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22 juillet 2013

Medef : Pierre Gattaz ferait-il quand même un peu de politique ?

rue89.pngBillet à lire sur mon blog Rue89 "Chez Pierre Polard"...

Medef : Pierre Gattaz ferait-il quand même un peu de politique ?

 

PP

11:50 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : productivité, impôts, fiscalité, retraites, écologie | | |  Facebook | | |

19 novembre 2012

Mon intervention au Conseil national du Parti Socialiste

Voici la vidéo de mon intervention au Conseil national du PS du samedi 17 novembre à la Mutualité à Paris...


Un baptème du feu un peu stressant et qui permet de mesurer les difficultés de capter l'attention d'une assemblée sur des sujets austères !


Il y aussi cette obsession du chronomètre dans les interventions...Mon temps de parole était limité à 5 minutes...Difficile de développer une pensée construite sur des sujets importants en si peu de temps. A ce propos, je me souviens de la tête qu'a fait Paul Quilès (ancien Ministre de la Défense) au Congrès de Toulouse au moment où on lui a dit qu'il avait moins de 10 minutes pour parler de la problématique de la défense européenne et de la dissuasion nucléaire !


En fait, les temps de paroles sont distribués au prorata du poids des différentes Motion (les "tendances" du PS). Ce qui revient à dire que la "ligne officielle" a plus de temps pour s'exprimer...alors que ses idées sont déjà majoritaires et largement diffusées. Pour un réel débat, il conviendrait de rééquilibrer les temps de paroles au profit des "minorités", afin qu'elles puissent argumenter correctement et faire valoir leurs apports à la pensée commune. Après tout, la logique de la gauche, c'est que le "fort" doit être encadré, contrôlé pour ne pas écraser le "faible" !



Discours de Pierre Polard au conseil national du... par PartiSocialiste


Voici le texte intégral, sans les coupures sauvages que j'ai dû faire à la tribune...


Chers camarades,

 

Au lendemain de la remise du rapport de Louis Gallois, le premier ministre Jean-Marc Ayrault, a annoncé le 6 novembre un « pacte de compétitivité », une série de mesures pour améliorer la compétitivité de la France. Mesures qui seront intégrées dans « plusieurs projets de loi » présentés au début de l’année 2013. La plus emblématique et la plus commentée est bien sûr le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) d’un montant de 20 milliards d’€, financé à la fois par une hausse de la TVA et une diminution de la dépense publique.

 

Il ne s’agit pas ici de faire un mauvais procès. Non, la hausse de la TVA telle qu’elle est proposée n’est pas une réintroduction de la TVA dite sociale récemment abrogée ! A la place d’une hausse brutale et aveugle des taux que proposait la droite, le gouvernement propose une hausse du taux normal, associée à une baisse du taux réduit, qui profitera principalement aux plus pauvres. A condition, bien sûr, que cette baisse soit répercutée sur les prix. A cet égard, l’expérience de la baisse de la TVA dans l’hôtellerie-restauration doit nous inciter à la prudence, voire à la vigilance.

 

Pour autant, nous pouvons nous interroger sur le bien fondé de la création d’une nouvelle aide aux entreprises, sans réelle contrepartie en termes d’emplois ou d’investissement et insuffisamment ciblée. En effet, en l’état actuel des choses, elle profitera indifféremment aux petites entreprises comme aux grandes, à celles qui sont soumises à la concurrence internationales comme à celles qui en sont largement préservées.

 

Trois rapports publics ont déjà souligné le manque d’évaluation de l’efficacité des aides publiques dont bénéficient déjà les entreprises :

Le rapport du Conseil d’orientation pour l’emploi de février 2006

Le rapport du CESE sur la compétitivité de l’économie française d’octobre 2011

Le rapport de la Cour des comptes sur le financement de l’économie de juillet 2012

 

Ce pacte de compétitivité aurait pu être l’occasion de mettre en œuvre les propositions 3 et 24 du candidat François Hollande, à savoir la mise en place de trois taux d’imposition sur les sociétés (35% pour les grandes, 30% pour les petites et moyennes, 15% pour les très petites), la distinction entre bénéfices réinvestis et ceux distribués aux actionnaires et l’augmentation des cotisations chômage sur les entreprises qui abusent des emplois précaires.

