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15 décembre 2011

Remplacer les médecins par des vétérinaires : j'en parlerai à mon cheval !

 En ces temps difficiles, ça fait du bien de rire un peu !

 

Ainsi, l’adjointe au maire de Dijon en charge de la santé a proposé que les vétérinaires puissent exercer leurs compétences sur des humains. «J'ai réfléchi à la problématique dans laquelle nous sommes, notamment en Bourgogne où il y a des déserts médicaux, et je me suis rendue compte qu'il y avait des vrais médecins dans les territoires, ce sont les vétérinaires, qui peuvent intervenir en urgence», a déclaré l'élue PS.

 

Elle a « réfléchi » ! Et bien, réfléchissons aussi et essayons d’identifier d’autres similarités de compétences…

 

Dans les régions où il y a pénurie de vétérinaires, on pourrait imaginer de les remplacer par des charcutiers, qui eux-mêmes pourraient être suppléés par les médecins légistes (découper un cadavre, qu’il soit humain ou animal, après tout…).

 

Pas assez de chirurgiens orthopédistes ? Pas de soucis faisons appel aux menuisiers ébénistes (raboter une planche ou un os, c’est toujours raboter)

 

Pas assez de gastro-entérologues ? Qu’à cela ne tienne, les plombiers feront l’affaire (la tuyauterie, ça les connaît).

 

Les dentistes sont surchargés ? Qu’on mobilise les tailleurs de pierre (un coup de burin, et hop la molaire du fond).

 

Un problème avec vos verres de lunettes alors que l’opticien du coin a plié boutique ? Appelez Carglass !

 

Le coiffeur ne peut pas vous donner un rendez-vous avant quinze jours ? Avez-vous pensé au toiletteur pour chiens ?

 

Mais au fait pourquoi ne pas envisager, dans les contrées où les vocations politiques se font rares, de remplacer les élus par des bourriques et des bourricots ? Ah, on me dit que l’expérience a commencé…Il paraît que c’est en Bourgogne.

 

Blague à part, cette histoire est proprement incroyable. Tout le monde a le droit d’avoir des idées plus ou moins judicieuses. Mais, quand on est élu, avant de formuler une telle proposition publiquement, il semble évident de la « tester » au préalable auprès de son entourage, d’autres élus, de spécialistes. Au vu des réactions des médecins et des vétérinaires, il est évident que l’élue bourguignonne n’a pas pris la peine de demander leur avis aux premiers intéressés : les médecins et les vétérinaires.

 

Si l’adjointe au maire de Dijon voulait vraiment faire avancer les choses, elle aurait plutôt dû réfléchir aux causes du problème des déserts médicaux, plutôt que d’essayer de remédier à leurs conséquences.

 

L’effectif de l’ensemble des médecins (libéraux et salariés) ne cesse de croître, passant de 59 065 en 1968 à 209 143 en 2009, s’accompagnant également d’une augmentation de leur densité dans la population : 118 médecins pour 100 000 habitants en 1968 et 339 médecins pour 100 000 habitants en 2009.

 

Entre 2000 et 2009, les effectifs de médecins généralistes et spécialistes ont augmenté respectivement de 7,3% et 8,3%. Pour les spécialistes, l’augmentation des libéraux et des salariés a été sensiblement identique. En revanche, l’évolution des effectifs de généralistes est majoritairement due à l’augmentation importante du nombre de salariés (+20,4%), alors le nombre de libéraux est presque stable (+1,9%).

 

Cette évolution est le reflet des difficultés grandissantes ressenties pas les généralistes libéraux, qui se plaignent des contraintes liées à l’exercice solitaire et libéral de la médecine (horaires, solitude…).

 
La répartition des médecins généralistes (principalement les libéraux) sur le territoire pose problème (voir carte). On constate en effet que les départements du sud de la France présentent une densité 30 % supérieure à la moyenne nationale, alors que des départements du centre et du nord présente des déficits important, entraînant l’existence de « déserts médicaux », rendant l’exercice encore plus délicat pour les praticiens implantés dans ces territoires souvent ruraux.

