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01 octobre 2011

Arnaud Montebourg : Mondes en crises, scénarios pour en sortir...


Mondes en crises, les scénarios pour en sortir... par PartiSocialiste

 

On ne battra pas le sarkozysme en promettant l'austérité pour ceux qui n'ont que leur travail pour vivre.


On ne battra pas le sarkozysme en leur promettant le nirvana du respect des critères de Maastricht.

 

On ne battra pas le sarkozysme avec ses idées à lui, en le laissant nous enfermerdans son cadre à lui et en se situant sur son terrain à lui

 

On l'emportera en combattant les péjugés qui nous ont mené à la faillite, en créant un horizon nouveaux pour l'action politique, en libérant les français des chaînes invisibles qui les attachent encore aux idéologies d'un monde qui s'effondre sous nos yeux.


Je crois que le moment est venu que la France se redresse. (...) C'est le sens d'une Nation qui marche, qui se remet à parler au monde, qui a des choses à dire aux autres, qui n'est pas l'imitation misérables des agissements des républicains amléricians, de la CDU allemande, comme le Président actuel nous a réduit à l'état de plagiat. (...) Qu'est-ce qu'une grande nation politque? C'est une nation qui écrit son histoire avec la politique, en faisant des projets.

 

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Arnaud Montebourg : La chute du rêve européen

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Le tort ne fut pas d’ouvrir l’Europe, mais de croire et faire croire que l’on pourrait fonctionner à 25 puis à 27 comme l’on fonctionnait à 15. Elargir avant d’approfondir fut la suprême bêtise des eurobéats.
 

25/ Doter l’UE d’un instrument communautaire de surveillance de certains investissements sensibles,

Cette surveillance se fera par l'adoption d'une loi européenne instaurant une déclaration pour tout investissement extra-communautaire portant atteinte à "l'ordre et la sécurité publiques", tels que définis par le droit communautaire, à savoir la sécurité des approvisionnements énergétiques, la sécurité des moyens de télécommunication et certains services publics dits "stratégiques".

 

26/ Politiser le droit européen de la concurrence pour constituer des champions industriels

Le but est de permettre à ces champions industriels d'atteindre une taille critique sur le marché mondial. Il nous faudra aussi retirer du champ de la concurrence les activités de services publics relatifs à l'éducation, l'énergie, la santé et les transports en réseaux.

 

27/Mettre la convergence sociale et fiscale à l'agenda immédiat de l'Union européenne

Un salaire minimum Etat par Etat serait une première pierre.

 

28/ Doter l'UE d'un véritable budget communautaire

Ce budget européen serait abondé par une fiscalité européenne économique due à la naissance d'un impôt sur les bénéfices et sur les transactions.

 

29/ Réformer les institutions européennes

Le but est d'y faire entrer davantage de responsabilité politique devant les peuples, sur une base transnationale.

 

30/ Passer un accord stratégique industriel avec l'Allemagne

Il définirait 20 secteurs dans lesquels nous avons un intérêt industriel commun et mettre en place des partenariats pour relancer l'innovation que chaque Etat n'arrive pas à soutenir seul.

 

31/ Développer les labels européens

Permettre aux consommateurs européens d'accéder à l'information du contenu social et environnemental des produits qui leurs sont proposés, par l'institutionnalisation des labels, certifications sociales et environnementales

 

 

Pour en savoir plus : arnaudmontebourg2012.fr

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30 septembre 2011

Arnaud Montebourg : Renouveau productif

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La grande question des années à venir est celle de notre renouveau productif. Car celui qui ne produit pas est toujours dans la main de celui qui produit. Ceux qui ne se soucieront pas de préparer les inventions, les produits et la richesse de demain, risqueront l'appauvrissement rapide. Si les Français veulent financer un bon niveau de retraite, de santé, d'éducation, de services publics, il faut d'abord reconstruire un socle industriel puissant.

 

8/ Mettre fin aux stock-options et actions gratuites comme moyen de rémunérer les dirigeants et cadres d'entreprise

Indexer la rémunération sur les cours de bourse est une grave infraction contre le projet de renouveau productif. Il faut y mettre fin.

 

9/ Attacher les rémunérations d’encouragement aux progrès réellement réalisés par l’entreprise

Ce n'est pas, ou pas seulement, le cours de bourse qui doit mesurer la réussite de l'entreprise, mais le développement,  l'investissement, les emplois créés. " nous faut accepter de mieux rémunérer les producteurs et ceux qui prennent des risques salutaires du point de vue de l'utilité productive, en asseyant les rémunérations exceptionnelles sur des indicateurs exclusifs de développement.

 

10/  Encadrer les OPA hostiles transnationales

Les Offres Publiques d'Achat hostiles transnationales n'ont souvent pour but que la valorisation spéculative. Les OPA hostiles présentent l'inconvénient de n'avoir été précédées d'aucune concertation qui aurait pu dégager un projet industriel et une stratégie économique commune. Elles entraînent des surenchères en matière de prix proposé aux actionnaires de la société cible et il est très cher pour les entreprises elles-mêmes de s'en protéger par avance, comme il est hors de prix de s'en défendre une fois l'attaque déclenchée. En 2005, l'ensemble des entreprises du CAC 40 a consacré près de 10 milliards d'euros au rachat de leurs propres actions pour éviter une OPA hostile. Il s'agit là d'un argent gaspillé car jeté inutilement dans le portefeuille des actionnaires qui se font racheter leurs actions à prix d'or, lequel aurait pu être investi dans la recherche, le développement ou l'emploi. Quant aux salariés, ils sont généralement les premiers concernés par le rapprochement effectué ainsi à coup d'OPA hostiles. Pour eux, il s'agit à tout coup de suppressions d'emplois, de suppressions de sites industriels, de départs de centres de recherche; qu'on soit cadre ou ouvrier, les OPA hostiles annoncent généralement des restructurations. il faut organiser des mécanismes de contrôle permettant au pouvoir politique de trancher (accepter ou suspendre), en fonction des choix industriels, du maintien de l'emploi, des centres de décision sur le territoire national ou des centres de recherche des entreprises visées.

