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11 mars 2013

L'Observateur des inégalités, n°106, Mars 2013

Inégalités hommes-femmes : les non-dits du 8 mars

50 % de femmes députées ou chefs d’entreprise, et alors ? Pour établir l’égalité hommes-femmes, il faut se poser la question de la façon dont fonctionne l’entreprise, la famille ou l’école. Le point de vue de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

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Synthèse : les inégalités entre les femmes et les hommes en France

Les inégalités entre les femmes et les hommes se réduisent, mais on est encore loin d’atteindre l’égalité. Le tour de la question en France par l’Observatoire des inégalités.

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Villes, périurbain, rural : quels sont les territoires les moins favorisés ?

Entre la ville, l’habitat périurbain ou rural, où les niveaux de vie sont-ils les plus élevés ? Le débat sur les niveaux de vie des territoires n’est pas nouveau. Extrait du Centre d’observation de la société.

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Fonctionnaires : le mépris salarial continue

Depuis 2010, les fonctionnaires n’auront eu aucune augmentation générale. Le statut protecteur de la fonction publique justifie-t-il un tel mépris salarial ? Le point de vue de Noam Leandri, président de l’Observatoire des inégalités.

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Synthèse : Les inégalités entre les femmes et les hommes en Europe

Les inégalités entre les femmes et les hommes se réduisent en Europe, mais nous sommes loin de l’égalité et les situations sont contrastées d’un pays à l’autre. Le tour de la question par l’Observatoire des inégalités.

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Budget 2013 : bilan des mesures fiscales

La nouvelle majorité a décidé d’un certain nombre de mesures fiscales. Quel bilan peut-on en dresser ? L’analyse de Noam Leandri, président de l’Observatoire des inégalités.

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Les inégalités de salaires diminuent-elles vraiment ?

Les inégalités de salaires diminuent sur longue période. Mais si l’on observe les années récentes et la situation des plus hauts salaires, la situation s’inverse.

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2008-2011 : premières estimations de l’impact de la crise sur les revenus

Un gain de revenu de 7 900 euros pour les 1 % les plus riches entre 2008 et 2011 contre une perte de 24 euros pour les 5 % les plus pauvres. La crise frappe bien davantage les ménages les plus pauvres que les autres.

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Qui s’enrichit pendant la crise ?

Entre 2008 et 2010, les 10 % les plus pauvres ont perdu 520 millions d’euros, alors que les 10 % les plus riches se sont enrichis de 14 milliards.

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Qui part en vacances l’hiver ?

40 % des cadres partent en vacances en hiver au moins un an sur deux contre 9 % des ouvriers. Seuls 8 % des Français partent au ski au moins un an sur deux.

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Les bidonvilles dans le monde

Un tiers de la population des pays pauvres vit dans des bidonvilles, soit plus de 860 millions de personnes dont les conditions d’habitat sont très précaires.

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Les hauts revenus du show-biz et du sport dans le monde

Les revenus annuels du show-biz et du sport représentent pour certains près de 900 années de Smic en France, 17 000 années aux Etats-Unis...

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Davantage de congés pour les cadres que pour les ouvriers

41 jours de congés annuels pour les cadres supérieurs contre 32 pour les ouvriers. Le nombre de jours de repos varient fortement selon la catégorie sociale, le secteur d’activité et la taille de l’entreprise.

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Des catégories sociales inégales face au handicap

Les ouvriers ont 2,6 fois plus de risques d’avoir un handicap que les cadres supérieurs. Les conditions de travail expliquent une partie des écarts.

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Le mal-logement en 2013

3,6 millions de personnes sont concernées par le mal-logement en France. 685 000 personnes n’ont pas de domicile personnel, 85 000 vivent dans une habitation de fortune, cabane, camping ou mobil home toute l’année...Beaucoup reste à faire pour que chacun dispose de conditions d’habitat dignes de ce nom.

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09:44 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inégalités, revenus | | |  Facebook | | |

07 mars 2013

Contre le syndrome du rasoir à trois lames : la volonté politique

 

austérité,compétitivité,Inégalités,Europe,Crise financière« Austérité, compétitivité, inégalité », telle pourrait être la devise de l’Union européenne et de la plupart des pays qui la composent. Lors du dernier Conseil européen du 8 février 2013, les chefs d’Etat et de gouvernement n’ont pu se mettre d’accord que sur une baisse du budget de l’Union. L’austérité devient la seule valeur commune d’une Europe sans projet qui n’enthousiasme plus les citoyens. Par delà les grands discours, c’est bien l’austérité qui s’affirme comme dénominateur commun entre tous les pays.

 

Préparer l’avenir en organisant la récession ?