 

Ne nous y trompons pas, ce qui apparaît en filigrane derrière ce pacte de compétitivité, c’est la question de la concurrence que se livrent entre eux les pays européens. Car, rappelons-le, la balance commerciale de la zone Euro est positive. Pourquoi baisser le coût du travail en France ? Parce qu’il a beaucoup baissé en Allemagne ! Ce qui a permis à ce pays de gagner des parts de marché par rapport à ses voisins européens, au prix de ce que certains appellent une « glaciation salariale » depuis plus de dix ans et au prix d’une explosion de la pauvreté et de la précarité.

 

Devons-nous faire un pas de plus, même s’il reste de faible ampleur et n’impactera pas la consommation en 2013, vers cette spirale qui ne peut que prolonger et aggraver la crise européenne en alimentant la dépression qui entraîne l’Europe vers le fond ?

 

Dans son adresse aux français, le 13 novembre, François Hollande a déclaré que «nous vivons plus qu’une crise, nous vivons un changement de monde ». Il a entièrement raison !

 

Et les socialistes français se doivent de faire partie des architectes de ce nouveau monde qui vient. Ce monde nouveau doit notamment reposer sur la construction d’une Europe réellement sociale et démocratique, une plus grande justice sociale et une transformation écologique de notre modèle économique.

 

Nous, militants de la motion 4, proposons d’organiser au plus vite un séminaire de travail de trois jours à Strasbourg  qui réunira toutes celles et ceux qui veulent construire une Europe démocratique et sociale. Invitons tous les socialistes d’Europe mais aussi les syndicats et des ONG à se retrouver pour travailler ensemble sur l’Europe démocratique, l’Europe sociale, l’impôt européen sur les dividendes, une Europe qui s’attaque enfin aux paradis fiscaux et au dérèglement climatique. L’Europe est à la croisée des chemins. Nous devons rassembler nos forces pour faire naitre une Europe nouvelle, capable d’humaniser la mondialisation.

 

Concernant la justice sociale, comme le rappelle le député socialiste de Meurthe-et-Moselle Christian Eckert (rapporteur général de la Commission des Finances, de l'Économie générale et du Contrôle budgétaire), la France n’a jamais été aussi riche, mais cette richesse n’a jamais été aussi mal partagée entre salariés et actionnaires comme entre salariés eux-mêmes. En proportion de leur valeur ajoutée brute, la part que les sociétés non financières versent à leurs actionnaires est passée de 5,6% en 1999 à 9% en 2011. Les derniers chiffres de l’Insee dévoilent la très forte progression des inégalités. En 2002, le cinquième le plus pauvre de la population percevait 9,3% du niveau de vie total. Il en perçoit désormais 8,7% soit 6 milliards de moins. Dans le même temps, la part du  cinquième le plus riche est passée de 37,7% à 39%, soit 12 milliards de plus. Cette montée des inégalités ne peut qu’engendrer des frustrations délétères chez une part grandissante de nos concitoyens, frustrations génératrices de tensions sociales, terreau sur lequel se développe le Front National.

 

Le rétablissement de la justice sociale passe par au moins deux points : la lutte contre le chômage de masse qui déséquilibre les négociations salariales et une réforme fiscale vers plus de progressivité.

 

Pour lutter contre le chômage, pouvons-nous encore tout miser sur la croissance ?  L’OCDE annonce une croissance atone pour la plupart des pays européens dans les années à venir. Avant même la crise des subprimes, la croissance moyenne de la France n’a cessé de diminuer, décennie après décennie, comme celle de tous les pays de l’OCDE d’ailleurs.

 

Pour lutter contre le chômage, pouvons-nous compter sur la recherche et l’innovation, un des axes important du rapport Gallois ? Pour nous la racine du chômage de masse, c’est avant tout une mauvaise gestion des progrès techniques qui ont conduit à toujours produire plus avec moins de travail humain. Un actif d’aujourd’hui produit 5 fois plus de richesses par heure qu’un actif de 1960 ! Entre 1970 et 2008, le PIB de la France, a plus que doublé alors que le nombre total d’heures nécessaires à la production a baissé de 7%, alors que le nombre d’actifs voulant travailler augmentait de 33%. Il faut en finir avec les faux débats : si l’on intègre les gains de productivité colossaux réalisés dans toutes nos économies depuis quarante ans, le débat n’est plus « pour ou contre la RTT ? » mais plutôt « quelle RTT ?». RTT organisée par le marché (précarité, stress et concurrence permanente) ou RTT organisée par le débat, le référendum et la négociation ?