 

11/ Surtaxer, pour les dissuader, les leverage buy-out (LBO)

Ce mécanisme permet le rachat d'entreprises par le seul endettement de la société acquéreur. La revente de l'entreprise avec une plus-value ainsi que les dividendes étant le moyen de rembourser l'emprunt et les intérêts. Ce type d'instrument a permis aux fonds d'investissement de devenir des acteurs majeurs sur le grand marché des fusions-acquisitions. Derrière ces mécanismes (ouvrant droit à des déductions d'impôts), le projet industriel est souvent absent, et le taux de rentabilité demandé est si important qu'il finit par mettre en péril l'entreprise rachetée.

 

12/ Créer au profit des consommateurs des actions de groupe à la française

Cette procédure leur permettra de défendre leurs droits face aux entreprises transnationales qui abusent de leur position dominante et de l'atomisation des consommateurs pour imposer des tarifs exorbitants.

 

13/ Créer des fonds d'Investissements capables de drainer une épargne importante

Via des fonds risqueurs spécialisés dans les risques longs, cette sera affectée spécifiquement à l'innovation et à la mutation de l'appareil productif. Elle sera garantie par la puissance publique. En parallèle de ces fonds, il faudra créer un nouveau livret d'épargne populaire et industriel destiné à collecter l'épargne permettant de financer l'investissement dans l'industrie innovante et rémunéré de manière avantageuse.

 

14/ Fonder une politique publique de crédit

Réduire la dépendance des entreprises à l'égard des marchés financiers, en proposant une politique publique du crédit.

 

15/ Réutiliser le crédit impôt recherche

Réutiliser le crédit d'impôt recherche qui est donné aux grands groupes sans aucune contrepartie nationale. Le concentrer sur les petites et moyennes entreprises qui, contrairement aux grands groupes, n'ont pas accès à la recherche ni au développement.

 

16/ Allier les forces publiques et privées

Constituer des équipes mixtes publiques-privées, alliant la recherche publique aux entreprises privées capables de convertir la recherche fondamentale en application industrielle.

 

17/  Organiser des contreparties industrielles

Associer l'investissement public et privé en contrepartie duquel les groupes devront installer des usines, des laboratoires en France, et organiser la protection de nos brevets.

 

18/ Attirer les chercheurs

Attirer nos jeunes chercheurs et les forts potentiels chez les chercheurs étrangers en rendant compétitive leur rémunération et leur attribuant des moyens de recherche.

 

19/ Instaurer un juste impôt sur les successions

Instaurer un impôt juste et légitime sur les successions les plus élevées pour combattre la rente et la reproduction des inégalités.

 

20/ Développer une stratégie de dépôt de brevets

Cette stratégie offensive de dépôts de brevet sera actionnée par une baisse des coûts et une législation plus favorable à l'inventeur.

 

21/ Faire entrer les salariés dans les conseils d’administration des sociétés cotées en bourse

Il faut faire entrer plus de démocratie dans l'entreprise. Pour cela, les salariés doivent siéger dans les conseils d'administration des sociétés cotées en bourse, à hauteur d'un tiers, avec voix délibérative, afin de leur permettre d'y exercer un juste contrepoids au pouvoir excessif des actionnaires.

 

22/ Indexer les salaires sur les gains de productivité

Cette mesure d'indexation des salaires sur les gains de productivité des entreprises - proposée notamment par Michel Aglietta - vise à rétablir l'équilibre entre les salaires et dividendes et à faire bénéficier aux salariés des fruits de leurs efforts.

 

23/ Rendre incompatibles les licenciements économiques avec la distribution de dividendes

Les entreprises devront désormais choisir. Si elles veulent distribuer des dividendes aux actionnaires, elles ne pourront plus pratiquer de licenciements économiques. En revanche, si elles veulent licencier pour raison boursière, alors elles ne pourront pas distribuer de dividendes.

 

24/ Réformer et moraliser les tribunaux de commerce

Ces tribunaux, dirigés par des commerçants élus, ont la particularité de disposer de tous les pouvoirs sur les entreprises lorsqu'elles sont en difficulté ou en faillite: ils peuvent déclarer une affaire en cessation de paiement, ordonner la cession des actifs, choisir celui qui reprendra l'affaire, décider des interdictions de gérer pour celui qui est en faillite. Beaucoup de vies de commerçants, d'artisans honnêtes que l'économie a mis sur le flanc se sont retrouvés, après une vie de travail, ruinés, humiliés, surendettés jusqu'à leur mort, et déshonorés sur la place publique par ce système qui alliait les défauts de la rente à la maladie de la corruption.