 

Ce qu’on nous présente comme des solutions « courageuses » sont en fait les plus simples à mettre en œuvre. Quoi de plus simple que de couper aveuglément dans les dépenses publiques et les budgets sociaux ? Ca ne marche pas ? C’est que l’on n’est pas assez loin ! Argument habituel des « raisonnables » qui préfèrent nier la réalité plutôt que remettre en cause leurs dogmes. Peu importe que le FMI aie publiquement reconnu que ses modèles économiques étaient erronés. Jusqu’à présent, il affirmait qu’en coupant 10 milliards de dépenses publiques, le PIB ne baissait « que » de 5 milliards. En fait, ce serait plutôt 15 milliards, voire plus. Non, on ne peut pas couper impunément dans la dépense publique ! Même si l’on sait que la croissance n’est pas la solution, ce n’est pas en organisant la récession que l’on prépare l’avenir. Les italiens l’ont rappelé de façon cuisante lors des dernières élections, à Mario Monti, l’insipide technocrate censé « rassurer les marchés ».

 

Pour essayer de compenser les stigmates de l’austérité, on agite un autre concept : la compétitivité. Il faut être meilleur (sous-entendu moins cher) que les autres, « exporter plus pour gagner plus », en quelque sorte. Sauf que, pour des pays qui commercent majoritairement entre eux (65 % des exportations de l’UE sont allées vers des pays de l’UE en 2010), les excédents des uns sont les déficits des autres. Cette concurrence sans fin ne peut aboutir qu’à une spirale récessive qui à son tour conduit à l’explosion du chômage, de la précarité et des inégalités.

 

Sortir de la logique comptable et technocratique

 

On pourrait appeler ce processus le « syndrome du rasoir à trois lames ». La première lame, l’austérité, sape les modèles sociaux. La seconde lame, la compétitivité, exacerbe la compétition de tous contre tous. La troisième lame, la montée des inégalités, déchire le contrat social et prépare l’arrivée au pouvoir des extrêmes.

 

Comment échapper au tranchant de ces trois lames ? En sortant de la logique comptable et technocratique. Aujourd’hui, on pourrait croire que la politique se résume à déplacer des milliards d’euros : économiser sur telle dépense, taxer un peu plus cela, exonérer ceci…Oui, mais pour faire quoi ? La tuyauterie fiscale et budgétaire ne saurait tenir lieu de ligne politique. La réduction des déficits ne peut constituer un projet de société. Mais, selon la formule de Mark Twain, « quand on a un marteau dans la tête, on voit tous les problèmes en forme de clous ».

 

Construire la justice sociale

 

Nombre de questions politiques majeures sont désormais vues au travers de leur contribution à la réduction des déficits. Ainsi, au-delà des 7 milliards d’euros que rapporterait la taxation du gasoil au même niveau que l’essence, n’y a-t-il pas des questions plus fondamentales ? Ne faut-il pas s’interroger sur l’étalement urbain qui contraint un nombre grandissant d’entre nous à utiliser leur voiture pour se déplacer ? Faire payer plus cher le carburant sans proposer des modes de transport collectifs adaptés, sans reconfigurer l’urbanisme ne peut conduire qu’à l’incompréhension, l’exaspération et l’échec.

 

La fiscalisation ou non des allocations familiales est-elle le bon angle pour aborder la politique de la famille et la réduction des inégalités entre enfants ? On peut en douter car cela reviendrait à faire perdre du pouvoir d’achat à environ la moitié des familles (celles qui payent des impôts), sans forcément améliorer le sort de l’autre moitié. Comme le souligne Denis Clerc sur son blog, il serait préférable « de réduire les aides indifférenciées aux revenus pour financer davantage de services spécifiques destinés à aider tous les enfants », comme par exemple «  un service municipal de garde d’enfants de sorte que les inégalités d’accès aux modes de garde des enfants soient réduites ».

 

Enfin, en période de montée du chômage de masse, est-il raisonnable de proposer une baisse des allocations chômage, même pour les mieux lotis des chômeurs ? Il est normal que l’Unedic soit en déficit en période de crise : il y a plus de chômeurs à indemniser et moins de cotisations pour financer les indemnités. Il conviendrait plutôt de s’interroger sur les moyens de lutter à grande échelle contre les causes de ces déficits : le chômage ! La politique de l’emploi (indemnisations, allègements,…) représente en France près de 91 milliards d’euros soit, de façon très schématique, l’équivalent de …4,5 millions d’emplois payés au SMIC. Au lieu de payer des indemnités, pourquoi ne pas utiliser ces fonds pour financer une véritable réduction du temps de temps travail ? Une réduction du temps de travail créatrice d’emplois stables, de perspectives pour ceux qui végètent dans la précarité, bref de confiance en l’avenir pour notre société.

 

Ce ne sont pas l’austérité, la compétitivité, ni même la croissance qui nous permettront de construire la justice sociale. En revanche, c’est la justice sociale qui nous permettra de construire la stabilité économique et la prospérité. Et pour construire de la justice sociale, l’ingénierie fiscale et budgétaire ne suffira pas, il faut une réelle volonté politique au service de l’intérêt général.


PP

10:20 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : austérité, compétitivité, inégalités, europe, crise financière | | |  Facebook | | |