ 99 milliards d’€ en 2012, soit un total d’environ 150 milliards d’€. C’est à peu près la moitié des recettes de l’Etat. Compte tenu du niveau actuel de la dette, soit 1693 milliards d’€, cela signifie qu’il faudrait consacrer entre la moitié et un tiers des recettes de l’Etat pendant 17 ans pour se désendetter complètement ou alors consacrer entre un tiers et un quart des recettes de l’Etat sur la même durée pour diviser la dette par deux environ. Pas forcément facile à expliquer au peuple…

 

Mais au fait, la souveraineté des peuples, qu’en fait-on ? Car dans tous ces sommets, de la dernière chance ou pas, dans les accords successifs, il n’est jamais fait mention de la seule institution européenne qui tire sa légitimité du suffrage universel : le Parlement Européen. Et les parlements nationaux, ont-ils mandatés les chefs d’Etats et de gouvernement pour négocier les différents accords qui se succèdent ? En France, par exemple, y a-t-il eu débat au Parlement sur la crise ? Non, bien sûr ! Comment sera ratifié le « traité » négocié le 9 décembre ? Une note du président de l’UE Van Rompuy affirme que, selon une clause « passerelle » du Traité de Lisbonne, Art 126 (14) via Protocole 12, « cette décision ne nécessite pas de ratification au niveau national. Cette procédure pourrait de ce fait conduire à des changements rapides et significatifs »…

 

 

finance,crise,europe,dette publiqueEt encore, nous, français, pouvons nous estimer « heureux ». Car que dire des grecs, des italiens, des espagnols,…qui voient les dirigeants français et allemands dicter leur loi aux autres dirigeants ? Que dire en particuliers des grecs et des italiens, dont la destinée est entre les mains de gouvernements « techniques », chargés d’administrer les potions amères de la Troïka (Commission européenne, BCE, FMI) ? Que certains ministres versent des larmes de crocodile, comme l’italienne Elsa Fornero ne change rien à l’affaire.

 

Mais Angela Merkel ne pourra bientôt plus se prévaloir d’une quelconque position de force, car l’économie allemande n’est pas en aussi bonne santé que cela. Les « marchés » commencent d’ailleurs à s’en apercevoir, comme le montrent les difficultés qu’ont rencontré nos voisins d’Outre-Rhin pour écouler 6 malheureux petits milliards de titres de dette à 10 ans. Au final, seuls 3,6 milliards ont trouvé preneurs, le reste étant achetés par la Bundesbank.

L’Allemagne, rongée par la montée des inégalités, le travail précaire et dépendante de ses voisins européens chez qui elle écoule plus de la moitié de ses exportations, prend progressivement conscience que les difficultés de ses voisins pourraient ne pas s'arrêter à ses frontières.

 

D’ailleurs, l’agence de notation Moody’s a mis sous surveillance l’ensemble de la zone euro. Et il faut avoir l’optimisme chevillé au corps pour y trouver une raison de se réjouir comme le font ceux qui prétendent que c’est une preuve que le fédéralisme avance, puisque désormais les agences de notations mettent tout le monde dans le même sac. Le fédéralisme de la récession, l’union du marasme, quel bel avenir pour le « projet européen » !

PP

 

 

11:13 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : finance, crise, europe, dette publique | | |  Facebook | | |

Commentaires

_ Est-ce que l'Allemagne est mise sous surveillance, parce que son economie est en recession, ou parce qu'elle fait partie de la zone euros ?
_ Les inegalités ? C'est relatif... Y a pas de restaus du coeur en Allemagne a ma connaissance... Et c'est vrai qu'y a de nombreux millionnaires en euros, mais ca rend pas les autres plus pauvres...
_ Le travail precaire, c'est l'interim ou les emplois a durée determinée, et c'est mieux que le chomage, non ?
Amicalement

Écrit par : puzzle | 18 décembre 2011

Les commentaires sont fermés.