Pour en savoir plus : arnaudmontebourg2012.fr

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29 septembre 2011

Arnaud Montebourg : Capitalisme coopératif et mutualiste

 

 

primaires,montebourg

A partir d'aujourd'hui et jusqu'au premier tour des primaires qui aura lieu le dimanche 9 octobre, je vous propose de passer en revue les principales propostions d'Arnaud Montebourg pour transformer notre modèle économique et social, ainsi que notre modèle républicain.

 

Le premier thème est la transition vers un "Capitalisme coopératif et mutualiste"

 

Etat des lieux : la richesse confisquée, le travail abîmé.

Le système économique a perdu la tête et s'est retourné contre les gens. Pendant les presque 14 années de ma vie politique, j'ai vu la condition ouvrière changer, le travail dans les usines se durcir, le productivisme devenir cruel pour les êtres humains et leurs corps, avec des cadences augmentées, la réduction des pauses, la modération salariale, la cruelle absence de solidarité entre les ouvriers. Le prix payé par les employés à la profitabilité de leurs entreprises est devenu souvent intenable dans la vie quotidienne des usines. Finalement, ouvriers, cadres, syndicalistes, même directeurs d'usines, élus locaux, parlementaires, peu importe, nous sommes tous devenus les otages enchaînés de ce système qui n'a plus le sens de l'être humain, de la modération et de l'équilibre.

 

1/ Mesure phare: créer un fonds souverain coopératif

Son rôle serait de prendre des participations dans les entreprises et de piloter la mutation vers l'organisation coopérative. Ce fonds serait lui-même géré de manière coopérative et non spéculative (comme un fonds de pension). Cependant, il ne s'agit pas d'investir à perte, mais au contraire de dégager un retour sur investissement raisonnable pour investir et convertir toujours plus d'entreprises.

 

2/ Développer le crédit en soutien au système coopératif

Aujourd'hui, un dispositif public comme Oséo ne s'applique pas à la reprise d'une entreprise par ses salariés, alors qu'il permet de garantir 50 % du même investissement réalisé par un fonds de pension étranger. D'autres dispositifs ne sont pas non plus accessibles aux entreprises coopératives. C'est aussi le cas des fonds structurels de l'UE. D'autres ont des exigences à trop court terme, ne laissant pas le temps au modèle coopératif de s'implanter. Il nous faut donc concevoir des systèmes de garantie et de financement pour l'économie coopérative.

 

3/ Réserver des marchés publics au secteur coopératif

Ces marchés sont en effet bien souvent trustés par les grands groupes. Le pluralisme et la concurrence n'existent alors plus. Dès lors l'intérêt général et l'utilité publique sont asphyxiés.

 

4/ Favoriser la reprise en sociétés coopératives de sociétés viables, mais mises en faillite ou délocalisées

Cette tâche serait aussi celle du fonds souverain coopératif. En avril 2010, l'entreprise ESSEX a fermé son usine de Mâcon. Je me suis rendu auprès des salariés. J'ai pu écouter et comprendre le cri de colère de ces hommes et ces femmes abandonnés par leurs manageurs, par des actionnaires et par une société qui n'est pas seulement française mais une multinationale qui se verse des dividendes. Leur savoir-faire n'était pas en cause.

Sur ce point, il y avait consensus. La richesse qu'ils créaient n'était pas négligeable, mais voilà, il en fallait plus, toujours plus, quitte à sacrifier des familles et des territoires. Pour ces salariés, il ne restait plus que le chômage et la précarité. Mais pourquoi ne pas leur offrir une seconde chance, si leur projet industriel était viable ? En se libérant du pillage des spéculateurs, certaines entreprises peuvent continuer d'exister et repartir sur des bases saines. Demain une seconde chance coopérative existera dans certains cas.

 

5/ Soutenir les coopératives d'activités et d'emploi

Les coopératives d'activités et d'emploi (CAE) permettent à des personnes sans emploi de tester leur propre projet d'entreprise sans être obligées de créer leur structure. Outre l'hébergement juridique, la coopérative assure l'administration et la facturation des entrepreneurs. Elle les forme à la gestion et permet, par le cadre collectif, d'assurer des échanges et une mutualisation à tous niveaux.

 

6/ Aider à la constitution de réseaux de coopératives

Aider à la constitution de réseaux de coopératives pour permettre la mutualisation de certaines tâches et structurer à l'échelle européenne les entreprises coopératives. C'est aussi un moyen d'échanger de bonnes pratiques et de se soutenir mutuellement.

 

7/ Aider à la création de services d’appui aux coopératives

Aider à la création de services d'appui aux coopératives (conseil, assistance juridique, formation des sociétaires ... ). Tout en veillant à ce que ces structures nouvelles soient elles aussi coopératives. Transformer des salariés en sociétaires ne s'improvise pas. Il faut apprendre son nouveau rôle pour être en mesure de faire des choix libres et éclairés. Dans les plus grandes entreprises coopératives, où l'information est foisonnante et complexe, des "réviseurs indépendants" interviennent pour assister les sociétaires et les aider à comprendre et choisir en connaissance de cause.

 

Pour en savoir plus : arnaudmontebourg2012.fr

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28 septembre 2011

Arnaud Montebourg : Les piliers de la Nouvelle France

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Le 20 novembre 2010, Arnaud Montebourg a présenté les grandes lignes de son projet à travers son discours de candidature de Frangy et par le biais d'un livre-programme Des idées et des rêves.

