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17 juin 2013

Convention "Notre Europe" du Parti Socialiste

Hier dimanche s'est tenue la Convention "Notre Europe" du Parti Socialiste. Invité en tant que membre du Conseil national, je n'ai malheureusement pas pu m'y rendre.

Je vous livre l'intervention que j'aurais prononcé...(Une des oratrices de la Motion 4 en a repris quelques points et je l'en remercie).

Cette convention qui s’achève doit être un point de départ, à double titre

Cette convention doit être un point de départ, tout d’abord pour une véritable rénovation des modalités de débats au sein de notre Parti. Certes, nous avons abouti à un texte commun lors de cette Convention. Certes, nous sommes rassemblés derrière les 14 priorités pour l’Europe.


Cela dit, nous avons tous pu constater des dysfonctionnements dans cette Convention. Nous ne reviendrons pas ici sur ceux qui ont été relayés par la presse. Intéressons-nous plutôt à ceux qu’ont ressentis de nombreux militants… Beaucoup d’entre eux ont du mal à comprendre comment a été élaboré ce texte et surtout quel a pu être leur apport dans ce processus…Les délais ont été beaucoup trop courts pour se prononcer sur un texte parfois complexe, aux enjeux nombreux et majeurs. De plus, le traitement réservé aux éventuels amendements émis par les sections a été variable d’une fédération à l’autre, et trop peu ont finalement pu être étudiés et intégrés dans le texte final. Pourquoi nous priver de l’intelligence collective de ces dizaines de milliers de militants qui, chaque jour, font preuve de leur motivation, de leur enthousiasme, de leur proximité avec les problématiques du terrain, de leur créativité… ?


Il faut changer en profondeur nos procédures de débats. A cet égard, nous saluons l’ouverture d’esprit de la Direction qui a retenu notre proposition de mettre en place un groupe de travail sur le sujet, à l’issue de cette Convention. Nous y apporterons notre enthousiaste contribution !

Cette convention doit être un point de départ, aussi et surtout, pour la remise en marche d’une vraie Europe du progrès social. Dans notre texte, nous avons défini les objectifs à atteindre…C’est important, mais c’est peut-être le plus facile ! Il nous reste maintenant à définir le chemin et les modalités pratiques pour atteindre ces objectifs.


Quels partenaires ? Les autres partis de gauche européens, les syndicats, les collectifs de citoyens…
Quelles méthodes ?


C’est le grand chantier qui doit nous occuper désormais, sinon ce beau texte que nous avons adopté restera lettre morte…


Il y a urgence à aller plus loin, plus vite ! Car, pendant ce temps, l’Europe, sous le joug des politiques d’austérité imposée par la Troïka, continue à s’enfoncer dans la crise, ouvrant un boulevard à tous les extrémismes.

Le dernier épisode en date de la fermeture brutale de l’audiovisuel grec ne doit pas faire oublier qu’il s’agit d’un évènement parmi d’autres. Dans ce pays, la Grèce, les dépenses de santé ont baissé de 28% entre 2008 et 2011, les dépenses d’éducation de 15%, plus d’un jeune sur deux est au chômage…


En Espagne, le PIB a baissé de 5% entre 2008 et 2012, le taux de chômage a triplé depuis 2008 : 6 millions de personnes sont sans emploi, les salaires des fonctionnaires ont baissé de 15%...


En Italie, le nombre des sans-emplois a quasiment doublé depuis début 2008, les dépenses publiques de santé et d’éducation ont baissé…


Au Portugal, les plans d’austérité s’enchaînent et jettent des centaines de milliers de manifestants dans les rues, certains arborant des œillets, symboles dans ce pays de la lutte contre la dictature…


Même les Pays-Bas, présentés comme un modèle, sont en difficultés. Les exportations néerlandaises ne tirent plus la croissance et l’emploi décélère nettement. Les retraites, déjà réduites de 2% en 2012, diminueront de 2,5% en 2013. Avant d’y renoncer, le gouvernement prévoyait une réduction des dépenses publiques de 2,6 points de PIB d’ici 2017…

Nous pourrions continuer longtemps ce tour d’Europe de la crise sociale !

Il y a urgence, nous devons proposer des solutions concrètes aux peuples européens, sinon ils finiront par rejeter définitivement une Europe qu’ils jugent, sinon responsable de leurs difficultés, du moins incapable d’y répondre. Des solutions existent, qui peuvent être mises en place rapidement, que ce soit pour entamer une lutte radicale contre le chômage de masse, alléger le financement de la dette publique, lutter contre les paradis fiscaux…

En conclusion, il faut se mettre au travail dès maintenant, au niveau européen en travaillant avec nos partenaires du PSE et plus largement avec tous les progressistes pour définir les stratégies concrètes qui nous permettront d’avancer vers cette Europe du progrès social que nous désirons. Il ne faut pas se contenter de dire « réorientons l’Europe », il faut être capable de proposer un scénario crédible pour cette réorientation.

La France est attendue par ses voisins européens.
Nous, socialistes français, sommes attendus par nos partenaires.

Ne les décevons pas et osons aller plus loin, plus vite.

PP

07:29 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, crise, chômage, parti socialiste | | |  Facebook | | |

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