 

C’est pourquoi nous proposons d’organiser les Etats généraux de l’emploi avec tous les partis de gauche, les syndicats, les associations, les ONG et les personnels de Pôle Emploi pour faire des propositions innovantes  . Pour donner envie aux partenaires sociaux d’aller plus loin et plus vite dans la lutte contre le chômage et la précarité, organisons ces états généraux au niveau national et dans chaque région pour "tout mettre sur la table" et montrer que l’innovation est possible pour sortir du chômage de masse.

 

Concernant la réforme fiscale, nous pensons qu’il est temps de mettre en œuvre une « révolution fiscale », à savoir une grande réforme permettant la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG dans le cadre d’un prélèvement simplifié et progressif sur l’ensemble des revenus.

 

Enfin, sur la transformation écologique, ne serait-il pas préférable d’utiliser les 20 milliards d’€ du CICE pour lancer un programme ambitieux de rénovation thermique des bâtiments, d’énergies renouvelables décentralisées économisant à terme des milliards d’importations de pétrole et de gaz, de transports collectifs propres, de services de bien-être pour les personnes âgées, la petite enfance et les personnes handicapées, des programme d’appui à l’économie sociale et solidaire et aux circuits courts… Et bien d’autres choses pour réduire la dépendance aux importations et l’impératif d’exportation à tout prix, pour favoriser des dynamiques de territoires, pour protéger la société et l’environnement sans privilégier le protectionnisme. De favoriser la construction de logements neufs de type Kyoto qui produisent leur propre énergie.

 

C’est le sens du volet écologique de la Motion 4, que nous n’allons bien sûr pas détailler ici, mais qui contient des propositions concrètes et financées.

 

Le changement de monde, c’est maintenant !

 

Il faut oser plus loin, plus vite pour aller vers un monde régi par la coopération plutôt que la compétition, un monde de progrès social et écologique !


PP

 

 

11:11 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : compétitivité, chômage, rtt, fiscalité, écologie | | |  Facebook | | |

17 décembre 2009

Asseyez-vous Mme Merkel, il reste un tabouret !

Décidément Nicolas Sarkozy est vraiment très fort...pour se mettre en avant. Lors de son entretien d'hier avec Michel Denisot sur Canal+, il nous a clairement fait comprendre qui était le vrai maître du monde !

Il a tout d'abord insisté sur le rôle fondamental de l'Europe pour aboutir à un accord lors du sommet de Copenhague.

Puis il a continué par une tirade du genre : « Bon, l'Europe...enfin le Royaume-Uni et la France.»

Dans un sursaut de hardiesse, Michel Denisot a alors glissé : « Et l'Allemagne ? »

Réponse du phare de l'Europe : « Oui, oui, l'Allemagne aussi...»

Puis, dans un souffle : « C'est vrai que l'Allemagne est bien montée dans le train ! »

Bonne nouvelle, Mme Merkel, Nicolas Sarkozy vous a tout de même réservé un tabouret à la table des grands de ce monde !

 

Nicolas Sarkozy a-t-il caressé le Royaume-Uni dans le sens du poil pour se faire pardonner ses diatribes contre les dérives du modèle anglo-saxon ? Quoiqu'il en soit, il s'est montré méprisant envers l'Allemagne, reléguée au rang de simple suiveur des grandes initiatives du couple France / Royaume-Uni. Est-ce vraiment une manière de traiter avec des partenaires ? Il faudrait que Nicolas Sarkozy se rende compte qu'il ne parle pas avec ses vassaux et courtisans de l'UMP, mais que ses propos sont entendus par la planète entière et qu'en ces occasions, il représente la France. Il devrait donc éviter de distribuer des bons et des mauvais points et surtout cesser de parler comme au « café du commerce ».

 

D'autant plus que l'Allemagne est loin d'être ridicule en matière d'engagements écologiques : ses éco-quartiers font référence dans le monde (cf. le quartier Vauban à Fribourg), elle a une (voire deux) longueur d'avance sur la France en matière de photovoltaïque et d'éolien. Ainsi, en matière de photovoltaïque, l'objectif de la France est d'atteindre en 2020 le niveau actuel de puissance installée en Allemagne. Concernant les engagements de Kyoto, entre 1990 et 2006, l'Allemagne a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 18% contre 3,5% pour la France...