 

La candidature d’Arnaud Montebourg est celle de la transformation de la gauche. Elle prend en compte les changements profonds et parfois traumatisants qu’a connus notre société ces dernières années. Faire face à la crise économique sans précédent qui frappe aujourd’hui l’Europe, combattre le chômage, transformer notre économie en prenant en compte l’urgence environnementale,  rénover notre démocratie vieillissante en redonnant aux citoyens les droits qui sont les leurs, assainir nos finances publiques : voici les défis que le Président de la République élu par les Français en 2012 devra relever.
Face à ce monde qui change, les remèdes gestionnaires de la social-démocratie, qui ont pu fonctionner par le passé, sont dépassés. Repenser la gauche et proposer enfin un nouveau modèle, voilà l’ambition du projet d’Arnaud Montebourg, le candidat des idées neuves.
Pour redresser le pays, Arnaud Montebourg vous propose de construire avec lui la Nouvelle France dont les piliers seront :

 

1.    La démondialisation : Transformer  la mondialisation économique et financière et construire une Europe forte
•    Sécuriser la finance : reréguler avec force le système financier pour éviter les dérives qui ont conduit à la crise
•    Donner à l’Europe toute sa place dans l’économie mondiale en mettant en place des protections commerciales à ses frontières pour éviter le dumping social et environnemental, les délocalisations et la baisse des salaires

 

2.    La mutation écologique : Transformer nos modes de vie et convertir notre économie pour intégrer l'écologie au coeur de nos pratiques économiques et de notre vivre ensemble

 

3.    Le capitalisme coopératif : Transformer le monde du travail et redonner du pouvoir d’achat aux Français en répartissant mieux les profits de l’entreprise et en réduisant les écarts de rémunération entre salariés et dirigeants

 

4.    La 6e République : Transformer nos institutions en les rendant responsables, transparentes, et en  redonnant aux citoyens les pouvoirs qui sont les leurs



le clip de campagne dArnaud Montebourg par idees_reves

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10 septembre 2011

La 1ère Loi du Président Montebourg : sécurisation de l'économie

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Si je suis élu Président de la République, la première des lois que je demanderai au Parlement d'adopter en urgence sera une grande loi de sécurisation de l'économie qui réduira la dépendance à l'égard de la finance, réduira la dette et reprendra le contrôle du système financier.

 

En voici les principales mesures :

 

1- Prohibition, sous peine de confiscation des avoirs et de perte de licence des établissements bancaires, de toute forme de spéculation par les établissements financiers avec l'argent de leurs clients ;

 

2- Fermeture des filiales des établissements financiers situés dans les paradis fiscaux, avec rapatriement obligatoire des avoirs appartenant aux ressortissants français sur le sol national, avec non opposabilité du secret bancaire ;

 

3- Séparation obligatoire des activités entre banques de dépôts et banques d'investissement ;

 

4- Mise sous tutelle des établissements bancaires exerçant sur le sol national, sans indemnité du trésor public, avec entrée dans le conseil d'administration de représentants du gouvernement, des usagers du crédit entreprises et ménages, et les salariés de la banque ;

 

5- Abrogation des pouvoirs des autorités administratives indépendantes chargées de la surveillance des institutions et des marchés financiers et transmission de leurs pouvoirs au Ministre de l'Economie et des Finances ;

 

6- Création d'une taxe sur les transactions financières de 0,1 % au plan national en cas de non création d'une telle taxe au plan européen, afin d'assurer le remboursement de la part de la dette de la République française constituée dans la crise financière ;

 

7- Obligation d'investir tout ou partie de l'épargne collectée par le système bancaire dans l'économie nationale ou européenne ;

 

8- Salaire maximum fixé par la loi des traders, courtiers et dirigeants des institutions financières.

 

9- Démantèlement des agences de notation en interdisant aux investisseurs institutionnels d'y avoir recours en les contraignant d'évaluer les risques par eux mêmes, et en punissant les conflits d'intérêts dont les agences sont coutumières.

 

10- Création de nouvelles normes comptables européennes aux exigences renforcées définies par la loi.

 

11- Interdiction des rachats d'entreprises par voie de LBO et contrôle par le Gouvernement des OPA sur nos entreprises industrielles en provenance de fonds souverains non européens ;

 

12- Effacement d'une partie du surendettement des particuliers en réduisant d'autorité et drastiquement par la loi les taux d'intérêt usuraires appliqués aux utilisateurs du crédit à la consommation, victimes des abus du système bancaire.

 

Ces mesures de démondialisation financière ont l'attrait à la fois de l'intransigeance, et du réalisme, car il arrive que l'intransigeance devienne le seul moyen réaliste de ne pas aggraver nos malheurs.

 

Etre réaliste aujourd’hui, c’est remettre en cause les préjugés néolibéraux sur lesquels toute une génération de dirigeants a construit sa formation intellectuelle, puis sa pratique gouvernementale.

 

Etre réaliste aujourd'hui, c’est ouvrir les yeux sur les nouveaux phénomènes et les idées nouvelles qui émergent, c’est être attentif aux mouvements profonds qui affectent la science économique, c’est accepter de s’affranchir d’une pensée dominante, naguère «pensée unique », qui nous a conduit à tant d’erreurs.

 

Etre réaliste aujourd’hui, c’est ne plus écarter d’emblée la radicalité dans un monde où l’exceptionnel succède à l’exceptionnel.