 

 

carte.JPG

 

Les solutions existent et sont même en partie dans le projet du PS : il s’agit de transformer en profondeur le mode d’exercice de la médecine. Cela passe par la remise en cause de la tarification à l’acte pour évoluer vers le forfait ou la capitation (rémunération en fonction du nombre de patients accompagnés). Cela passe aussi par la remise en cause de la liberté d’installation : les jeunes médecins devront aller, au moins en début de carrière, là où il y a un besoin et non pas là où les conditions de vie sont les plus clémentes.

 

Ce qu’on demande aux enseignants, aux policiers et à nombre de fonctionnaires, pourquoi ne le demanderait-on pas aux médecins ? Ne sont-ils pas aux aussi des fonctionnaires ? Comment appeler autrement ceux dont la rémunération est prise en charge par la collectivité ?

 

Il conviendrait aussi de transformer en profondeur la médecine de premier recours. Cela impliquerait, d'une part, de revaloriser la médecine générale au cours des études de médecine, mais aussi de redistribuer les rôles, en donnant davantage de responsabilités par exemple aux infirmiers dont les effectifs continuent d’augmenter.

 

Bon, allez, je vais en parler à mon cheval…

PP

 

15:05 Publié dans Actualités, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : santé | | |  Facebook | | |

Commentaires

un frottis vaginal par un vétérinaire habitué à soigner des vaches, elle va comprendre sa douleur. On a touché le fond....

Écrit par : olivier34 | 15 décembre 2011

Ca ne me fait même plus rire. Apres s'être acharné à faire dévisser les médecins généralistes pour leur substituer des "maisons médicales" vides, voila qu'on propose de nous remplacer par les ...vétérinaires. L'idéal, ça serait plutôt que nos élus désœuvrés nous remplacent, tous les médecins au goulag (ça c'est déjà vu dans l'histoire notamment en URSS). Ils trouveront enfin quelque chose d'utile à faire, décimeront tous les malades, ça fera des dettes en moins pour la sécu et plus de pension de retraite!
J'ai fait mes études à Marseille. Puis 2 ans dans les services d'urgence et réa des environs. Puis médecin pendant mon service militaire, 2 ans, à Berlin. Puis médecin généraliste, propharmacien, médecin commandant des pompiers pendant 20 ans. N'exerçant plus, j'en retiens un amour de ce métier et une détestation totale des conditions d'exercice, surtout l'acharnement bureaucratique à faire dévisser les cabinets libéraux.
Je témoignage dans un livre "Médecin quand reviendras tu?", car j'en ai encore un peu "gros sur la patate" comme on dit à Marseille!

Écrit par : robert escande | 16 décembre 2011

Ca ne me fait même plus rire. Apres s'être acharné à faire dévisser les médecins généralistes pour leur substituer des "maisons médicales" vides, voila qu'on propose de nous remplacer par les ...vétérinaires. L'idéal, ça serait plutôt que nos élus désœuvrés nous remplacent, tous les médecins au goulag (ça c'est déjà vu dans l'histoire notamment en URSS). Ils trouveront enfin quelque chose d'utile à faire, décimeront tous les malades, ça fera des dettes en moins pour la sécu et plus de pension de retraite!

J'ai fait mes études à Marseille. Puis 2 ans dans les services d'urgence et réa des environs. Puis médecin pendant mon service militaire, 2 ans, à Berlin. Puis médecin généraliste, propharmacien, médecin commandant des pompiers pendant 20 ans. N'exerçant plus, j'en retiens un amour de ce métier et une détestation totale des conditions d'exercice, surtout l'acharnement bureaucratique à faire dévisser les cabinets libéraux.
Je témoignage dans un livre "Médecin quand reviendras tu?", car j'en ai encore un peu "gros sur la patate" comme on dit à Marseille!

Écrit par : robert escande | 18 décembre 2011

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