 

Un autre sujet m'a fait un peu bondir.

En parlant du résultat du référendum suisse sur la construction des minarets, Nicolas Sarkozy a fustigé ceux qui voudraient ignorer les avis du peuple, lorsqu'ils ne sont pas conformes à la pensée de « l'élite ».

Il a repris l'exemple du vote français au référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005. Il a osé dire : « Il y avait ceux qui disaient : le peuple a mal voté, il faut changer de peuple ! ».

Et, il y a eu ceux qui ont proposé un pseudo traité simplifié et qui l'ont fait ratifier par le Parlement. Mais bien sûr, il ne s'agissait pas là de contourner l'avis du peuple !

 

PP

 

Je ne suis pas le seul à avoir tiqué à l'écoute de cet entretien:

http://www.rue89.com/planete89/2009/12/17/sarkozy-fache-a...

15:00 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, europe, écologie, environnement | | |  Facebook | | |

17 juillet 2009

HOME, remake mondial de « Vive la crise » ?

 

Le film HOME, réalisé par Yann Arthus Bertrand avec le soutien ostensible du groupe Pinault-Printemps-Redoute (PPR), n’est-il pas une pierre supplémentaire apportée à la création d’un « au-delà de la politique » ?

 

En effet, il nous propose une sorte d’union sacrée pour sauver la planète, fondée sur le partage et l’amour de son prochain.

 « Du plus riche au plus pauvre, nous pouvons tous agir ! » nous dit Yann Arthus Bertrand à la fin du film…Plus question de clivage gauche-droite, de partage de la richesse, d’inégalités, une tâche autrement plus exaltante nous attend : « Sauver la planète » ! Alors on ne va pas s’embarrasser avec des détails…et surtout pas se demander pourquoi le riche est toujours plus riche et le pauvre toujours plus pauvre.

 

Pendant l’heure et demie que dure le film, il est frappant de constater qu’il n’est question que de conséquences (déforestation, fonte des glaces, épuisement des ressources, bidonvilles,…) et pas de causes. Il aurait pourtant été intéressant d’étudier les responsabilités des entreprises multinationales et de leur course à la rentabilité, qui les poussent à s’accaparer les ressources naturelles voire à breveter le vivant (cf. Monsanto, Pioneer,…), à délocaliser contribuant notamment à l’explosion des transports (50% des échanges mondiaux se font entre firmes).

Par exemple, quand Conforama fait venir de Chine 47000 canapés pour les vendre en France, on ne peut pas dire que cette société œuvre pour un développement durable. Et quand de surcroît, ces canapés sont contaminés au diméthylfumarate, entraînant brûlures, eczéma, douleurs musculaires, perte de cheveux, problèmes respiratoires ou encore démangeaisons, peut-on dire que cette société du groupe PPR respecte « une démarche éthique, une démarche environnementale » ? C’est pourtant ce que prétend François-Henri Pinault dans une petite vidéo intitulée  « HOME - Le soutien de PPR ».

 

On se demande si c'est bien le même groupe qui a licencié 1900 personnes en France alors qu'il faisait 418 millions d'€ de bénéfices...mais c'est une autre histoire.

 

Dans cette même vidéo « HOME - Le soutien de PPR », François-Henri Pinault va même plus loin, puisqu'il affirme : « Si les entreprises comme la nôtre ne s'occupent pas de ça [la préservation de l'environnement], je ne vois pas comment on va s'en sortir. »

Il ne lui viendrait bien sûr pas à l'idée d'imaginer autre chose : par exemple des gouvernements démocratiquement élus, sur la base de projets de sociétés imbriquant justice sociale et protection de l'environnement.

 

Pour les « entrepreneurs », l'heure est grave : il faut vite repeindre en vert la vieille maison fissurée du capitalisme libéral.

Ernest-Antoine Sellières, interrogé le 18 juin 2009 sur France Inter à propos de sa vision du monde futur, répond sans détour : « Le système restera ce qu'il est, avec de puissantes forces de changement qui sont essentiellement la montée de l'obsession écologique et qui va entraîner une révolution industrielle, des modifications profondes dans le comportement.. »

Cela a le mérite d'être clair : le système restera ce qu'il est (instable et inégalitaire) mais avec en plus « l'obsession écologique ».