 

Je lance un appel aux Français qui m'écoutent : je vous demande un mandat dans ces primaires des 9 et 16 octobre pour me permettre de concrétiser, réaliser, instaurer ces mesures de démondialisation financière. Elles seront utiles pour construire ensemble la nouvelle France, et le futur nouveau monde.


Sur le site Arnaud Montebourg 2012...

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La réforme fiscale de Hollande a du plomb dans l'aile


Le 24 Août, pour trouver des solutions à la sortie de la crise, François Hollande a réuni autour de lui quelques économistes dont Elie Cohen et Philippe Aghion, professeur de la très progressiste université d’Harvard. Est-ce le bon choix ? En s'entourant de tels conseillés, la réforme fiscale du candidat ne risque-t-elle pas de faire long feu ?

 

(Capture d'écran Dailymotion - Partisocialiste - cc )
Rappel des faits  

Dans la perspective de l’élection de 2012, trois économistes, Camille Landais, Emmanuel Saez et Thomas Piketty ont analysé le système fiscal français. Ils démontrent que « tous prélèvements confondus, les taux d’imposition sont plus élevés pour les ménages les plus modestes et s’abaissent pour les plus riches ». Forts de cette constatation, ils suggèrent qu'un nouvel impôt sur le revenu remplace la CSG, la prime pour l’emploi et évidemment l’actuel impôt sur le revenu. Une telle réforme aurait pour conséquence d’augmenter un peu - rien qu'un peu - l’impôt des plus hauts revenus. Une réforme qui n'a rien de révolutionnaire mais est juste éthique. 

En fin politique, au moment où les porte-paroles du libéralisme ont de plus en plus de mal à cacher les inégalités qui se creusent, François Hollande sent rapidement qu’il peut construire sa candidature sur cette idée. Elle porte, et le sympathique candidat se retrouve en tête des sondages pour les primaires. Alors, qu'est ce qu'il est allé faire avec ces deux économistes libéraux qui sont contre cette réforme fiscale ?  

Car Elie Cohen et Philippe Aghion sont contre. Dans Le Monde du 24 mars 2011, ils attaquent avec virulence les propositions des trois économistes. La charge est ultra violente et utilise toutes les litotes de la contre révolution libérale. « Un tel système peut décourager l’innovation et la croissance » affirment-ils du haut de leurs indiscutables compétences. Toute la grammaire libérale y passe. Ces « prélèvements (…) deviennent » quoi ? « rapidement confiscatoires ». Une telle fiscalité va décourager « l’entrée sur notre sol d’entrepreneurs innovants », elle « encourage la fuite des cerveaux »… Et d'un seul coup nous serions plus confiscatoires que la Suède. 

Les trois économistes ont évité de justesse la comparaison avec la Corée du Nord, et le qualificatif de  Stalinien. De justesse. 

Pour compenser la banalité de leurs propos et la violence de leur charge, nos deux auteurs affichent leurs titres les plus prestigieux. Elie Cohen joue le modeste, il n’utilise que son titre de directeur de recherche au CNRS,alors qu'il est aussi professeur à Sciences Po, membre du CAE... Philippe Aghion se présente comme professeur d’économie à Havard.

Evidemment progressistes, nos deux économistes ne peuvent pas en rester là. Ils veulent enterrer la réforme sans passer pour des soutiens aux plus riches. Alors, nos deux héros invitent à continuer à travailler. « Une autre révolution fiscale est possible ». Et comme à la grande époque de la conversion de la gauche au marché, ils invitent ceux qui souhaitent travailler sur le sujet à chercher une « voie pour une gauche qui chercherait vraiment à se moderniser ». Exit les archaïques. Fermez le ban.  

Avec de tels conseillers, après son élection, François Hollande va nous expliquer que : « c’est vrai, la situation est intolérable. Nous avons raison, mais il ne peut pas faire autrement. Il n’y a pas d’alternative »… Les paris sont ouverts.   

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27 août 2011

Primaires : soutien à la candidature d'Arnaud Montebourg

logo%2BArnaud%2BMontebourg.pngDans le cadre de la campagne pour les primaires socialistes, j’ai décidé de soutenir la candidature d'Arnaud Montebourg.

 

En effet, je pense que c’est le candidat qui apporte le plus de « sang neuf » dans le débat. Les deux principaux candidats, à savoir Martine Aubry et François Hollande, font quant à eux assaut de rigueur et de « normalité ». François Hollande s’est prononcé ces jours-ci pour un retour du déficit à 3% du PIB dès 2013, approuvé par Martine Aubry. C’est à peu près ce que propose la droite. Il est clair que ces deux là se positionnent dans la lignée des socialistes « bons élèves », bons gestionnaires d’un système qui prend l’eau de toutes parts…

 

Qu’on ne se méprenne pas sur mon propos, je ne crois pas à l’homme providentiel (pas plus qu’à la femme providentielle d’ailleurs). En revanche, je suis sensible aux arguments développés par Arnaud Montebourg, notamment dans ses deux ouvrages (Des idées et des rêves paru fin 2010, et Votez pour la démondialisation paru début 2011 qui reprend en le détaillant un chapitre du premier ouvrage).

 

Tout d’abord, il affiche sa volonté de transformer en profondeur le système. Pour cela, il réaffirme la prépondérance du politique sur l’économie et la finance. Il est favorable à un strict encadrement de la finance qu’il faut, selon lui, « domestiquer ».

