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19 décembre 2012

Réforme bancaire : plus de simplicité pour plus d'efficacité !

 

C'est aujourd'hui que le Ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici doit présenter en Conseil des Minisitre le projet de loi portant sur la réforme bancaire.

 

Le 15 novembre 2012, en conclusion des entretiens de l’AMF, Pierre Moscovici avait affirmé que la loi bancaire serait un « grand marqueur de l’action gouvernementale ».

 

Nous ne pouvons que nous féliciter de l’importance accordée par le gouvernement à cette réforme dont il est inutile ici de rappeler la nécessité, compte tenu des répercussions qu’ont eu les agissements des grandes banques dans le déroulement de la crise financière.

 

La loi repose principalement sur le principe suivant : séparer les activités « économiquement utiles » de la spéculation.

 

On est en droit de s'interroger sur la pertinence de la distinction entre activités bancaires utiles et activités bancaires spéculatives. Il y a en effet fort à craindre qu’il soit difficile, voire impossible d’arriver à un consensus sur le périmètre recouvert par les « activités utiles ». Et ce d’autant plus dans un secteur où l’innovation débridée chamboule en permanence les certitudes, brouille la lisibilité des frontière entre activités. (Certains experts estiment que le projet ne va isoler que 2 % de l’activité des banques, alors que les activités de marché pèsent 15 à 25 fois plus).

 

Il semble préférable de revenir à une distinction plus simple et surtout plus fondamentale : à savoir la distinction entre banque de dépôt et banque de marché.

 

Car combiner ces deux activités au sein d’une même banque a pour conséquence de permettre à l’activité de prêt d’argent et de collecte des dépôts de nourrir artificiellement l’activité de négoce d’instruments financiers. Dans une configuration de ce type, les dépôts de la clientèle sont exposés aux risques pris dans le cadre des activités de marché, les activités de marché voient leur volume artificiellement gonflé par les dépôts et l’Etat apporte à la fois une garantie explicite à l’activité de dépôts et une garantie implicite aux activités de marché.

 

Aux lobbys bancaires qui claironnent qu’une telle séparation engendrerait le déclin du secteur, on peut rappeler que le secteur bancaire américain a prospéré malgré (grâce) au Glass Steagall Act qui a imposé une stricte séparation des activités de 1933 à 1999.

 

La simplification qui résulterait de l’application d’un tel principe permettrait également de faciliter la mise en place d’un système de résolution bancaire plus efficace car il s’adresserait à des banques plus « simples » et de taille raisonnable.

 

En ce domaine comme dans bien d’autres, il est nécessaire de montrer la voie…et surtout d’oser !

PP

 

 

 

 

07:59 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : banques, crise financière | | |  Facebook | | |

Commentaires

Voila qui devrait susciter l'attention de nos dirigeants et il est indispensable de renouveler les appels à leur attention sur cet important problème.

Écrit par : Leygonie | 24 décembre 2012

Les commentaires sont fermés.