Selon moi, cela résume l'état d'esprit actuel des « élites » du capitalisme : pour continuer comme avant à dégager des profits, il faut trouver un nouvel « idéal »

.

Nous assistons à l'émergence d'une nouvelle pensée unique. Auparavant c'était la croissance, l'entrepreneuriat, le « tous actionnaires », aujourd'hui c'est l'environnement.

 

A cet égard, HOME est une sorte de remake mondial de « Vive la crise », diffusée en France en février 1984. Présentée par Yves Montand, star « pipolitique » du moment, cette émission télévisée avait pour objectif de chanter les louanges du libéralisme, nouveau venu dans le paysage idéologique français. Fin des idéologies, futilité de l'Etat-providence, culte de l'entreprise : les Français étaient appelés à sacrifier Etat social et conquêtes syndicales sur l'autel de la rigueur. C'était la grande époque de « Reagan - Thatcher ».

« Comme ces vieilles forteresses reléguées dans un rôle secondaire par l'évolution de l'art militaire, la masse grisâtre de l'Etat français ressemble de plus en plus à un château fort inutile. La vie est ailleurs, elle sourd de la crise, par l'entreprise, par l'initiative, par la communication » écrivait Laurent Joffrin dans le supplément « Vive la Crise » du Journal Libération.

Dans la scène finale, l'index pointé vers le téléspectateur, Yves Montand fulmine : « Prenez-vous par la main, sachez ce que vous voulez, demandez-le, voyons ce qu'on peut faire, et avancez ! Alors, ou on aura la crise, ou on sortira de la crise. Et, dans les deux cas, on aura ce qu'on mérite ! »

 

Dans les deux cas (HOME et Vive la crise), il s'agit de disqualifier toute lecture politique, toute divergence d'intérêt entre groupes sociaux, pour s'en remettre aux solutions purement individuelles :

« Prenez-vous par la main » dit Yves Montand

« Du plus riche au plus pauvre, nous pouvons tous agir ! » dit Yann Arthus Bertrand

 

Dans cette optique, « riches » et « pauvres » sont mis sur un pied d'égalité et doivent tous contribuer de la même façon à la grande tâche qui les attend.

 

HOME ajoute une dimension consumériste à cet individualisme. En effet, à la fin du film, il nous est demandé d'agir en consommateurs « responsables » en réfléchissant à ce que nous achetons, via notamment le commerce équitable. Cette logique peut sembler séduisante au premier abord, mais le risque est grand de voir se développer des stratégies de « passager clandestin » où chacun compte sur les autres pour changer.

 

Lorsque l'intérêt général est en jeu, il est illusoire de croire que la solution peut émerger de la juxtaposition de comportements individuels vertueux. Seule la puissance publique a la possibilité d'agir de façon cohérente en la matière.

 

Pour susciter ces comportements vertueux, la voie fiscale est également envisagée. On le voit, dès aujourd'hui, l'environnement est le prétexte à des choix fiscaux hasardeux comme par exemple la Contribution Climat Energie. A quoi bon, par exemple, taxer quelqu'un qui n'a pas d'autre choix que d'utiliser sa voiture, faute de transports en commun ? Dans ce cas, n'est-il pas préférable de mettre en place des grands projets de développement des transports en commun, financés par un impôt progressif sur le revenu ?

 

Tout un pan des problèmes climatiques et énergétiques actuels dépend de notre capacité, dans les 20 ans à venir, à faire évoluer une part significative du bâti vers le label « zéro énergie », à remodeler nos villes, développer les transports alternatifs à la voiture, construire des éco-quartiers qui optimisent les déplacements et en réduisent fortement l'ampleur, à offrir enfin un toit aux mal-logés, donc construire un million de logements en sus des six millions que requerra l'augmentation du nombre des ménages durant cette période. Cela nécessitera une vision globale, des investissements importants...On peut parler d'une forme de planification écologique, qu'il serait illusoire de prétendre confier au marché ou à la seule bonne volonté de citoyens prétendument responsables...

 

La préservation de l'environnement doit être partie intégrante d'un projet de société cohérent et équilibré, au même titre que la justice sociale. Ce sont deux dimensions complémentaires de l'intérêt général, l'une ne doit pas prendre le pas sur l'autre. Elles doivent être prise en charge par la puissance publique. 

PP

06:40 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : écologie, inégalités | | |  Facebook | | |