 

Contrairement au projet socialiste qui demeure relativement productiviste, il a pris conscience que la croissance économique n’est pas la solution (il s’appuie notamment sur les travaux de Tim Jackson, auteur de « Prospérité sans croissance »). Il ne faut pas continuer à croitre, il faut transformer le système économique, notamment en changeant nos modes de consommation (en privilégiant la location) et de fabrication (la conception des produits devra intégrer le démantèlement et le recyclage, sous peine de pénalités pour les fabricants). Une attention particulière est portée aux plus pauvres, afin qu’ils ne soient pas pénalisés par le renchérissement des prix dû à la prise en compte du coût des atteintes à l’environnement (tarif différencié selon l’usage pour l’eau et l’électricité, taxe carbone progressive, investissement dans les transports en commun…).

 

Son projet repose également sur la remise en mouvement de la société en combattant les rentiers qui pèsent sur l’économie, que ce soient les grands groupes qui asphyxient leurs sous-traitants ou les héritiers qui s’enrichissent en dormant. Il propose de rendre plus progressif l’impôt sur les successions pour éviter la constitution de dynasties de rentiers, et donner sa chance au plus grand nombre. Concernant les rémunérations, il s’agit d’indexer les salaires sur la productivité des entreprises et de supprimer les stock-options qui déconnectent les salaires des dirigeants de la performance « réelle » de l’entreprise.

 

L’accent est mis sur la nécessité d’une base industrielle forte, fondée sur une politique industrielle volontariste. Malgré le développement des services, nous vivons dans un monde toujours plus industriel et de plus en plus dominé par la technique. La « France sans usine » est un leurre. Le renouveau productif s’appuiera sur un plan national de recherche technologique, financé par le redéploiement du crédit impôt recherche aujourd’hui inutilement distribué aux grands groupes qui n’investissent plus sur notre territoire.

 

La transformation du modèle économique passera également par la promotion du capitalisme coopératif, fondé sur un fonctionnement plus démocratique des entreprises. En effet, dans les coopératives, chaque salarié est co-propriétaire de l’entreprise et « un homme = une voix ». Pour cela, un nouveau système bancaire devra investir sur le long terme. Le système bancaire « traditionnel » sera mis sous tutelle, avec notamment la séparation des métiers de banque de dépôt et de banque d’affaires. Un certain nombre de pratiques financières (titrisation, vent à découvert…) seront sévèrement encadrées afin de limiter les risques et de faire reposer les responsabilités sur ceux qui ont effectivement pris le risque.

 

C’est peut-être sur la dette publique que sa position tranche le plus avec les autres candidats. En effet, là où les autres acceptent le fardeau de la dette et reconnaissent implicitement qu’il faudra une cure d’austérité, Arnaud Montebourg pointe l’illégitimité de la dette publique, dans la mesure où elle résulte non pas de l’incurie d’un Etat trop dépensier, mais d’une part de la baisse des recettes publiques dues aux baisses d’impôts et d’autre part de l’obligation faite aux Etats de s’endetter auprès des marchés financiers. Une bonne part de la dette est constituée d’intérêts cumulés, sans eux la dette actuelle serait de 325 milliards, au lieu de 1500 milliards…D’où deux idées phares pour sortir du piège de la dette : monétiser une partie de la dette en la faisant racheter par la BCE et laisser remonter légèrement l’inflation (3% par an permettent de faire baisser la dette de 26% en 10 ans). Des impôts temporaires et ciblés sur les plus riches permettront également de donner de l’air aux finances publiques.

 

Enfin, concernant la mondialisation, il s’oppose au laisser-faire et à la démission qui a caractérisé les classes dirigeantes depuis près de 30 ans. Ces classes dirigeantes européennes ont organisé leur propre impuissance en désarmant progressivement les régulations, qu’elles soient commerciales ou financières. Il en résulte une mise en concurrence inacceptable et délétère entre les systèmes fiscaux et sociaux, au bénéfice des actionnaires des grands groupes mondialisés. Il s’agit donc de remettre de l’ordre dans le système, en taxant les produits qui ne satisfont pas aux standards européen d’exigence en matière sociale et environnementale. Au sein même de l’Europe, il faudra affronter l’Allemagne pour qu’elle rééquilibre son modèle économique vers sa consommation intérieure… Contrairement à la caricature qui est faite du concept de « démondialisation » ainsi proposé, il ne s’agit nullement d’un repli national comme le propose le Front National, mais de réguler les échanges commerciaux notamment entre l’Europe et le reste du monde.

 

 

Pour plus de détails, vous pouvez consulter :

* le diaporama que j’ai construit à partir d’extraits des deux ouvrages cités plus haut (cliquez ici pour y accéder directement :AM_Candidature aux primaires.pdf , ou cliquez sur « Primaires : soutien à la candidature d’Arnaud Montebourg » dans la rubrique Album de ce blog, à droite de l’écran, puis sur Diaporama)

 

* le détail des 100 propositions : AM_100 propositions.doc

 

* le site Des idées et des rêves

 

PP

 

 

 

 

 

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13 août 2011

Manuel Valls : jusqu'où s'arrêtera-t-il ?

Rions un peu en cette période troublée! Le mensuel Alternatives Economiques relève dans son numéro d'août une pépite de Manuel Valls :

 

Manuel Valls place la barre très haut. Le député-maire d'Evry et candidat à la primaire socialiste a ainsi déclaré à Libération (8 juin) : "Il faut affirmer - ce sera ma patte dans cette campagne - qu'il faut aller plus loin et dire les choses différemment sur beaucoup de sujets. " Et réciproquement !

 

Quand les bornes sont dépassées, il n'y a plus de limites...Mais jusqu'où s'arrêtera-t-il, notre briseur de tabous ?

 

Comme disait ma grand-mère : moins on a de confiture, plus on l'étale !


PP


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05 juillet 2010

Les Primaires contre la Gauche

Je vous propose l'analyse de Jean-Luc Mélenchon sur les primaires. Excellente analyse, que je partage en tous points !


En tant que militant PS, j'ai voté NON lors de la consultation sur la "rénovation"... qui n'est qu'un prétexte pour organiser un pseudo-plébiscite pour les primaires.

 

 

Il est pitoyable que la rentrée de la gauche politique se soit faite sur un sujet aussi éloigné de toutes les réalités qu'affrontent le pays et notre peuple. Il est frappant de voir que celui qui passe pour en être l'ingénieux artisan est depuis peu en même temps membre du comité Juppé-Rocard chargé par Nicolas Sarkozy de faire des propositions concernant l'usage à faire du grand emprunt qu'il a décidé de lancer et dont les conséquences seront autrement concrètes que le mécano électoral dont toute la gauche a été sommée de débattre. Il est également frappant de voir que la pression pour cette trouvaille est orchestrée conjointement par des personnalités du Centre et des socialistes, des banquiers d'active et des syndicalistes à la retraite, tous auto proclamés comme précieux dépositaires de l'avenir de la gauche.  L'injonction éditoriale sur le sujet a été d'une telle violence qu'elle a emporté toutes les résistances pourtant argumentées que contenait le parti socialiste peu de temps auparavant encore. Je ne crois pas cependant qu'il faille voir ce mécano comme une simple combinaison technique pour « rénover » le système de désignation des candidats de gauche aux élections. Selon moi, on ne peut pas dissocier l'instauration des primaires à gauche du projet politique que visent ceux qui ont poussé cette idée. Il ne manque pas d'esprits avisés qui savent à quel point ce système des primaires induit tout un large ensemble de conséquences. Il n'en n'est pourtant pas débattu. La scène politique semble subjuguée davantage que convaincue. Mais à la vérité, je ne crois pas que cette idée puisse s'imposer autrement que par cette sorte de passage en force tant elle bouscule jusqu'au fondement l'édifice sur lequel est construit la gauche. Il aura peut-être raison de la gauche elle-même. Je veux rappeler que ce ne sera pas la première fois.

 

 

Les mauvais exemples américains et italiens

Je signale que les innombrables références au système américain s'accompagnent toutes d'un voile d'ignorance volontaire très troublant. Aux Etats Unis le système des primaires commence par la marginalisation des partis de gauche. Mais combien savent qu'il n'y a pas que deux candidats aux USA. Tous les autres sont effacés du tableau du fait même des primaires. A commencer par le candidat socialiste. Ces primaires fonctionnent de plus comme l'antichambre obligée où se bousculent tous les lobbies, carnet de chèques en main. Ils se remboursent ensuite sur la bête victorieuse, corrompant en profondeur l'esprit public nord américain et davantage encore celui de ses élites dirigeantes. Bonjour la modernité ! Un exemple plus proche peut-être également plus facilement analysé. C'est celui de l'Italie. Un concentré de désastre. Les primaires ont conduit à la fois à la liquidation de la gauche, dissoute dans un « parti démocrate » récusant l'étiquette de gauche, et à la plus lamentable défaite électorale de la gauche contre Berlusconi. Pour ne dire que cela. Pourquoi en irait-il autrement en France ? Déjà bien des analystes ont largement démontré que les primaires invalident l'existence même d'une structure de Parti. A quoi bon en effet un parti quand un club d'affidés et un bon budget de communication suffisent pour mener la partie décisive. Au contraire, un parti,  avec ses rythmes lents de décisions, ses structure collectives, ses obligations de  mémoire, ses liens aux syndicats et associations, est un handicap majeur pour mener la guerre de guérilla médiatique, la course aux effets émotifs et tout ce qui va avec l'ultra personnalisation de la politique qu'implique une primaire. Je n'en évoque pas davantage à ce propos parce que le cœur de mon raisonnement à cet instant vise seulement à montrer comment le moyen choisi pour régler les problèmes que ce système prétend affronter les aggrave au contraire.

 

 

Le règne de l'égocratie

Voyons cela. On entend dire par exemple que les primaires seront le moyen de surmonter les conflits de personnes qui minent les états major politiques. Ce sera le contraire. Il les envenimera. L'égocratie va en effet se déployer sans retenue. Chacun devra en effet se rendre « intéressant » pour capter de la sympathie et de l'appétit médiatique. Plus intéressant et appétissant que le voisin. Dès lors la défaite équivaudra à une disqualification personnelle plus offensante et meurtrissante que ne le sera jamais aucune défaite des idées ou du programme qu'un candidat peut porter. La pipolisation pourtant battra son plein quoique veuille les protagonistes. Elle sera une arme de combat. Qu'on se souvienne des conditions et des mots avec lesquels Ségolène Royal annonça en plein milieu de la soirée électorale des législatives de 2007 sa décision de divorcer d'avec François Hollande. Cette pente sera amplifiée par l'environnement idéologique que construit ce type de consultation. Cela d'abord parce que les contenus politiques iront au rabais. En effet dans cette sorte de compétition celui qui l'emporte est celui qui provoque le moins de rejet. Le devoir de chacun des candidats sera donc de rogner soigneusement toute aspérité du propos qui lui aliène un secteur de l'opinion. Dès lors l'idéologie dominante a de beaux jours devant elle. La pipolisation et la dépolitisation iront de concert comme c'est la règle en la matière.

 

 

La course au moins disant politique

Machine à égotiser, le système des primaires est de ce fait en même temps une machine à niveler. Mécaniquement le centre de gravité d'une telle compétition se déplace vers le moins disant, le plus central c'est-à-dire le plus centriste. La norme de sélection fonctionne à l'inverse de la compétition qu'elle est censée préparer. Car, le moment venu, dans la campagne électorale, face au candidat de  droite ce n'est plus le moins disant le mieux placé. C'est au contraire la candidature ouvrant le plus de propositions offensives qui concentre l'attention, créé le débat et fait le succès. On voudra bien se souvenir en effet que les victoires électorales de la gauche, celles de François Mitterrand en 1981, comme celle de Lionel Jospin en 1997 se sont faites avec des programmes clivant et non sur des propositions consensuelles. De plus, l'un contre la peine de mort, en plus du programme commun avec les communistes et l'autre avec les trente cinq heures ajoutèrent des angles aux angles. Ici se touche un point essentiel. Une élection ne se réduit pas au marketing qui l'anime. Ce sont les programmes d'une part et la volonté de les accomplir des personnes qui les portent qui, en définitive, mettent en mouvement le grand nombre d'un côté ou de l'autre. Je parle là de l'élection, la vraie. Car à l'occasion des primaires il en va tout autrement. Là, les votants sont abusés par la proximité idéologique des candidats. Tous sont censés être de gauche, je le rappelle. Leurs positions communes sont alors nombreuses. Les électeurs des primaires se disent alors que le vainqueur aura la sagesse de faire son miel de tout ce qui aura été dit et qui aura plu. Du coup les braves gens concluent qu'ils doivent choisir la personne qui a le plus de chance de l'emporter dans les urnes contre la droite. Comment peuvent-ils savoir duquel il s'agit ? C'est bien leur problème. Ils s'en réfèrent donc à ce que leur dit une autorité qui semble supérieure à tout à priori et à toute idéologie. C'est-à-dire l'opinion majoritaire des électeurs en général. C'est l'effet Panurge appliqué avec bonne volonté et assumé comme tel. Les participants aux primaires suivent donc le verdict des sondages. On se souvient du harcèlement sondagier qui accabla ainsi les socialistes dans la primaire que remporta Ségolène Royal. Elle était alors donnée gagnante contre Sarkozy avec 53 % des voix contre 47% au candidat de droite. Notons que le résultat final fut exactement l'inverse.

 

 

Une machine à diviser la gauche

Cet effet de nivellement n'empêchera pas pour autant un autre renversement de la dynamique électorale entre le processus des primaires et celui des élections elles-mêmes. Dans l'élection, quand plusieurs candidats sont présents à gauche, ils sont en compétition implicite. Mais leur discours est positionné contre la droite davantage que les uns contre les autres. Ceux qui se risquent à du démolissage dans leur camp, comme toute transgression de celui-ci en général, le paient souvent très cher. Ainsi Jean-Pierre Chevènement passa-t-il en 2002 de 14% des intentions de vote à 5% en quelques jours pour prix de son harcèlement contre celui qu'il appelait « chirospin » et pour s'être rapproché de l'extrême droite villièriste.

 

 

L'outil du glissement au centre

Après ce tour d'horizon général j'en viens à quelques remarques à propos de la dynamique d'une élection. Si cette primaire est proposée à toute la gauche c'est un tableau singulier qui est mis en place. Passons sur le fait qu'il aurait été de meilleure pratique de consulter les partenaires avant de les mettre au pied du mur. Voyons plutôt le présupposé de l'affaire. Il y en a un. De taille. C'est que le candidat issu des primaires doit ensuite gagner l'élection dès le premier tour. Car pour le second tour il ne dispose plus de réserve de voix puisque toute la gauche est censée avoir été mobilisé et s'être déjà regroupée sur son nom. Comment peut-on imaginer cela ? Ce n'est pas possible. Alors ? La réponse est évidente. Le deuxième tour ne peut alors être gagnant qu'avec une nouvelle alliance. Du coup le premier tour de l'élection présidentielle se transforme en réalité en une primaire avec les centristes. Celui des deux qui arrive en tête s'accorde avec le suivant « contre la droite ». Démontrez le contraire !
Ainsi de toutes les façons et par tous les bouts, tant sur la forme, le contenu et la dynamique électorale, le système des primaires est une machine à se donner des claques. Elle égotise, pipolise, nivèle et divise la gauche au profit d'un glissement centriste. Et celui-ci pour finir est incapable de répondre aux attentes actuelles d'une société mise en tension par la crise et en demande de changements sociaux et écologiques radicaux dans la vie diminuée que mène le commun  des mortels.

 

18:03 Publié dans Actualités, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ps, gauche, rénovation, primaires | | |  Facebook | | |